‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856 (volume 3)Chapitre 52 sur 96 · C'RST PAR SA FAUTE ; QUAND ELLES LE MENACENT, IL EST DANS · texte numérisé non relu

C'RST PAR SA FAUTE ; QUAND ELLES LE MENACENT, IL EST DANS

» SON TORT. Vassociation des citoyens pour Veœercice ou la » défense des droits constitutionnels est indiquée dans la » CHARTE {\), et elle ti6 peut avoir rien d'illégitime.

» Nous avons vu des associations pour le refus de rim- » put, pour les élections; elles étaient graves, menaçantes » pour le pouvoir; mais elles n^avaient rien dUllégitime; » elles étaient conformes aux droits des citoyens, et elles ont » sauvé le pays.

» Que les citoyens s'associent encore pour certains actes, i> dans certain but qui n'a pas été prévu, ni interdit par les » lois, je le conçois, ces associations ont quelque chose de » plus douteux que les précédentes, leur légitimité et leur » opportunité peuvent varier davantage selon les clrcon- » stances. Par exemple, Passociation catholique en Irlande, » une association formée pour obtenir le redressement de » certains giiefs, la réforme de certaines institutions, des » modifications, et même des modi6cations profondes au » gouvernement, à la législation du pays, il n'y a rien là » de radicalement illégitime; cela peut être bon, utile, » quel(|ue graves et dangereuses qu'elles puissent être. »

» Le 30 mars 1831, il s'exprimait comme on vient de fe voir î

» Le 29 août 1841, il disait dans un banquet que lui don* » naient les électeurs de Lisieux :

(( II y a dix ans, dans cette même enceinte, Je vous ex- » posais, je discutais avec vous mes idées et mes intentions

(l) Ou donc M. Gaizot a-t-il m cm« le droit d*as8oeîaUon <Uit écrit dnnn la Charte? M. le prô»klpnt au conieil na connattrait-il pat la

Charte V

» politiques. Une telle réunion, une discussion si publique, » tous ces procédés du gouvernement libre étonnaient alors » un peu. Aujourd'hui, ils paraissent simples et naturels. » Grande preuve de Vempire et du progrés de nos institu-- » tions, »

» Ministres du 29 octobre, présidés par M. Guizot, par » respect pour lui-même, admettez donc au moins que la » légalité des banquets est douteuse, et si vous pensez que » leur agitation soit dangereuse, bornez-vous à imposer » aux partis une trêve, une suspension des toasts et des » discours jusqu'au jour du vote ou du rejet de la loi qui » trancherait la question.

» Cette issue n'offre que des avantages ;

» Elle écarte tout péril ;

» Elle prévient toute collision ;

» Elle ne fait de situation fausse ni au pouvoir, ni aux » partis, ni à la majorité, ni à la minorité ;

» Vous n'avez, pour donner à ce long débat une conclu- » sioA pacifique et régulière, qu'un mot à dire : o Nous pré- » senlcrons un projet de loi ; » dites-le donci car si vous ne » le disiez pas, nul ne saurait prévoir toute l'étendue de la » responsabilité qui peut retomber sur vos têtes.

» Il y a des passions qu'il ne faut jamais déchaîner. »

Voilà rapidement ce que M. de Girardin voulait dire, et, s'il consigne ici son opinion, c'est pour en prendre acte, c'est afin qu'il soit bien constant que le jour où la Presse s'est séparée de la majorité ministérielle et du cabinet, elle s'en est séparée en emportant avec elle, dans les rangs de l'opposition conservatrice, les saines idées de gouvernement .

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