Zeumer. Formulai imjjer'iales
DES IMMINITES COMMERCIALES 3
litique. C'est au huitième siècle que leur puissance économique commence à s'étnbl r.
Remarquons encore que la plupart de ces chartes sont concédées à des monastères. Sur une trentaine de diplômes, six seulement concernent des évcchés: Trêves, Angers, Orléans, Nevcrs, Paris, Vienne^. Ce n'est pas que les rois aient prétendu faire un partage inégal de leurs bienfaits. Ce n'est pas non plus que les abbayes aient été mieux dotées, plus riches que les églises épiscopales. Mais par leur situation sur les fleuves ou les grandes voies, le nombre de leurs moines, leurs règles mêmes, elles formaient des colonies de travail aussi bien que de prières. Elles groupaient des habitants. Elles devenaient des centres importants de production, de consommation et d'échange. On comprend ainsi la part qu'elles prennent au mouvement commercial de leur temps. Un grand nombre de transactions, au neuvième siècle, se font par elles et à leur profit.
Analysons maintenant ces chartes d'immunité. Leur forme et leurs concessions sont très diverses. En voici une que nous empruntons aux formules de la chancellerie de Louis le Pieux^.
<-' A tous les évêques, abbés, etc. nous faisons connaître que le vénérable homme Adam, abbé du
1. H. F., t. VI, p. 497, 479, 524. Zeumer. Formulas impériales, 19, 22. Beyer. Urkundenbuch , p. 31. Nous ne parlons pas ici des diplômes concédés par Charles le Chauve aux églises de la Septinianie ou de la Marca hispanica qui sont moins des chartes d'immunité que des donations de toulieus et de péages.