‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856 (volume 2)Chapitre 78 sur 78 · LE TABAC, LE SUCRE ET LE CAFÉ · texte numérisé non relu

LE TABAC, LE SUCRE ET LE CAFÉ

TABACS. — Le monopole, en France, de la fabrication et de la vente des tabacs, qui expirait en 1852, a été prorogé jusqu'en 1863. Le produit brut pour 1850 a été de 122 millions, et le bénéfice net de 89 millions. Toute la question se réduir^t donc à interdire coi|iplétement , en France, la culture du tabac, qui y est non à Pétat de droit, mais à l'élat de privilège dans un privilège, puisque, premièrement, il n'y a que six départemens où cette culture soit autorisée, et, deuxièmement, qu'il faut encore être, même dans ces six départements, au nombre des propriétaires à qui la permission de culture est accordée. Quant à la fabrication, le gou^ eniement pourrait, à son choix, ou la conserver, ou l'affermer, ou la rendre libre, selon qu'il y trouverait plus d'avantages. Sous le régime proposé, cette branche de revenu pourrait continuer de s'accroître ; il n'y aurait pas un motif pour qu'elle diminuât. Quant au consommateur, s'il n'y gagnait pas une réduction du prix, il y gagnerait une amélioration de qualité. La marine française y trouverait un acci'oissement de fret. C'est ce qu'a parfaitement démontré M. Eugène Larrieu, dans l'écrit publié, en 1845, sous ce titre : de la question du tabac.

SUCRE. — • La consommation des trois sucres, en France : sucre indigène, sucre colonial, sucre étranger, est environ

(ie 140 millions de kilogrammes; ce chiffre représente une consommation trois fois moins considérable qu'en Angleterre, relativement h la population ; il n'est pas douteux qu'elle ne s'accrût rapidement en France, si le prix était ^baissé jusqu'au taux où il pourrait l'être sans que le Trésor y perdît rien. En France, le droit est de 49 fr. 60 c. les 100 kilogrammes, droit auquel il faut ajouter la surtaxe, quand le sucre est de provenance étrangère ou qu'il est apporté sous pavillon étranger, tandis qu'en Angleterre le droit n'est que de 24 fr. 85 c. les 100 kilogrammes, quelle que soit l'origine du sucre et sous quelque pavillon qu'il ait été apporté.

CAFÉ. — La presque totalité du café consommé en France supporte un droit de 86 fr. à 115 fr., tandis qu'il n'est soumis en Angleterre, quelle qu'en soit la provenance et sous quelque pavillon qu'il arrive , qu'à la taxe uniforme de 3 pence par livre, ce qui fait 70 fr. par 100 kilogrammes. C'est le cinquième de ce qif'il était jusqu'en 1842, sur les principales provenances.

Les recettes de l'exercice 1850 ont été de 13,930,825 francs, sur une valeur vénale estimée à 18,971,000 francs. Il suffit de rapprocher ces deux chiffres pour être dispensé d'y ajouter aucune réflexion.

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