‹ Questions d'histoire et d' archéologie chrétienneChapitre 73 sur 94 · LA VENUE DE S. PIERRE A ROME · texte numérisé non relu

LA VENUE DE S. PIERRE A ROME

'osition du problème. — S. Pierre a-t-il gouverné vingt-cinq ans l'Église de Rome? — Tradition ancienne sur la venue de S. Pierre à Rome. — Caius interprété par Renan. — TertuUien. — S. Irénée : importance de son témoignage. — Denys de Corinthe; importance de son témoignage. — S. Ignace d'Anlioche; authenticité de sa lettre aux Romains. — S. Clément. — S. Pierre rendant témoignage de lui-même. — Fait indiscutable et de moins en moins discuté.

Un certain nombre d'érudits allemands ont essayé de contester la venue de saint Pierre à Rome. C'étaient des protestants ou des vieux-catholiques ^ qui voulaient, en niant ce fait historique, détruire les conséquences dogmatiques qui en découlent : l'apostolicité de l'Eglise romaine et sa primauté dans l'Église universelle. La faiblesse de leurs arguments a frappé même des adversaires déclarés du catholicisme. Dès 1873, Renan examinait cette question dans un appendice à son volume V Antéchrist : il déclarait a très admissible que saint Pierre fût venu à Rome » ; il regardait « comme probable la tradition

\. LiPsiL's (protestant). Die apokryphen Aposlelgeschichten und Apostellegenden (Brunswick, 1883-1887); Die Quellen der roemischen Pelrussage (Kiel, 1872); Chronologie der roemischen Bischoefe bis zur Mitte des vierten Jahrhunderts (Kiel, 1869). — Friedrich (vieux catholique), Zur aelteslen Geschichte des Primates in der Kirche.

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du séjour de Pierre à Rome ». L'illustre savant protestant Harnack écrivait de son côté, en 1876, que ce fait est tellement évident, qu'il ne devrait pas même se discutera Malgré ces déclarations dont nul ne saurait contester l'importance, des esprits prévenus continuent à nier le séjour de saint Pierre à Rome. Aussi est-il bon d'examiner de près cette question, ne serait-ce que pour expérimenter une fois de plus sur ce point la solidité scientifique de nos traditions chrétiennes.

« Les catholiques, dit Renan, se sont exposés aux objections les plus péremptoires de la part de leurs adversaires avec leur malheureux système de la venue de Pierre à Rome, en l'an 42 qui porte la

durée du pontificat de Pierre à vingt-trois ou vingtquatre ans; rien de plus inadmissible^. » Cette affirmation tout à fait exagérée renferme une remarque dont les apologistes du christianisme ont à tenir compte : ils doivent soigneusement distinguer entre les probabilités, quelque grandes qu'elles soient, et les certitudes scientifiques, et se bien garder de nuire à ces dernières en donnant aux premières une importance exagérée. Nous éviterons ce défaut en distinguant deux questions dans le problème qui nous occupe et en cherchant tour à tour :

1° si saint Pierre a gouverné vingt-cinq ans l'Eglise de Rome ;

2° s'il l'a fondée et sanctifiée de son martyre.

i. Harnack. Patres apostoUci, fasc. I, p. iS. « Lis adhuc subjudice non esset, nisi crilici labulis illis Pseudo-Clenienlis vel judaizantium clirislianorum plus quam par est auctoritatis tribuerent. »

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