IV. M
» dus à notre cause par les ministres du 29 octobre, f- Quels sonl donc ces inïmonscs servi(»os?
En 1840, In qucslion de \i\ Syrie, mal engcigoe, avait fait peser sur la France un risque de gueire:
En 1847, esl-ce que la question des mariages espagnols, mal dénouée, abandonnée Irop tcM à elle-même, ne fail pas planer également sur la France une éventualité de guene. mais infiniment plus grave ?
En 1840, nos finances séiaient ressenties de lemotioD causée par le traité du 15 juillet: Tétat n'en était pas satisfaisant ;
En 1847, est-ce que nos finances sont dans un état plus satisfaisant ?
Le 3 0/0 est tombé de 8 francs : il était à 85 francs en 1840 ; il est ii 77 francs en 1847.
En 1840, l'induNtrie et le conimerce étaient en souffrance;
En 1847. croit-on que l'industrie et le commerce soient prospères ?
Pour le croire, il faudrait ignorer qua Paiis louvrage man(iue à une iimombrable multitude d'ouvriers de toutes professions : que la plupart des manufactures, dans toutes les villes de fabrique, sont fermées ou n'occupent cjûe le quart des bras <iu Viles enqiloient ordinairement.
En 1840. rin(|uiélude était dans beaucoup dVsprits:
En 1847, le Journal des Débats aflirmerait-il qu*une inquiétude filus grave, plus générale e! plus fondée nVxiste pas?
Le Journal des Débats le dit avec raison : « Les îtlusions >' ne serrent à rien. >• Eh bien ! si les illusions ne servent è rien, qu'il achève donc de se dépouiller iU" celles qui lui restent encore.
Qui' le Journal des Débats nous permelle de le lui dire : si nous le ti-ouvons enciUH» trop provenu en faveur du ministère, en retour, nous K» trouvons trop <évi»re, presque injust*» à l'égard de la majorité, qu'il accuse de s'être € licrée à ses fantaisies. »
A quelles • fantaisies »» s'esl-elle donc laissée aller?
N'a-l-clle pas rejeté les propositions de MM. Duvergier de Haur.nnne, de Rémusat, Crémieux, Berville, etc.?
N'a-t-olle pr.s repoussé h 26 voix do majorité la réforme postale?
"Enfin, que n'a-l-ellc pas volé!
L'uni(pie fantaisie que la majorité se soit permise, la seule, a été l'adoption de la proposition relative à la réduclion de Timpùt du sel î
a 5t le ministère, si le parti conservateur soûl Jans une » situation telle qxills ne irsisteraient pas taie seconde ses- » sion semblable à celle qui achève en ,ce moment de s^écou- » 1er, » de l)unne foi est-ce à celte unique fantaisie qu'il convient de Timpuler?
En quoi la majorité a-î-ellc fait ohslacle au ministère? Est-ce donc elle qui Ta empêché de mûrir et d'élaborer ses projets? « 5î/ on a vu le ministère varier, abandonner les 9 projets quil avait présentés et les reprendre selon le vent 9 qui soufflait dans la Chambre, » h qui la faute? Est-il juste de l'imputer aux fantaisies de la majorité? la faute no retombe-l-elle pas tout entière sur l'insouciance, l'incurie, la faiblesse du minislère ?
Certes, on ne nous accusera pas dVMre suspects de partialité en faveur de la majorité, mais avant tout la justice ! Eh bien î il faut en convenir, le seul reproche qu'ait mérité la majorité, c'est celui d'une complaisance envers le cabinet poussée jusqu'à l'aveuj^Iement. Le Journal des Débats la calomnie quand il essaie de justifier le ministère h ses dépens.
Le minislère seul est coupable, la majorité ne l'est pas. Accuser la majorité, ce n'est pas seulement manquer à la fuis h la vérité et h Téqm'té, c'est encore entretenir le minislère dans une erreur funeste. Il n'est déjà que trop enclin à s'en prendre a d'autres de ce qu'il ne devrait imputer qu'à lui seul. Ce n'est pas en l'abusant ainsi que le Journal des Débâts le sauvera. Encore une fois, ccromc le Journal des Débats l'a très bien dit : « Les illusions ne s^rotm à
» rien, »
ïv.
xxwin.
31 juillet 1847.
Lo Journal (Ips Débat r no sVinnnorn jjns qiio nous ro venions sur son nrhVlo du 28 juillet 1847. CenVlail pas un jIi» ces arlieles écrilsàla \\hU\ snus les fcHix enkisés «le la poléniique.el inséré ineonsidérénienl. Ttiusles molson avaient été s«)i^neuseni(»nt pesés: aussi tous <mt-ils p(»rlt». L'efTet de eet article avait été prévu el, s'il n'est pas allé au delà du Imt, il n'est pas resté en {\k'c\\. Tn j uir : — telle est la l^ngévité ordinaire d'un article: celui-là vivra six ni .is au moins, et s'il arrivait qu'on l'oiddiAt. l'ouverture lîela prochaine session en raviverait h» s. u venir, cl arraclierail a l'oubli ces mots : « Oui. la session n'a pas été bonne: lase*;- * si;in procliaine. si elle n'était pas meilleure, serait fu- »> neste. » Mais ce n'est pas sur ces mots (pie iu»us mais proposons dinsisler de nouveau; où nous voulons auj urd'hui nous arréler c'est à ceux-ci : <• Nous ne sonunes pas " assez insCH'-és pour voujiiir décapiter notre p;irti de n s M propres mains. Nous n<» cr.n.ns pas que la majorité, la »» Chambre, le pays, aient beaucoup d'hommes de rech:»!*:'.» ^' delà force, ducaraclèn» et du tali'nl de M. Ciuizot el de M. K DucluMel. '• •
Quehpie peu de c impleque MM.Ciuizot et DuchAtel nj^iis aient tenu de tout le temps fpu» nous axions pa>sé Sfius les drapeaux de la maj'irilé. des blessures que nous a\ ions HM'ues en luttant avec elle contre la c.»aiili.in pour défendre ces drux prands princijiesdetout |;;iiu\ernemei:t n»présenlalif : l'invi ilabililé royale (M la resjiniivabililé miiu'.stériclle : (h»i scMviccs que nous avions rendusii la cause de l'urdreel do la paix, notamment en iSiO.ci lie inj:ratilude ne mais fera pas tombcM* dans l'irijustic»». Se il )nner un tort est la j.iro nu:niè:'e de se ven^'cr d'ini t(MM «lont (\w a h se plaindre, car c'est h» c im;)ensrr, sinon refT.icei-.
Nous rendrons dnnc tmlt» justice» au talent «le M. Guizol cl de M. Duchrilel.I! m'(*-i pas un lajenlde tribune que nous
admirions plus sincèrrmont, plus profondément que celui de M. Guizol. Sur ks niles do sa parole, il est rare que la discussion n*atloi,îj:no pas loul de suite à une grande hauteur. M. DuchAlt'l no s'aventure jamais à lAelier le» sol : son habileté, au r.mtraire. consiste à chiisir toujours l'endroit le plus f(Mme p .ur sy pos(»r et s'y retrancher sûrement. Il ne dcfcnd pas autour de lui une f^rand(» étendue de terrain, mais celle (ju'il couvre il la couvre bien, il est h M. Guizol ce (fue le renard est à PaiiTle. Il se défie (\oi> tempêtes, et la profondeur d'un terrier lui paraît préférable à la hauteur d'une aire. C'est de la prudence plulùl «jue de la modestie. Il ne fait pas un faux mouvement : il ne d«»nne rien au hasard : c'est en cela qu'il se dislin;:ue. Il est à la tribune ce ([u'il est h la table de whist, d'cù il a chaque jour plus de peino à s'arracher. H ran^'c et compte ses ar^^uments ctimmc il compte ses carl(*s. Il médit(* ti>us ses traits avec autanl do soin qu'il calcnh» tousses c.iups. Au whist. ce qu'il s'appli(|UO surtout à connaître, c'est le jeu di» son partner pour y confjimr^r ]r sien. î);» même* ii la tribune»; soit qu'« n l'interpelle», soit qji'on lui réponde, on est plutôt son partner quo son adversaire. Aussi sa parole n*a-t-ell<» jamais d'écart; elle n'est pas infaillible, mais elh» est imjias.sible. S(»ulemenl b cette partie, c'est le pouvoir (jni est l'enjeu.
M. (inizot inqïaîiente M. Duchàtel, qui trouble parf(»is s.i séienilé: M. Duehàlel par;.I\N(» M. (inizot. dont il redoute. si rares qu'elles s >ient. les velléités d'érial. Ain-i peut .s'expliquer In sîérilite de hnir uni«»n. Finalement celte uni.:n aura nui l\ l'un et ii l'autre. Séparément. M. (iin'zot et M. DucliAtcl cus<ent eu chacun une vah'ur plus faraude. Où M. î)u<liàlel fut «nlré en conservant tous les avantages de sa pnsili .n. de s .n talent et de s n\ caractère, c*<»ùt été d«in.< une nouvelle ('«lilion (lu eabinel du 12 mailKJO, d >nt il aurait eu la présidence, et dans laquelle il eût élémini>tre des 11nances M. Diieliàtel n'a point d'imagination, mais ila rcsprit d'une rare \ rei i^i. n. Son esprit est un mètre qui DÉF^ ^ * la plus rigoureuse exactitude toute mesure 'V9 d'un homme on d'une idée. Il ^^ ^ * S pa^**"
rpiii'oiiçoil.maisil possède à un iviniirquiiljîiMlogîcriïJli'Ilif*cncc qui Of»mj)rcn(l : il n'n p,îs l'inili.itivo qui onliojiivmj. mais il a le discvriirnioiil qui applique CVsl inc^mli^NiaMomont, on co temps do disollo diiommes pjliliquos. lopivmior dos so.^nuls.
Où la vôiitahlo placo do M. Guiz)l avait éU» marqué.^, c'était au ministoriMlo riuloriour, dans lo oaliinol du 6 soptomhro 1830. lors tW la rolrailo di» M. do Gasparin. Une prrando ol invparablo faulo fui ot.mmisi»à oolto opoquo : tvllo do vouloir lonir M. (iuizol rolôf!ué au minis!^lodo^in^ll•uc- \\r,n publiqu<». ]st^i^ conséquonocs iW colto fauîo Jîo oîïI oncorc lourdomont sur n«.us. La c.ialilijin d..it lui <Mro iiuiuléo. La onalilii-n, qui a jolê la piMiurhalinn dans l'iu!o> los idées polilicpiosoldans tuulos los siluations pa!iomenlaii*'<î La 0 alilion. qui a inquimé sur la vie d*'M. (îuiz si une taol:e indélébile! La cîialilion. qui a emjiériié (pie THlal oxeoulàl loul(\s les .Ci'andos li;.'nos dt^ chemins de Ter. Ir^qurllos soraient di-puis loni^'lemps terminées ! Lao:ialiliiV.i, quia d- nné le j.»ur an ministère du 12 mai IS:J9. lr»>p faible pr.ur >Vlever à la hauleur de la questii»n d'Oi'ienl. (pi'il a pimI oruv.fîéo, el au miuisière du K"" mars iSilï. dnnl le mini.-!è:v du 29 celtibre ISSO a elé la ré;n*îi.in! La oialilim. <.ri.:,'*no o! cau.so de la plupart des é[»reuv*»s IVn'h, Mises par les<iui li^^-; nous avons pas^é depuis scpi iuis. de la plupart ilcs comj'licaliiiUs eoiilre lesquelles ii'ius luilons si péiiii»lemonl once m anenlî Lo déparlement de Tinté: ieur. îrl que .M. C.»*imir IVrier avait ou lo bon esprii de i'ananj^er p .ur lui.olapuanl tout co qui était administrai! in. ne pardani que ee (iui élr.it p liliquo. le (îéparlomont de lintérir'ur ainjii restnint. avec peu d'.illributiiins el l>eau.Mupde f -nds soorols. était oo qui onvenail lo mieux h M. (niizot qui no brille pas par in;* p:'andi' aptitude aux atViiires. nii.i.i (jUi aime pa>>ii!nr.e:iîenl y semer iarj^ent autour de lui. î à. lnuto faiblesse c -mni" toute témérité lui eussent é'é h pou pré.; imp: ssiblo.s ; là son l)oau talent d'orateur <ùt pu on toute liberté so dével >pi:cr dans sa |<lénitude ol prendre tout son essor, sans avoir à traîner lourdement le p-id^^ di-s traités de visite, dorindeni-
niié de PritchartI , des mariages -espagnob, etc. Mettre un grand or«it<^ur à la tête du ministère des affaires étrangères, c'est vouloir y attirer la foudn». L'expérience trois fois renouvelée : au 22 février 1836, au !•' mars 1840, au 29 octobre 1840, l'a assez li roulement attesté.
Pijr ce qui précède nous croyons avoir montré que nous connaissons bieij M. DucliAIel et M. Guizot, et que si nous n'ignorons pas les côtés par lesquels ils sont faibles, nous nlîésitons |)as à rendre justice aux qualités par lesquelles ils sont forts. A la hauteur d*oii nous jugeons. les hommes et les choses, les petites rancunes ne sauraient atteindre Jusqu'à nous. On doit muintenanl en avoir la certitude par lapreuNc.
Revenons-en donc h la déclaration du Journal desD^ats qu'il ren')uvelle ce matin en disant :
« Xous rroijons ce ministère le meilleur que la France » puisse aroir, »
Nous pourri'jns opposer à ces paroles du Journal des D^bats cent articles publiés en 18)0 et en 1839, où il disait do M. Guizut :
M // n'est pas pt*rmis à un hommr comme M, Guizot de se ^ jouer (le ses principes et de son talent ! » '8 janvier 1839.'
« La couronne vouso laissé de côté, il faut quelle s>n re- » pente. » 10 janvier IHiW.
« Vous avez détruit la foi que le pays avait en vous, ta ï> confiance que vous inspiriez aux opinions sages^ aux in- »> téréts sérieux: voilà le mal irréparable que vons arej » fait. 0 .'WjanNJer 1h:J9.
« Où donc est Varticle de la Charte qui porte que le roi ne » sera mi qu'à la condition d'avnir .M. Thiers et 3f. Guizot, ^ ou tout au moins 'm/i rf'S deux, pour minisire? » 2 février 1839.
« Dans la discussion de l'adresse, .V. Guizot a tenu un tonfc gag" tout démocratique qui a scandalisé, nous dironspres^ » que l'opposition elle-même. » 21 février 18*19/
*■ Vous aurez peut-être notre concours, mais jamais T estime. » 21 février ItW^
Mais nous n'abuserons pas des citations; celles-ci doivent amplement suffire pour fixer le lecteur sur Timporlancc qu'il doit attacher à des déclarations du genre de celle qui motive ces rcHexions.
N'jus ferons seulement observer au Journal des Débats qu'il a moins de mén);)ire que nous,
Alors qu'il s exprimait ainsi :
« Pourquoi donc M, Dernjer se modérerait-il, quand M. ï> Guizot semble vouloir égaler en amertume ^en violences, les » plus funestes célébrités de l'opposition ?
» Ce n'est pas la conduite de M, Odilon Barrot qui a rc- D volté le public, c'est celle de M. Tliiers, c^ est celle de M. » Guizot, » etc.. etc.
Est-ce que le parti conservateur, conduit et défendu p«nr M. le comte Mole, par M. le comte de Montalivet. décapité en la personne de M. Guizot, avait cessé d'exister? Est-ce qu'il fut jamais plus ferme, plus uni. en même temps que plus éprouvé?
Si le ministère du 15 avril 1837 n'a duré que deux années, et si le ministère du 20 octobre I8i0 dure encore, à quoi cela tient-il ? — Le Journal des Débats le sait bien : premièrement, cela tient à ce que le ministère du 15 avril 18 H, qui ne s'était pas mis au-dessus de ce qu'il considérait comme le point d'honneur parlementaire, n'hésita pas à prononcer la dissolution et h en appeler h l'opinion du pays le jDuroù il n'eut plus que huit h dix voix de m.ijori té compacte. Deuxièmement, cela tient à ce que le ministère du 29 octobre 1840 ne s'est pas retiié le jour où il s'est trouvé en minorité sur le vote de l'indemnité Pritchard et sur plusieurs autres questions de cabinet ; cela lient encore à ce que le ministère du 29 octobre, qui avait signé la convention de 1840, relative au droit de visite, a mieux aimé subir le désaveu de la Chambre, le désaveu de sa propre majorité, que d'abandonner le pouvoir.
Le parti conservateur, la majorité dévouée aux idées de gouvernement, de paix et d'ordre, a survécu au passage do M. Tbiers dans les rangs de l'opposition; il survivrait éga-
leoient à la chute de M. Guizot , nous n'hésitons pas à l'affirmer.
Non. cela est vrai, « le pays n^a pas beaucoup d'hommes * de recliange.de la force cl du talent de M. Guizot et de » M. Duchâtel, » mais à qui la faute? Quoi qu'il en soit, serail-<'e le Journal des Débats qui prétendrait que M. le cumle Mule ne conduirait pas aussi habilement , aussi fermement que M. Guizot les affaires exlérieures de la Fronce? que 3f. le comle de Montalivet a l'esprit moins juste que M. le comte Duchâlel, bien qu'il Tait plus ouvert aux iilées de progrès et (lu'il comprenne très judicieusement <iue le nrjyen de compromellre ce qu'il peut y avoir de bon dans le système de la temporisation, c'est de pousser ce syslème jusqu'à l'abus ?
Le ministère du 29 octobre 1840, pour se former et pour se recruter, n'a-l-il donc pas élé obligé d'emprunter à l'ancien minislèf c du 15 avril 1837 un gardc-des-sccaux, un ministre des finances, un ministre de Tinstruclion publique ?
Dans la Chambre des députés, il faut le reconnaître, qui donc (listMite avec plus de lucidité, de méthode, de précision et d'autorité, les questions d*aflaires, que M. Dufaure, 1 ancien roUè^'ue de M. Duchàtel dans le cabinet du 12 mai 18.19? M. Guizot en a fait l'épreuve dans la discussion do rAlgéiie, et M. Jayr dans la discussion de ses divers projets de l<ii lie (hemiiis de fer. La réforme postale a été rejetée à une faiblr majorité: mais, dans ce débat, vote à part, à qui lavanla^'e est-il reste ? Est-ce à M. Dumon ou à M. Dufaure ?
Sans que u Je pays ait beaucoup d'hommes de rechange » de la force et du talent de .M. Guizot et de M. Duchàtel, » il en ccMupte assez c<»pendant pour que la difficulté de les rem[)lacer soit loin dVlre invincible; et. quant à MM. Trézel. Jayr. .MonlelwHo, Cunin-Gridaine et lléluM-t. serait-ce donc inp s avancer que de prétendre que. dans une combinaison nouvelle, leur équivalent, ou moins, serait facile, très fairile a tnjuver ?
In cabinet con.servateurdont ne feraient partie ni M. Gui-
zol ni M. Duchùtel (nous allons au devant de Tobjeclion^ devrait s'attendre h être vivement harcelé par les quarante ou rinquant<î optimistes dont se compose aujourd'hui lêtatmiijor mihislêriol. Mais, personnelle et passionnée, ne s* abrilant derrière aucun principe, et ayant contre elle une expérience do sept années, une telle opposition serait peu redoutable. Plus elle serait Acre, plus elle s'agiterait, et plus elle relierait élroileilient le centre gauche au centre. Pour quarante voix qu'on perdrait d'un côté, on en acquerrait quatre-vingts de l'autre.
Nju, gnUes h Dieu, les destinées du parti conser\'aleur, raffermissement de nos institutions et de la dynastie ne reposent pas exclusivement sur les deux lélesde M. Duchâtel ctde M. Guizot.
Oui, le miiiislère a fait triompher dans les élections lo parti conservateur; mais qu'importe qu'il Tait fait triom* pher dans les collèges électoraux, si, dans la chambre élective, il emploie si mal sa majorité qu'il la discrédite, qu'il la déconsidère, qu'il la perde dans l'opinion du | aysî S'il n'achète chèrement un peu de présent qu'en sacrifiant Tavenir.
C'est là notre crainte, notre crainte profonde et sincère, crainte auj )urd'hui partagée par tout ce qu'il y a d'indépendant, de clairvoyant et de prudent dans le parti conservateur, crainte que lé Journal des Débats lui-même trahit par l'excès des efforts qu'il fait pour la cacher.
8 août 1847.
Si une dernière illusion avait pu nous restcr.sur les desseins et les deslins du cabinet, après les discours des 24 cl S6 mars 1847, prononcés h la tribune de la Chambre des députés par M. DucliAlcl et M. Guizot, le discours prononcé a la tribune de la Chambre des pairs par M. le ministre des affaires étrangères, en réponse à M. le comte de M mtalembert, nous l'eût enlevée.
LE CABLNET DU » OCTOBaE 1840. 617
L*optim!sme du cabinet est décidément incurable.
Cet optimisme a résisté h tout ! II a résisté aux civertisscmcnts donnés par les députés conservateurs les moins suspects: il a résisté au btàme infligé par les commissions les plus indulgentes; il a résisté à la scission de la Presse; il a résisté au refus significatif de l;i part de tout homme de queltiue valeur, de quelque importance, d'accepter la succession Viicante de MM. Lacnve-Laplagne, de Mackau et Mjline Saint-Yon ; il a résisté à ia nécessité où le cabinet . 8'est trouvé, pour se recruter, de procéder par voie d'appel, comme on recrute l'armée : ce n'est qu'à leur « corps dépendant que trois hommes courageux ont accepté par dévouement les fonctions qui leur ont été imposées (1); » il a résiste aux vériléi que luf a dites un des membres les plus dévoués de la maj.orifé, M. Desmousseaux de Givré ; il a résisté à la correspondance et aux rapports peu favoral)les des préfets ; H a resist(» au tableau de la situation actuelle tracé par un des plus inlinies amis de M. Guizot,M. le comte d'Haussonville. gencbv de M. le duc de B.'oglie; enfin, il a résisté même aux aveux accablants du Journal des Débats !
.M. le Ciimle de M.mtalemberl pa^^siuit en revue dfïns la sessirtn. « nm pas ce qui s'est fait, puisque rien n'a été fait, » mais ce qui ne s*t»sl pas fait ^m ril^. » s'était exprimé en » ces termes :
« Enfin, le nnt de la session, on Ta dit il y a peu de » tenïps, et comme on peut le dire bien plus encore aujour- » dhui. le mot de la session, c'est... RIEN. Assurément, » personne ne me contredira si j'affirme que. depuis trcnle- » trois ans que le gouvernement représentatif existe en i> France, on n'a jamais vu de session qui ail commencé » avec une mtijorité aussi nombreuse et qui ait abouti h un » néant plus complet. »
Ou a répondu M. Guîzot? — 11 a répondu :
« Une session dans laquelle une Chambre nouvelle et un » ancien cabinet se trouvaient en présence, dans laquelle
(V Aveux de M. 1« comte d^IUa^tooville.
vote politique; une majorité sur laquelle le ministère était d'avance oxaetcmont fixé.
Nombreuses lois préparées! — Où sont-elles?
Liberté de V enseignement ! — Mais voilh dix-sept ans qu elle est promise. Trois projets ont été présentés, trois rapports ont été faits : la question s'est compliciuée : elle ne s est pas mûrie.
Emancipation voloniale! — C'élail, de toutes les graves questions (jue nous avons à résoudre, la moins pressée- Comment, au surplus, a-t-elle élé résolue? Traduisez : sati5 faction donnée à T Angleterre et à M. le duc de Broglie.
Régime pénitentiaire! -- Quosihm dont Tétude remonte à 18.JG, aux ministères de MM. dcGaspaiinet de M;jntalivet, question débattue à la Chamhre des députés, et qui en est à son deuxième rapport.
flrijime des douanes ! — Pour en avoir parlé avec tant de solennité, il faut, en vérité, que M. Guizot n'ait lu de Cd pri jt't de loi que» le tiln» et pas le texte, ni les tableaux, mais surtout pas l'exposé des motifs. La chicorée mvoulue, le curcuma en poudre et le nankin ne sont plus prohibés.
Voila d.inc les (piatrr an^'Ics du monummt ministériel : n.>n pas qua'iv ivf )rnï»'s. mais (juatre pn»ji'ls.
Laju^te nu\sure du temps! — Dix-sept ans, nous allions dire p »ur rooutirr, rVsl pour ne pas lésoudre qu'il faut dire, dil-scpl ans pi>ur ne pas re> )udre la (piestion de la liberté iW rensciLrnemcnt... Mais c'est plus (pie n'ont duré tous en-riubie, rAs>enib!ée consliluante, la C )nv<'ntion. le Direclnjrc ri le (1 iiiMilal. qui ne duièn»nt «pie quinze années. C*e>l plus (jue ne \e;'ut l'empire, qui ne vécut que dix anné*».'*. (! e>i plus que ne réj:na la Ueslauralion. qui ne réfoia que quinzi» ans.
La juste mesure du temps! — (,)u*«*>(-<*e que cela veut dire "/ La mesure du tenq)s se lej^le ^u^ la valeur des h'»mm!*.^. (ielte nïe>ure n*e>l pas la même piur ton> pour celui qui d »rl et pour celui «jui veille, p lur l'ouvrier ^jui tnivaille et p>ur l'ouvrier qui ne fait rien, pour lo mintstiv qui
(i ^nt siirloiil à laisser une mém >ire illustre et pour le roiiiislrc qui lient uniquement à rester niinislrô le plus grand nombre de JDurs possible.
La pjstérilê ne demande pas aux hommes d'État qui ont eu le pouvoir eonihien de temps ils Font gardé, mais ce qu'ils en ont fait ? Klle nes'arrùle pas à eompter les aimées; elle omple les œuvres. A ee comple-là, la 1 »nj:évité du miiuslère du £9 oelobre n'aura pas élé longue.
El eependanl il est sur le poinl d'entrer dans l<i huitième année de son existence! huit années de pouvtiir, en pleice paix, avec un budget de plus d'un milliard dette publique en dehors;, avec une puissance de crédit presque illimitée, mais c était un fait immense, un fail dont peut-être il ne se présentera pas de bnglemps un second exemple! Quelle belle ceeasijn c'était pour donner à la dynastie nouvelle des fondations si profondes qu'elle fût inébranlable! Pour changer la paix, de trêve en système! Pour donner h ces paroles célèbres : La paix partout, la paix toujours, un sens qui les f^lHifiAtî Pour faire servir ratîernnssemenl de Tordre m.ilériel à rélid)lissement de l'ordre moral! Pour faire conc. urir tous les élus de rintelligence ii Ja solution de tt)Ules les quesliims qui se rattachent îi l'extinction du paupérisme, à la répartition du travail, à l'organisation de la prévoyance, dont ré;)argne constituée n'est que le premier degré, etc.. ele.. etc.!
Si, durant <*es sept années écoulées, rien de grand n'a élé accGnq)li, que faul-il attendre de l'avenir? qu'en faut-il espérer ?
Plus encore que M. le c:)mte de Montalemberl, au risque d'encourir le» reproche de précipitation, nous avons V impatience, le désir (Ven /?/ï/;\pouniuoi? Nous allons le dire. C'est que nous avons h» pressentiment ([ue d'immenses difTicultés, que de graves complications s'amassent surnos tètes. Le jour où ces complications et ces difficultés que Ton pouvait prévenir viendront fondre sur nous, ce jour-là, il bera trop tard pour utiliser le temps précieux qu'on aura perdu. Ce jour-là. on déplorera amèrement de s'être laissé bercer
(i Mit surtout il Inissrr une mém >ire illuslre cl pour le ministre qui tient uniqueuienl i\ rester niinistrO le plus grand nonibn* de JDurs possihie.
La p.»^lé^té ne dtMnande pas nu\ hommes d'Htnl qui ont eu le pouvoir cjnihien de lenijis ils Tonl gardé, niais ce qu'ils en ont fait ? Klle nes'arrcMe pas à compter les «nnéci: elle c.»niple les (cuvres. A ce c»)n)pte-là. la 1 mj^'èvilé du nii;u.>tèi'c du £9 octobre n'aura pas élé longue.
Kl cependant il est sur le point d'entrer dans la huitième année de son c\i>lence! huit années de pouvoir, tn pleine paix, avec uii hudj^'ct de pins d'un milliard délie publitjue en dehors, avec une pui-san(*e de crédit presque illimitcei mais c'était un fait innnense, un fait dont peul-ètre il ne se présentera pas de Ijngtemjjs un second exemple! Quelle belle ( ccasi )n c'était pour d mner à la dynastie nouvelle (\{i6 f )ndalions si piofondes qu'elle fût inébranlable! Pour changer la paix, de trêve en système! P.mr donner h ces panilcs célèbres : La pai.r partout, la paix toujours, ud sens qui les fil.uiliàt î Tour faire servir ratîennissement de l'urdre m.itériel à réli:blissemenl de Tordre murnl! Pour faiie conc uiir tous h's élus de rinlelligence àja solution de t.iutes les (juostiuis (pii se rattachent à Textinction du paupérisme, à la lépartition du travail, h rurganisation de la prévoyan(*e. dont réparj^Mie constituée n'est que le premier degré, etc.. eh\, oie.!
Si. durant ce^i sej)l armées écoulées, rien de grand na clé acconqili. que faul-il allendre de l'avenir? qu'en faut-il espérer?
Plus encore que M. le cjmte de M inlalemberl. au risque d'encourir lo repr.M-he de prccipitation, nous avons Vimpa-ticncc, le dcsir d'rn /»/î/V, pourquoi? Ni»us allons le dire. C'csl que nous avons le j»re.'»>e:itimenl que d'immenses difficultés, que de graves complications s'amassent sur nos létes. Le jour où ces complicali »ns et ces difficultés que ion pouvait prévenir viendront findre sur nous, ce jour-là, il sera trop tard pour utiliser le temps précieux qu'on aura perdu. Ce jour-lh, on déplorera amèrement de s'être laissé bercer
par la voix de M. Guizjt, de sVHre laissé endormir p.ir ses paroles opincêes sur la <• juste mesure du temps. »
Lhîniuni'piMil perdre un jour, c;ir sa deslinée est la seule dont il répond : mais un f^ouvernemenl n'a pas le droit do perdre une heure, earsur lui pè>e la responsabilité de luute la deslir.ce d'un |>euple.
23 ft'vri rit» 13.
Le ministère se relire.
M. le e >nile M )lé a été appelle par le r<»i.
C'est M. Guiz »t hii-mt^iiie qui e>t m inlè à la tribune de la Chambre des i\v\ u!éspour l'annoncer au mr.menl où M. Sallandrt.uz;'. au n.iu des con.MTvateuis-prrgressistes. allait déposer sur la tribune une molion ainsi eoneue :
a La Chand)re, profondémenl rmue dos événements qui » s'acc m[)li.>î:enf, s'adresse respeetueust'inent à la haute » sagrrse du nii p* ur le pritT d'aviser et dt* faire, par les » mj>('nse(»nstilutionnels. ee que la {.cavité des eircjtns- » tances réclame dans linlérél de l'ordre el de la lil)erîé. »
Dans l«»s (piartiers de Paris cù la nr uvcile de la retraite du mini.stére s'est rapid«'ment répandue, elle a élé nreuoillie avec di»s transports ti'enthoasiasme.
Ce soir tentes les maisons sont illunur.ée.s: mais les boulevard.i sont <;bstrués par la multitude éclairée par des torches; d'immenses attroupements cernent l'hôîcl de la pié>iden('e du eon.seil.
La majorité n'a pas voulu, faute grave, immense, irréparable peut-être. que le ministère ti.mbilt dans la Chambre: il lombi» dans la rue: la maj;)riié n'a pas v.adu que le minisicrc tombât, disait-elle, dans la boue : il tombe dons le sang!
nu DO TOLCXF.