III
)^ blis, arrêtera le devis des travaux selon les matériaux en- )^ tre lesquels les propriétaires auront été autorisés à faire » un choix, et répartira la dépense entre la commune et les » propriétaires. La portion k la charge de la commune ne » pourra être inférieure à la moitié de la dépense totale. »
La surface totale des trottoirs à Paris est de 888,000 mètres.
Le développement total des rues est de 485 kilomètres.
Le nombre des maisons est de 29,5216.
Le ihètre carré d'entretien des trottoirs en bitume a coûté, jusqu'à ce jour, 60 c; mais, par un procédé nouveau, — l'application de la roche asphaltique h froid,— ce prix d'entretien paraît devoir être réduit de moitié.
Si l'on adopte 2 mètres 50 centimètres pour la largeur moyenne des trottoirs, la surface de 888,000 mètres correspondrait à un développement total de trottoirs existant de 355,200 mètres, ou à un développement de rues de 177,600 mètres garnies de trottoirs et comptant un trottoir de chaque côté.
Ainsi, en partant de cette base, sur les 485 kilomètres de rues, il n'y en aurait que 177 kilomètres, soit 41 0/0, garnies de trottoirs (1).
Un décret, se fondant sur le séna tus-consul te du 23 décembre 1852, article 4, et sur les lois des 25 juin 1841 et 7 juin 1845, pourrait être rendu en ces termes :
« Art. l*''. L'établissement de trottoirs dans toutes les » rues de Paris est reconnu d'utilité publique.
» Art. 2. En conséquence, il sera posé des trottoirs dans » toutes les rues où il n'y en a pas encore, en commençant » par le côté de la rue où il en existe déjà partiellement, et » en commençant par le côté de la rue où il en restera je » moins à poser, afin que, dans le délai le plus court pos- » sible, chaque rue ait au moins un côté complètement » garni de trottoirs.
» Art. 3. Un délai de deux mois est accordé à tous les pro-
(1) Mémoire de M. Darcy. 1850.
» priélaires de maisons non encore garnies de trottoirs pour » se conformer aux dispositions prescrites.
» Après IVxpiration de ce délai, la pose des trottoirs aura » lieu d'office pour le compte des propriétaires retardatai- » ,res, aux prix du tarif régulièrement approuvé. Ces prix » seront payables en deux annuités représentant la portion » de la dépense mise h la charge des propriétaires par l'ar- » rêté du préfet de la Seine, en date du 15 avril 1846 ; ces » deux annuités seront recouvrables par douzièmes, et dans » la même forme que les cotisations municipales.
» Le payement de la troisième annuité, représentant la >^ portion de la dépense mise à la charge de la ville de Pa- » ris par l'arrêté du 15 avril 1846, sera exigible un an après » le payement de la seconde annuité.
» Art. 4. L'intérêt des sommes remboursables sous la » forme d'annuités sera calculé à raison de 5 0/0, et ajouté » au prix des factures. »
Un tel décret serait accueilli avec reconnaissance par tous ceux qui vont à pied, et peut-être oublie-t-on un peu trop qu'à Paris ceux qui ne vont pas en voiture forment l'immense majorité (1).
(1) On nous communique les renseignements suivants snr la manière dont les trottoirs ont été exécutés dans les principales villes du département du Nord : Un arrêté du maire déclarait d'utilité publique, pour l'assainissement de la ville et pour sa propreté, l'établissement des trottoirs. Lorsqu'un propriétuire sollicitait l'autorisation de faire blanchir sa maison (car on tient beaucoup, dans le Nord, à avoir sa maison propre à l'extérieur autant qu'à l'intérieur), et d'établir le plus simple échafaudage sur la voie publique, on lui demandait si son trottoir était fait; s'il répondait non, alors l'administration communale répliquait qu'elle ne ferait droit à la demande qu'après que le trottoir serait posé.
Si un marchand voulait faire peindre ou approprier la façade de sa boutique, il s'adressait à l'administration ; on lui répondait : a ha trottoir » de la maison n'étant pas fait, il n'y a pas lieu de faire droit à votre de- » mande. » D^) manière qu'au bout ne quelques années d'un pareil système, un marchand ne s'établissait pas dans une boutique sans que le propriétaire de la maison ne s'obligeât par acte, attendu qu'il avait négligé d'établir son trottoir, à le faire faire immédiatement, et en moins de dix années la ville avait partout des trottoirs. Si la ville de Paris, avec l'administration de la petite voirie, avait adopté le mPmç procédé, Paris aurait ses trottoirs depuis longtemps. Un simple arrêté du préfet de police aurait suffi et suffirait encore vo"*" véaliser cette grande amélioration sans dépenses à la chargo de la ville.
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