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VERS d'un nombre PAIR. l' ALEXANDRIN
Les théories et la pratique. — Poèmes : Scrupules. — Le» Saint-Jean. ~ Le Portrait, — La Ronde d'angoisse,.
En quittant notre poète, nous sentîmes que?
ses hésitations avaient une autre cause que des scrupules d'art. Il souffrait visiblement de faire servir sa pensée à des démonstrations techniques. Il craignait sans doute que le lecteur ne le crût quelque ouvrier un peu simple travaillant avec les théories de son manuel en main. Et il est vrai que les hommes sont assez peu subtils pour ne voir que l'artisan dans Tartiste qui découvre de nouveaux secrets au métier, et qui les dévoile.
Voici cependant tout ce qui se passe. Un poète, d'abord ingénu, s'accorde avec la vieille lyre des ancêtres. Peu à peu, il s'aperçoit que ses idées, ses images, ses rêves, ne revivent pas en cette union la jeunesse qui les enchantait. Longtemps ils'accuse lui-même ; et, les unes après les autres, il jette ses œuvres au néant. Enfin il a le courage de s'en prendre à l'instrument de malheur, et il le rejette à son tour, après avoir bien étudié à fond les défectuosités de son mécanisme. — Dès lors, libre, sans
relâche, il chante, chante et compose. De poèmes en poèmes, se forme l'instrument de rénovation, et s'assure les bases de la liberté désirée. Et le théoricien arrive, comme la conscience du poète lui-même, recueillir les lois inévitables qui se dégagent de toute création et qui éclairent sur la durée et la portée de toute œuvre*
Mais le poète n'est pas pour cela un pur abstracteur de la raison. Il n'est que le poète, qui, lorsqu'il chante, est guidé par on ne sait quelle lumière instinctive. C'est le poème une fois fini, qu'alors seulement l'analyse fait de cette lumière une précise conscience, qu'elle détermine exactement les causes directrices.
Nous n'analyserons pas pied à pied la formation des vers qui vont suivre. On sait à quelles lois ils obéissent. La lecture seule doit suffire à montrer l'excellence plus ou moins achevée de leur application. Les limer encore à petits coups réitérés de preuves explicatives est inutile pour les poètes, oiseux pour les autres. On se contentera de déterminer l'accentuation rythmique des alexandrins * du premier fragment, ce qui marquera suffisamment de quelle manière l'accent oratoire distribue les rythmes, en conformité avec la plus libre marche du sens.
i. Le signet indique une accentuation forte très accentuée; le V« une très accentuée ; le — , une forte ; le /, une faible accentuée.
ACHÈVEMENT DE l'ÉVOLUTION 267
SCRUPULES (fragment)
L'ar^t^te voit monter son osuvre devant lut :
îiéhuleuse dont il veut Vcisire épanoui.
Las ! comme il cherche, en ces gris tourbil/o/w de flammes^
Le noyau clair d'où s'épandront les blanches âmes
Qui doivent, en corps de lumière conden^^e^
Unir les atomes épârs de ses peni^jr,
Un nuage ironblant sort de sa conscience...
Et sur ce rotle, qui cache rirrarftancc
De ré&auche où lutte i.éjà tant de rayons, Dé/fle en de spec/ratio? et nombreux batail/on^
La ligne «ombre des implacables scrupu^e^ :
— Déclamer, du haut des amples «éges curw^e^, En pontifes gardiens des rêves et du beau ;
Ou passer en chanteurs-apdtres du nout^eau Pour soutenir Yévëil de Fâme admirafove,
O provocation d*une fin plus hklive !...
Epuisements des cérébrales volup^^5,
Vos doux Isibeurs, et ces capitalises gaités
Dont ils mow^seni et qui ôrwlent de leurs effluves
Comme après le pressoir bout la chaleur des cuves ;
Epuisemew^*, ô suprêmes enchantewente /
Les diflux de vos vii?aces bouillonnement*
Débordent peut-é^re en des morts Rentes plus sûres
Que la hrus({\xe inondante pourpre des blesswres!...