‹ Questions de libelle, 1889 [microforme]Chapitre 6 sur 25 · MIER · texte numérisé non relu

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Que cette cause est de la nature de celles qui peuvent être soumises à

un jury, et que la défenderesse fait option pour ce mode d'instruction, (trial by jury).

Pourquoi la dite défenderesse, demandant acte de l'option qu'elle fait

du procès par jury en cette cause, conclut au renvoi et débouté de la dite action du demandeur avec dépens distraits aux soussignés.

Montréal, 2 novembre 1888.

Signé, GIROUARD, DE LORIMIER & DE LORIMIER,

Avocats de la défenderesse.

Et sans préjudice à ce que dessus plaidé, et dont elle se réserve tout le benéfice et l'avantage, sans admettre les allégations de la déclaration du demandeur, mais au contraire les niant toutes et chacune d'elles, pour autre défense à l’action et demande du demandeur, la défenderesse dit :

Que les faits mentionnés en la déclaration du demandeur comme ayant été publiés par la défenderesse dans son journal Le Monde, sont vrais en substance, et que ces faits étant du domaine public et de la nature de ceux qui intéressent le public, la dite défenderesse, comme journaliste, était en droit de les mentionner comme elle l’a fait, dans l'intérêt général.

Que le demandeur est mêlé à la vie politique active depuis au delà de vingt cinq ans, prenant le plus souvent une position qui n’était pas partagée ni par un parti politique ni par l’autre, défendant des thèses extrêmes et impossibles, et n'offrant à ceux qui ne pensaient pas comme lui que le mépris et l'injure.

Que le demandeur a été président de ‘“ l’Union Catholique ” pendant

plusieurs années.

Qu'il fut attaché à la rédaction de la Minerve en 1860.

Que, de 1871 à 1875, le demandeur a été député du comté de Champlain à l’Assemblée Législative de Québec.

Que le 31 octobre 1873, sur la résignation de son beau-père, feu l'honorable Louis Renaud, ancien riche négociant de Montréal et un des

amis les plus dévoués du parti conservateur qui avait alors et toujours depuis eut comme chef Sir John A. Macdonald, le demandeur fut élevé à la position de sénateur par le gouvernement de Sir John A. Macdonald au lieu et place de M. Renaud.

Qu'en 1871, le demandeur prit une part active dans la rédaction de ce Le program ou catholr

que l’on est convenu d'appeler le ‘“ programme catholique,” par leque

Les castors.

L'étoile du matin.

Lettre au millionnaire Mackay.

on exigeait des candidats aux élections parlementaires la profession de foi ( suivante : cireu

# Altachement dévoué et persévérant au parti conservateur que nous recon- cette naissons comme le seul parti dont les principes et les traditions puissent préju

nous assurer la plénitude de nos droits religicux et nationaux. tem ps “ Appui loyal dcnné aux chefs de ce parti que nous reconnaissons comme JS 4e Sr

ceux de tous les hommes politiques du jour, qui nons offrent le plus de garanties pour la défense des intérêts ci-dessus mentionnés.”

Que le demandeur est l’auteur de plusieurs brochures, entr'autres “Nos Chambres Hautes,” qu'il publia en 1880,

Que plus tard en 1882, le demandeur, aidé de plusieurs collaborateurs, publiait une autre brochure intitulée, “Le Pays, le Parti et le Grand Homme,” et signée ‘ Castor,” remplie d'outrages et d'attaques violentes, injurieuses et

‘“ Bite:

diffamatoires à l'adresse de plusieurs membres du gouvernement de Sir seco John A. Macdonald, ainsi qu'il appert en référant à une copie de la dite qui a brochure. 2 desp Que la publication de cette brochure donna naissance à la formation j d'une certaine clique ou faction qui a fini par faire école sous le nom de Mon “ castors, ’et qui se donna pour mission principale de combattre l’'Hon.J. A. ÆS PUuBL Chapleau, Premier Ministre de Québec, et que depuis lors le demandeur x 8 | été reconnu comme le chef de la dite école. ne pt Que durant la même année 1*: ?, le demandeur, assisté de M.J, A. Pren- # | dergasi, songea à la fondation d'un journal qui serait l'organe de la dite école Æ n'ap et qu’à cette fin il sollicita auprès du clergé de cette province des secours | rêts en argent pour l'établissement de son journal, qu'il devait appeler l'Étoile Se gard du Malin et qu'il représenta comme devant être le journal catholique par M être excellence. , Qu'également et sur les mêmes représentations, le demandeur sollicita À œuv des souscriptions en argent de plusieurs laiques du Canada et des pays 4 votr étrangers, ce que constate la lettre de M. Prendergast au millionnaire M vues Joseph Markay, écrite à la connaissance et avec l'approbation du deman- ains deur à ! “late du 20 août 1882, dans laquelle il était dit : “ Depuis nombre % pas “ d’auct le clergé catholique et les catholiques en général de la province S mini “ de Québec ressentent vivement les besoins d’un journal quotidien dont: 8 qui. “ les premières aspirations seraient de servir les intérêts catholiques. 4 “ Les journaux soi-disant catholiques actuels sont tous dévoués, en Æ brè “ premier lieu, à leur parti politique, en second lieu à leurs intérêts per- 3 imp “ sonnels,” ainsi que le tout apparait plus au long en référant à une copie 4 de la dite lettre reproduite dans le numéro du 9 août 1883 de l'£tendard MR tion et aussi aux numéros des 19 et 20 juillet 1883 où le demandeur donne ## que faussement à entendre qu’il n’a pas eu connaissance de la dite lettre. . reg A

Que la publication du dit journal l'Etoile du Matin ' vrêtée par une Circulaire de circuläire de Sa Grandeur Mgr Fabre de Montréal et d'av évêques de Mgr. Fabre

s recon- cette province à leurs clergés respectifs, dénonçant le dit journal comme Fr 4 puissent préjudiciable aux intérêts religieux, ce que la détenderesse prouvera en temps et lieu, et ce que constate d’ailleurs le document suivant de l'Evêque comme de Sr." Hyacinthe adressé à son clergé le 21 septembre 1882 : s de gatr'autres “ Saint-Hyacinthe, 21 septembre 1882. rateurs, “ Bien chers collaborateurs, Tomme,” euses et “ Je sais de source certaine que l'on sollicite de votre bienveillance des de Sir secours en argent pour l'établissement à Montréal d'un journal catholique la dite qui aurait pour nora l'Etoile du Matin et qui se consacrerait à la défense des principes religieux.

rmation “ IL EST DE PLUS A MA PARFAITE CONNAISSANCE QUE MGR L'ÉVEQUE DE nom de MONTRÉAL S'OPPOSE DE JOUTES SES FORCES A L'ÉTABLISSEMENT DE CETTE on. J. A. PUBLICATION.

ndeur a “ Dans ces circonstances, bien aimés Frères, je viens vous dire que vous ne pouvez patronner, en aucune façon, ce nouveau journal. A. Pren- “ Puisqu'il est d'avance répudié par l'Ordinaire de Montréal, c’est qu'il te école n'a pas sa raison d'être, et que de plus il peut être préjudiciable aux intésecours rêts religieux, que le prélat doit être le premier dans son diocèse à sauvel'Etoile garder et auxquels plus que tout autre il doit veiller et pourvoir. Ceci doit

que par

être compris sans eftort de jugement.

“ Quels que soient les hommes qui s'adressent à votre bourse pour cette

sollicita œuvre insolite, pour ne pas dire davantage, vous ne devez pas leur donner es pays votre appui, [ls savent fort bien qu'ils vont tout à fait à l'encontre des onnaire vues de leur évêque ; et vous, vous savez à n'en pas douter qu'il en est deman- ainsi, puisque je me donne le souci de vous en informer. Vous ne seriez 1otmbre pas alors excusables devant votre ‘conscience de dépenser une partie, la plus rovince minime que vous lafsupposiez, de vos revenus ecclésiastiques, pour une entreprise n dont: qui est désavouée par l'aulorilé religieuse du lieu.

“ Il y a là un point de discipline. Si ces hommes veulent lui faire une aés, en brèche, c'est leur affaire, Pour vous, n'allez pas, par un zèle intempestif et ts per- imprudent, vous mettre à leur suite, et les encourager dans leurs illusions. > Copie “ C'est assez vous dire,;je pense, que vousirieZ contre toutes mes intenendard tions, en vous constituant les patrons et les! protecteurs de la mesure en donne question. Kt je vous prie de vous rappeler que l’on finit toujours par

regretter de ne pas.marcher avec ceux qui ont mission de nous conduire.

L' Elend:;d.

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