‹ Questions d'enseignement supérieur ecclésiastiqueChapitre 33 sur 41 · Des études religieuses en France y p · texte numérisé non relu

Des études religieuses en France y p

dont la théologie a besoin. Que Ton veuille bien lire les lignes qui vont suivre, sans oublier qu'elles ont plus de quarante années de date I

ce Entre tous les établissements destinés en France à l'éducation des clercs, à l'enseignement théologique, les Séminaires occupent aujourd'hui la première place. On ne peut mettre le pied sur le seuil d'un séminaire sans reconnaître aussitôt une maison de recueillement et d'étude. Après cinq ou six années dans cet asile, le jeune prêtre possède la science de son état, la science nécessaire au ministère des âmes, les habitudes de la piété, les règles de la morale pratique, les principes de l'apologie. C'est là, avant tout, la destination des Séminaires; elle est admirablement remplie. Mais la forte impulsion qui devrait être donnée aux études religieuses, et qui pourrait seule aboutir à la science éminente, ne peut venir d'une telle institution, si parfaite qu'elle soit à tout autre égard.

a Pour cela, en effet, il faudrait une suite

non interrompue de travaux nombreux et bien ordonnés..., et le temps est court; il faudrait des vocations spéciales, des jeunes gens voués à l'étude..., et Ton doit former principalement des hommes d'action ; il faudrait des professeurs d'un rare mérite, d'un savoir profond, d'une habileté consommée..., et, comme il y a autant de séminaires que de diocèses, on ne peut raisonnablement supposer que toutes les chaires seront occupées par des savants de premier ordre. Enfin, pour obtenir une éducation qui fût au moins une suffisante initiation à des travaux ultérieurs, il faudrait embrasser dans leurs éléments essentiels toutes les parties de la science ecclésiastique qui s'éclairent l'une l'autre, se soutiennent, se perfectionnent :

quelques-unes ne peuvent pas même être effleurées.

« Le P. Lacordaire écrivait, il y a plus de vingt ans : « Quelles ressources possède « l'Église de France pour former les doccc teurs dont elle a besoin? Si rare talent « qu'un jeune homme ait reçu de Dieu, y

« a-t-îl en France un évêque qui puisse lui « donner du temps, le temps qui est le père <( nourricier de tout progrès?... S'il s'aban- « donne à son attrait peu sûr d'ailleurs, (( s'il sort de la voie commune, à l'instant « commence pour lui une carrière hérissée <( de difficultés. Le besoin l'oblige à se pro- « duire beaucoup trop jeune; il n'a point (( de maîtres pour le former et l'encourager. « Un revers l'abat, un succès lui fait des « envieux. La mélancolie et la présomption « se le renvoient l'une à l'autre comme un ce enfant qui n'a point de famille * . »

« Et pourtant il faut des docteurs à l'Eglise de France! On a dit avec raison : si l'Allemagne pouvait, si la France savait! Mais pour savoir, notre Eglise doit recouvrer ses anciennes écoles, ses anciennes universités canoniques. L'Allemagne, l'Italie, l'Espagne ont conservé de beaux souvenirs de leur splendeur passée; l'Irlande, la Belgique, le Canada ont pu fonder dans notre

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