‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856Chapitre 21 sur 71 · AVANT ; — PENDANT *, — APRÈS · texte numérisé non relu

AVANT ; — PENDANT *, — APRÈS

Los hommes viî^ilants. fermes cl prudents, voient avant ; reu\ (lui sont njédiocres, égoïstes, irrésolus, voient pendant ; reu\ qui s^nt incapables, téméraires ou peureux, voient après.

Les hommes qui voient avant. les presbytes politiques, ont déjà ai>ereu et mesui'é h» l)ut (ju'on se propose et celui qu'on dépassera ; les illusions qu'on se fait et les haines qu'on satisfait: les intrij^ues et les hostilités qui se sont concertées; les préventiims populaires qu'on a déjà fait naître et celles que Ton saura trop bien développer et exploiter.

Les hommes auxquels la connaissance approfondie du passé a donné celle de l'avenir, savent que .si Pamour sacré de la liberté est le prétexte des révolutions, l'amour effréné du pouvoir en est en réalité la cause ; ce (pf ils redoutent donc, ce n'est point le peuple, mais ceux <|ui le savent flatter, ceux qui le .savent exploiter, ceux <|ui ont le lani^a^'e de .ses pas>i(ms.

Il ne faut souvent qu'un ambitieux, qu'un mécontent, pour égarer la multitude; qu'un mot pour la soulever; aussi n'est-ce jamais dans la tranijuillite du peuple cpie l'honune d'Etal d«ul puiser sa sécurité; il sait (pie dix millions d'honunes sont parfois plus faciles à satisfaire «pie dix ambitieux, avides ou méconti»nts. et peuvent être moins danpTcux ; il sait qu'il n'est pas sans exemple <pie la vanité bhvNsé*» d'un seul homme ait fait commettre au peuple plus dVxrès que les ri;;ueurs do ces fléaux qui send)lent envoyi»s par le <iel i)our mettre à IVpreuve sa crédulité vi Constater son ignorance.

Levons donc les yeux et regardons plus loin que h» bout de nos |)ieds. Nous verrons (|ue nous .sommes entre deu\ révolutions : l'une denière i»ous, l'autre de\anl nous.

L'ESPRIT PUBLIC DANS LKS 1)1-PAHTKMKN"I>5.

31 af»At 1H3H.

Il scMîiil à désirer que d'ici à i'ouverlure de In session pairlemontaire, chacun des niembresducahinet pûl suceossîveineiil prendre un congé et parcourir divers points de la France. Il y aurait à cela deux avantages. Prcuiièromenl. M. le pivsident du conseil, en continuant h se charger de reni|)lir par intérim les fondions des ministres absentes, ainsi (|u*il la déjà fait en deux occasions pour le département de l'agricullure. du commerce et des travaux put>lics. et pour eelui des linances. se trouverait naturellement passer en n-vue tous les portt»feuilles de ses collègues; il accfuerrait ainsi des notions plus précises sur le pei*sonnel et le niatè- I iel <]ui forment l'ensemble des principales administrations publitpies: il s'assurerait, enfin, jmr ses pr(^pres yeux, de lulililé de beaucoup «le réformes (pu*, pour nVtre pas celles hruyannnent réclamées par l'esprit de parti et par les journaux, n'en sunt cependant ni moins importantes ni moins urgentes. Secondement,. MM. les ministres se (Convaincraient par eux-mêmes «pie la politique est jugée dans les départements bien plus sainement «pielle ne l'est à Paris; les esprits y sont inlininK'nt plus sages, plus reposés, plus avancés. Touies les gran<ies agitations des petites coteries lais- ^eIlt la pro\ince impassible, iiidifrérent(*, dédaigneuse même.

A Paris, la politique consiste a recueillir «pielques suOra-

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