LES AMIS DU POUVOIR
19 février 1848.
Autorité et mensonge, prestige et mauvaise foi, sont des choses qui s'excluent. Comment le gouvernement serait-il respecté, quand il ne respecte pas la vérité, quand il s'attire, par des affirmations hasardées, les plus-accablants démentis.
Le \ational avait avancé un fait grave : c'est que la gnnle nationale était soumise à un triage qui en dénaturait rinstitution, et avait pour but de créer, sinon absolument une fausse garde nationale, du moins une garde nationale exceptionnelle, une garde nationale d'élite ; là-dessus, aveu compromettant sous forme de démenti altier, signé le ma~ rérhal-de-camp chef de Vétat major, CAiBOii^iEL.
La h*ltre de M. Carl)onnel est, dans tous les corps-deganle o<*cupés par la garde nationale,, l'objet des plus sévères conun(»nlaires. En disant qu'elle y a produit le plus fcV'lu'UX effet, nous nous servons des expressions les plus m(Klérées. H n'y a qu'une voix pour donner raison au *Vational, sVxprimant ainsi :
« Il y a deux genres de service pour la ganle nationale : »• l'un. c\»sl le tour <le garde régulier, par ordre, à jour fixe ; » l'autre, cVsl la convmNilion générale on cas d'alerte ou » de revue : dans le premier cas. le billet désigne l'indi- » vidu, le jour, le lieu, l'objet du service ; dans le second
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» c«is, c'est au mppol du tambour que tous les gardes na- « tionaux se réunissiMit. Dans l'une et Tautre circonstance, » vous vous adressez réellement à la garde nationale tout » entii'^re. individuellemenl, à tour de rôle, ou en la convo- » quant sans rholx de personnes, sans préférence, sans ex- »> elusion. Telles sont les conditions du service régulier; » c'est ainsi (juVm emploie la vraie garde nationale. Avec » les procédés avoués par M. Carbonnel, on choisit, on trie, » on consulte, non pas la loi, mais l'opinion :J^on fausse » donc l'institution au prodt d'une politique.
» C'est là ce (|u'on a fait d'autres fois, à ce qu'il semble; » nous sommes bien aises de l'apprendre officiellement. On » convocpiait donc d'avance de bons amis, de pauvres fonc- >> tionnaires. des h mmies dépendants, et on les donnait » comme un symptôme du dévoùment delà garde civique ; » on faisait croire qu'en eirol c'était bien la vraie gaixle na- » tionale. Celait la fausse ; car on n'enrôlait qu'une obéis- » sance oblifrée. C'est encore ce qu'on a voulu faire main- » tenant : les adjudants-majors te sont présentés pour obi> tenir (Wr^^ bilU'ts de service sans date, sans tcnii^ compte î> (Ik tour rè(iiilfci\ des billets destines à des hommes de » choi.r. (]es billets onl été demamlés aux sergents-majors » à l'insu (A's capitaines, (piand <»n se<léliait des capitaines. » C'était une injure p(»ur ceux-ci: et voilà comment on ac- » complissait cette préjiaration, si bien arrangée d'avance, » exécutée? ii la sourdine, trahie par quelques hommes inw dignes. Vnilii comment on respecte l'institution : défiance, ^) liia;je. irré^ulariîé: c'esl ain.si (jue Té ta t*maj or prétend » ne pas fausser la garde nationale! »
Le Xutinnal ne se borne plus à discuter avec M. Carbonnel; il l'iM-raM' s'jus la publication de la déIil)éra(ion ciaprè>, cl. p(»ur v .mblc de malheur. <*'est de la main de >l. Alloury. rédacteur (lu Journal des Débats, que M, Carbonnel rcruil \r c«>u|> cjui l'accable î
(.< Présents, M. ]\ »namy. ca|)itaine en premier; cinq offi- )^ ciers et quatre délégués.
» L'objet de la réunion étuil une communication relative