‹ Questions de droit maritime internationalChapitre 1 sur 30 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Après avoir développe avec le plus grand soin et la plus sérieuse attention les grands principes qui doivent rrgir les relations des peuples belligérants sur l'Oeéan, avec ceux qui , usant de leur liberté naturelle, ont voulu rester spectateurs tranquilles et désintéressés de la lutte, il nous restait un devoir à remplir : c'était de surveiller avec la plus grande attention toutes les questions qui pourraient être soulevées entre toutes les nations maritimes, et surtout les solutions qu'elles recevraient de la part des dilTi'rents gouvernements. Dans le cas oiî une guerre marilimc serait venue troubler le calme de l'Océan, ce devoir <\i'.venait plus impérieux encore : surtout au moment où la déclaration solennelle du 16 avril 1856 semblait avoir l'ait faire au droit international maritime, un progrès inuneiise dans la voie de la liberté des mers et de l'indépendance des peuples navigateurs.

Bien que les hostilités qui ont failli séparer la grande

république américaine en deux États distincts aient été surtout terrestres, elles ont cependant donné lieu à des entreprises maritimes , et surtout à des blocus. Nous avons donc dû examiner ces opérations, pour savoir si les deux be1ligén<[its se conformaient ou non aux règles immuables de la loi primitive ou divine , ou , du moins , s'ils respectaient I.T loi secondaire et les engagements contractés par eux envers les peuples restés neutres.

Nous uvoiis rempli scrupuleusement ce devoir, et, toutes les fois que la conduite de l'une des parties engagées dans les hostilités s'est écartée de la Voie que nous croyions la seule régulière et seule légitime, nous avons examiné la question soulevée et proposé la solution qui nous paraissait la plus conforme aux règles du droit international. Or, nous devons le dire à regret, mais la conduite des Ëats-Unis du Nord , presque toujours contraire aux principes les plus sacrés de la loi reconnue par ces États eux-mêmes , nous ' a souvent fourni l'occasion de relever le mépris avec lequel ils traitaient les règles du devoir international.

Les diverses questions ainsi soulevées ont, d'abord, été examinées par nous dans des brochures séparées, ou même dans des articles destinés aux revues ou autres recueils périodiques '. Ces sortes de mémoires paraissaient au fur et à mesure que les questions se présentaient; ils avaient alors une sorte d'actualité et d'opportunité.

Bien que ces questions soient aujourd'hui vidées, et

< La RpTiie contemporaine qui avait bien voulu nous oITrir sa puUicilé, ce dont neuE Itmoignuns ici nStre reconnaissance à son directeur, a publii la plupartde ces

TRÉFACE. Ml

que la guerre de sécession soit terminée, nous avons pensé qu'il était utile de conserver ces dissertations et de les réunir en un volume. C'est cpi'en effet, toutes et chacune de ces questions touchaient aux principes mêmes du droit international maritime , et que , soulevées à Toccasion des hostilités américaines , ellps se représenteront, sans aucun doute ^ dans toutes les luttes maritimes qui pourraient dans l'avenir troubler la paix des mers. Il est donc bon que les solutions que nous avons proposées , parce qu'elles nous paraissaient les plus conformes , les seules conformes aux règles de la loi divine et humaine , restent à la disposition de ceux qui désireront les consulter. Il pourra même être utile que les hommes , appelés dans l'avenir à rédiger des nouveaux traités, des actes internationaux sur ces matières si délicates, retrouvent la trace des difficultés qu'il est indispensable de prévoir , afin d'en* prévenir le retour.

Ce recueil, d'ailleurs, nous paraît fournir une sorte de complément pratique à notre Traité des droits et des devoirs des nations neutres^ en temps de guerre maritime, dont nous venons de publier une troisième édition.

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