‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856 (volume 3)Chapitre 51 sur 96 · MM · texte numérisé non relu

MM

Levraud.

Lberbettc.

Lu II eau.

Maicbain.

Maleville.

Manuel.

Marie.

Marion.

Marqui.5.

Martinet.

Matbey.

Matbiôu (SaCne-ct-Loire).

Mauguin.

Mauraî-Ballango.

Moreau (Seine).

Osmont.

Pngè* (de l'Arit^go).

Pcriguon.

Il* »

icron.

Quinette.

H.'iimbault.

Roger (du Loiret).

Saint-Albin.

Sieyr» (de).

Stourm.

Struch.

Suberv'ic.

Tassel.

Te u Ion.

Thiard.

Tribert.

Vavin.

\ ivien.

ToUl : 107.

» La conscience publique flétrit de coupables tnanifestOr- » tions. » Mais ce que nous no saurions comprendre, c'est qu'après s'être ahst<^nu en 1844, M. de Salvandy ne se soit pas abstenu en 1848; c'est qu'il ait eu pour M. Berryer des ménagements dont il a cru pouvoir se dispensera l'égard de M. Odilon Barrot.

12 février 1848.

L'amendement de M. Desmousseaux de Givré, qui se . bornait à retrancher du projet d'adresse quatre mots : Passions ennemies ^ Entraînements aveugles.

Cet amendement, dont toute la sagesse ne tardera pas à ôtro appréciée, a été rejeté après une première épreuve

douteuse par assis et levé, è la majorité suivante :

Nombre des votans, 413. Ms^orité, 207.

228 voix contre 185;

Majorité relative, 43 ;

Majorité absolue, 21 ;

Il a été rejeté;

Après,

Les développement^s de l'auteur, dictés par les sentiments les plus louables de conciliation ;

Un admirable discours de M. de Lamartine ;

Une chaleureuse allocution de M. de Rémusat;

Un appel suprême à la majorité par M. Dufaure.

Tous ces efforts, dont pas un n'était suspect, ont été vains !

Pour les rendre vains, il a sufR de quelques paroles balbutiées par le rapporteur de l'adresse, M. VitetI II a suffi que M. le ministre de l'intérieur apparût un seul instant à la tribune, comme les grands capitaines sur le tertre au moment décisif d'une bataille I

Puisse la majorité n'avoir pas écrit dans son adresse un mensonge I

Les mots qu'elle a écrits sont ceux-ci :

« Les agitations qui soulèvent des passions ennemies ou » des entraînements aveugles tomberont devant la raison i> publique éclairée par nos libres discussions, par la ma- 9 nifestation de toutes les opinions légitimes. »

Puisse, en effet, l^igitation se calmer et non s'aggraver !

Mais nous le souhaitons plus que nous ne L'espérons.

Assurément, d'éloquents discours ont été prononcés; mais, comme il arrive presque toujours dans les grandes assemblées, on s élève si haut qu'on passe par dessus la question sans môme reffleurerdu bout de ses ailes.

C'est ce qui est arrivé à M. de Lamartine ;

C'est ce qui est arrivé à M. de Rémusat, à qui M. de Mornay avait cédé son tour de parole, ce qui a obligé M. de Girardin de descendre de la tribune, où il était monté ;

C'est ce qui est arrivé à M. Dufaure lui-môme, qui n'aurait pas diminué l'effet quil était silr de produire, en attendant, pour demander la parole, que M. de Girardin, dont c'était le tour d'inscription, se fût expliqué.

M. de Girardin, on le sait, n'abuse pas de la tribune.

Il prend rarement la parole, et, quand il la prend, c'ast pour aller droit au fait, sans détours, ce qui signifie sans discours et sans prétentions.

M. de Girardin eût été bi'ef.

Il eût posé la question sommairement en ces termes :

Il eût dit :

<K A tout débat il faut une conclusion. Je monte à celte V tribune pour appuyer l'amendement de M. Desmousseaux » de Givré; j'y monte, dégagé de tout sentiment personnel » et sous la préoccupation exclusive d'une situation dont » on ne me paraît pas apprécier toute la gravité.

» Il ne suffit pas de retrancher du paragraphe le blâme » qui s'y trouve exprimé ;

» La question est complexe ;

» La moins importante est la question d'indignité qu'on a » le plus agitée;

» La plus grave est la question de légalité, parce que » c'est celle qui doit survivre à ce dél)al ;

» J'adjure le gouvernement, au nom de l'immense res- T) ponsabilité que font peser sur lui tous les grands intérêts D qu'il roprc'sente, de venir déclarer à cette tribune que, » dès (jue la question de légalité des banquets paraît douî) teusc à d'anciens ministres, à d'anciens présidents du » conseil, à d(\s conseillers à la cour de cassation, h d'anï> ciens bâtonniers de Tordre des avocats, à cent quatre- D vingts députés sur quatre cents, il n'hésiic plus, il ne doit » plus hésiter à saisir les pouvoirs législatifs d'un projet de » loi qui réglera dans quelles circonstances et sous quelles » réserves le droit de s'assembler pourra être exercé ou » sera interdit.

» J'adjure le gouvernement de ne pas laisser enveloppée » dans le doute une aussi grave question ; car s'il ne pré- » sente pas de projet de loi, il peut arriver que cent dépu- » tés, dix pairs de France, plusieurs maires de Piiris, des » membres du conseil général de la Seine, des officiers de » la garde nationale, fermement convaincus que la loi n'inj> tcMdil pas le droit de réunion, considèrent comme unde- « voir de résister h l'arbitraire ministériel, et se rendent à » un ban(|uet annoncé à l'avance par tous les journaux.

i) Eh bien, dans ce cas, que ferait le gouvernement?

» Se bornerait-il à l'impuissante protestation d'-ofliclers » de police ?

» Irait-il jusqu'à l'emploi le plus énergique de la force » armée?

» Préférerait-il le ridicule à la violence ou la violence au y^ ridicule?

» Qui connaît M. le garde-des-sceaux, et qui sait Tesprit » dont est animé un certain nombre de membres de la maw joriié. ne doit pas douter que le gouvernement n'aille jus- » qu'il la dernière extrémité.

» Or, il est difficile de croire que cent députés, dix pairs » de France, des maires de Paris, des membres du conseil » général de la Seine, des officiers de la garde nationale,

» ayant tous les yeux de la France fixés sur eux, et Irou- » vant les portes de la salle du banquet gardées par la force » armée, s'en retournent tranquillement chez eux ; » II faut donc raisonner dans Phypothèse d'une collision. » La collision a lieu.

» L'arrestation d'un seul pair de France suffit pour sous- » traire aux tribunaux le jugement de la question et en » saisir la cour des pairs.

» Voyez-vou^a cour des pairs appelée h prononcer sur » la question de légalité des banquets, sur la résistance de » cent députés, de maires de Paris, d'officiers de la garde » nationale !

» N'est-ce pas une haute imprudence ?

» N'est-ce pas comme h plaisir défier les passions enne- » mies, les entraînements aveugles?

» N'est-ce pas s'exposer à la nécessité de destituer les » maires, de dissoudre le conseil municipal de la Seine, de » traduire devant les conseils de discipline des officiers de » la garde nationale?

» Qui peut prévoir 011 s'arrêteront toutes les complications, » toutes les résistances, toutes les difficultés?

» Et tout cela quand il serait si facile de l'éviter par la » présentation d'un projet de loi ayant pour objet et pour » effet de dissiper tous les doutes sur la question de léga- » lité des banquets et sur l'étendue du droit de réunion ! » Ou le projet serait adopté, ou il serait rejeté ; » Adopté, les citoyens n'ont plus qu'à se soumettre à la » loi;

» Rejeté, le gouvernement se. renferme dans les limites » de la surveillance et de la répression, dont l'exercice est » pour lui un (levi)ir.

» Que le cabinet ne persiste pas plus longtemps à soute- » nir (jue le droit qu'il prétend avoir est formel, que la » question de légalité n'est pas douteuse. » Mais qui donc est président du conseil ? » N'est-ce pas M. (îuizot?

» Eh bien î voici en quels termes s'exprimait M. Guisot •

» le 30 mars 1831 , dans la discussion du projet de loi sur les » altroupemcnls,:

« Que les citoyens s^associent pour défendre ou pour » ea^crcer leurs droits constitutionnels^ les droits consacrés » par la Charte, lien de plus simple. Ces associations peu^' » vent être graves, dangereuses même pour le pouvoir, mais

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