NOUS VOULONS CERTAINEMENT IMPOSER A L'ÉTAT
Pages 71 et suivantes, vous reprenez en ces termes :
« Ne serait-il pas possible de disposer les travaux nom- » breux et variés que l'État fait exécuter tous les ans, de » manière à ménager de l'emploi à une partie au moins des » bras inoccupés pendant les grands chômages industriels? » Ce serait, non pas de l'assistance, mais de la prévoyance » la mieux entendue, la plus efficace. 11 sr'agit uniquement » de savoir si cela est possible.
» Deux observations nous ont conduits à croire qu'une » distribution mieux calculée des travaux de l'État par— » viendrait à atténuer beaucoup l'effet des grandes crises » industrielles. La première, c'est que les terrassements, » seul ouvrage offert dans les ateliers nationaux aux ou— » vriers imprudemment acculés à Paris, les terrassements, » disons-nous, ne sont pas l'unique nature de travaux que » l'Etat ait à commander. Il a des fossés à creuser, des mu-
employés aux affaires et œuvres publiques ordonnées et établies par lesdits échevins et gouverneurs, pour y ouvrer, besongner et travailler avec salaires RAISONNABLES que par lesdits échevins et gouverneurs leurs seront ordonnez par chacun jour. — Auxquelles œuvres toutes sortes de pauvres valides puîssans pour besongner et ouvrer seront reçus et admis. Faisant défenses de par le roy, à toutes personnes pauvres valides et puissans, de quelque qualité et sexe qu'ils soient, hommes ou femmes, de ne plus quêter^ mendier ni demander l'aumône par les églises et rues, ni en public, sur peine aux femmes du fouet et d'être bannies de la ville et fauxbourgs de Chartrei?, et quant aux hommes d'être envoyés aux galères, pour là tirer par force à la rame, leur faisant à sçavoir que si après l'établissement desdits ouvrages de par ladite ville, sont trouvez faisant le contraire de ce que dessus, seront pris prisonniers, et la vérité sommairement connue, punis par la forme et peines que dit est, nonobstant oppositions ou applications quelconques, suivant les édits et ordonnances du roy, ne sera différé, et pour ce que chacun se garde de méprendre. »
Voici encore un autre document qui remonte à 1591 ; c'est un Statut de la reine Elisabeth d'Angleterre :
« Les inspecteurs des pauvres [Overseers) prendront les mesures nécessaires, de concert avec les juges de paix, pour faire travailler tous les wifants que leurs parents ne seront pas en état d'élever, ainsi qjie toutes les personnes^ mariées ou non^ qui n'ont ni fortune m gfagfne-pain. Ils lèveront, par semaine ou autrement, une taxe sur les habitants et propriétaires de terres de leur paroisse, suffisante pour se procurer le lin, le chanvre, la Uine, le iil, le fer et autres articles de manufacture, nécessaires pour donner aux pauvres de l'ouvrage. »
» railles à élever autour de ses places fortes, des ouvrages » d'art à construire sur les routes ; il a des machines à fa- » briquer pour les chemins de fer qui lui sont confiés et » surtout pour les nombreux bâtiments de la marine mili- » taire ; il a de plus à confectionner des voitures pour Par- » tillerie, des harnachements pour l'artillerie et la cavale- » rie, enfin de la chaussure, du vêtement, du linge, pour le » soldat, et, même sous une république, il a des palais na- » tionaux à décorer. Il a donc, l'orfèvrerie et les ouvrages » de mode exceptés, presque tous les genres de travail à » faire exécuter.
» Nous avons vu au Jardin des Plantes, pendant l'année » 1848, un ouvrier orfèvre privé de travail, lequel avait » trouvé dans ce magnifique établissement une occupation » qui l'aidait à vivre, en disposant entre des lames de cris- » tal certains végétaux pour en étudier le tissu.
» L'État a par conséquent de l'ouvrage, beaucoup d'ou- » vrage, et de nature infiniment variée, à offrir à des ou- » vriers qu'un accident aurait rendus oisifs. Il s'agit de » savoir s'il pourrait le réserver pour les temps de chô- » mage.
)> Que VEtat ait beaucoup de travaux à offrir, cela est hi- » contestable, »
Que proposait de créer M. Louis Blanc, contre lequel se sont élevées, en 1848, tant de clameurs? 11 proposait de créer des ateliers sociaux permanents.
Que proposez-vous de créer? — Des ateliers sociaux