Arch. hist. de la Gironde, t. V, p
Nous ne trouvons pas. au dixième siècle, des baillis ou bailcs à la tête des domaines i. Il est bien question dans quelques documents des hajuli des monastères. Aimoin nous parle notamment d'un bajulus attaché à la personne d'Abbon; mais ces baJHli sont de simples serviteurs; ils remplissent au couvent même des fonctions domestiques, ils n'administrent pas un territoire. Les lillac des églises sont régies encore par des prévôts, pracpositi, intendants, vicarii, juJices, doyens, decani, ou maires, majores-; nulle part, à cette époque, on ne trouve d'officiers seigneuriaux appelés balles, à la tète d'une terre ecclésiastique; nulle part, la bailia n'apparaît dans les textes comme une circonscription domaniale. Cette institution n'est point signalée avant le onzième siècle '■^, dans les seigneuries laïques ou les abbayes du Midi, et dans notre Cartulaire, avant 1179. En revanche, la charte ne dit aucun mot d'un personnage qui nous est très connu dans les monastères du dixième siècle, l'avoué, advocatus. Or, nous savons que le premier soin d'Abbon en réformant le monastère, avait été de lui assurer
1. Nous ne pensons même pas qu'à cette époque les domaines du monastère aient été assez étendus pour être ainsi répartis en districts.
2. C'est l'organisation qui nous est révélée à Saint-Jeand'Angely par le diplôme de 1050. Gallia Christiana, t. II, Instrum., p. 467. — Les domaines de la Sauve étaient également administrés par des praepositi (Grand Ca.rt. passim).
3. Le balle dont il est question dans un acte de 954. {Hist. de Lang., t. II, Preuves, p. 422j parait être simplement un envoyé du seigneur.
ce défenseur 1. Comment la charte de Gombaud, conti'airement à d'autres textes, ne dit-elle aucun mot d'une fonction qui avait alors tant de prérogatives et dont on pouvait craindre si justement les empiétements?
La charte de Gombaud nous donne également la notice des fiefs et des hommages dus au prieur. Elle signale, parmi les vassaux de l'abbaye, les seigneurs de Landerron, de Gironde, de Loubens, de Taurignac ". Il est facile de contrôler ces assertions par quelques documents tirés du Cartulaire lui-même.
Parmi les seigneuries mentionnées dans les « Coutumes, » une au moins n'existe pas au dixième siècle, celle de Gironde. Celle-ci n'apparaît pas avec certitude dans les documents avant le douzième siècle. Le nom même de Gironde semble avoir une origine peu ancienne. Dans les actes antérieurs au onzième siècle, l'église et la villa portent encore le nom de Sainte-Marie-de-Villeneuve ^. L'appellation de Gironde se lit pour la première fois dans une charte de l'époque de Philippe 1er 4 Cependant l'ancien vocable continue à être employé. Nous le retrouvons en 1115 dans une donation faite à La Réole par Bertrand, évoque de Bazas, et en 1170, dans l'accord sur-
1. Vita Abbonis. Migne, t. CXXXIX, p. 407, Amalguino viceco7niti, quem ipse eis adv'ocatum dederat.