‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856 (volume 3)Chapitre 94 sur 96 · PRÉFACE INÉDITE D'UNE RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

PRÉFACE INÉDITE D'UNE RÉVOLUTION

les plus consciencieux s'en séparent. Cet acte n'aurait pas d'autre portée et d'autre signification; il ne ferait qu'accroître encore le discrédit de l'opposition.

Nous ne comprendrions pas plus intelligiblement la démission des onze députés de Paris"qui appartiennent à l'opposition.

Pourquoi ?

Parce 7»/f?, dit-on, l'interdiction dont le banquet du 12* arrondissement vient d'ôtrc l'objet est une injure faite à la population de Paris.

Toute raison qui n'est pas sincère est mauvaise ; or, cette raison est mauvaise, parce qu'elle n'est pas sincère. Ce n'est pas le banquet du 12® arrondissement qui est en cause, ou, s'il est en cause, il n'y est que secondairement. Ce qui est en cause réellement, ce sont tous les députés qui, ayant ramassé le défi que le ministre leur avait jeté à la tribune, y ont répondu en semant partout l'agitation réformiste, en multipliant les banquets et les harangues ; ce sont tous les députés que le discours du trône et les deux adresses des deux Chambres législatives ont traité d'ennemis ou d'ave i/^/es.

Les 107 députés ayant assisté h des banquets, les 107 députés Pétris par les termes de l'adresse, avaient quatre motifs pour donner leurs démissions : — Premièrement, ils se conformaient à un précédent consacré ; deuxièmement, ils prévenaient ainsi tout rapprochement défavorable entre leur conduite et celle tenue par les députés de la droite en 1844 ; troisièmemenl, ils faisaient acte de susceptibilité sincère et légilime ; quatrièmement, ils faisaient casser, par la majorité électorale, l'arrêt arbitrairement rendu par la majorité ministérielle.

Les autres députés n'ayant assisté k aucun banquet, en faisant cortège à leurs collègues, en donnant en même temps quVux leurs démissions, faisiiient un acte politique d'autant plus imposant et plus significatif, qu'il était dégagé de Palliage (1(^ toute considération personnelle. D'abord, c'était un acte de protestation contre un excès de pouvoir du minis-

tère, converti en vot-e de la majorité ; ensuite, c^était un appel au pays qui rendait inévitable, sinon la dissolution de la Chambre, au moins la retraite du cabinet.

Imaginez donc un ministère, assis sur ses bancs, dans une Chambre composée de 459 membres, dont 150 ou 180. . . .

(Interrompu par une révolution,)

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