FRANCS
Puis on lisait :
Constitutionnel, 27 février :
« La légion de cavalerie de la garde nationale de Paris a souscrit pour 1 ,500 fr. en faveur des blessés. »
C'était à qui s'inscrirait et souscrirait !
Cet élan est attesté par le National des 26 et 27 février :
National : 26 février.
Souscription nationale en faveur des blessés.
La maison Laffltte, Blount et comp. 1,000 fr.
La Compagnie du chemin de fer de Rouen 1,000
— — du Havre 1,000
— — de Boulogne 1,000
M. Javal (Léopold) 1,000
National : 27 février.
La Société d^ encouragement pour la race des chevaux (Jockey- Club) 5,000
M. Scribe (de l'Académie) 500
Messageries de la rue Notre-Dame-des-Victoircs 1,000
National : 1" mars.
MM. Rougemont Lowenberg, banquiers 12,000
Laftltte et Blount, banquiers 9,000
Aguirre-Veiigboa et Urribaren, au nom de la Banque
espagnole 6,000
Lord Seymour et lady Seymour, sa mère 2,000
Jean-Charles Davillers et comp., manufacturiers. . . . 4,000
F. Basse et Samson Davillers 1,000
La Société du canal de la Sambre à l'Oise 1,000
Félix Verne et comp 3,000
L'administration du chemin de fer d'Orléans à Bordeaux. 2,000 \
M. Chabrier, propriétaire 1,000
National : 10 mars.
La Compagnie des salines de l'Est 1,000
Quittons les bureaux du National pour nous rendre dans ceux de la Patrie., où, dès le 26 février, une souscription a été ouverte, et où les premiers noms inscrits sont ceux de
MM. DELAMARRE, LEROY DE CHABROL ET COMP®, CC qui prOUVC
une fois de plus qu'en février 1848, comme en juillet 1851, M. Delamarre et la Patrie n'ont jamais fait qu'un, et ont toujours été animés du même esprit :
La Patrie : 26 février.
Souscription ouverte dans les bureaux de la Patrie et du Commerce, pour les blessés, les orphelins et les veuves des journées des 22, 23 et 24 février.
Maison Delamarre, Leroy de Chabrol et comp 3,000 fr.
L'administration des deux journaux le Commerce et la Patrie . 2,000
La Patrie : l'' mars.
La rédaction de la Pa^rte et du Commerce 200
Assez comme cela de noms de souscripteurs !
On vient de voir que, dès le 26 février, M. Delamarre se hâtait de faire souscrire sa maison de banque pour 3,000 fr., et ses deux journaux pour 2,000 fr., ensemble 5,000 fr. Maintenant on va voir quel esprit régnait à celte époque dans la presse qui, depuis, est devenue si hostile à la République.
Le 25 février, la Patrie célèbre en ces termes la révolution de la veille :
« Les départements suivront tous le sublime mouvement de Paris. Mais il
y a dans les départements, à la tête des divers services, des hommes habiles da7}s la trahison, qui feindront d'accepter le régime républicain, nourrissant dans leur cœur de coupables sympathies ; hier, courtisans du mono pôle, ils se feraient les courtisans du peuple, platement, avec des haines sous leur platitude.
» Il faut dos hommes nouveaux aux choses nouvelles.
» Le gouvernement provisoire enverra donc immédiatement dans chaque département un commissaire du gouvernement provisoire, pour révolutionner le département, c'est-à-dire remplacer les hommes et les systèmes, faire rentrer dans le mépris public dans lequel ils ont vécu les hommes de la corruption et des abus ; rétablir partout sur de larges bases le régime de la justice^ des mœurs, delà bonne foi, des vertus populaires.
» Xous le disons de toutes nos forces aux citoyens qui forment en ce moment la commission executive du gouvernement provisoire :
« Venvoi des coinmissaires est Tœuvre la plus uegente qu'ils aient à accomplir. La France entière saluera ces commissaires avec acclamation, et se groupera sous leur direction en autant de faisceaux républicains qu'ai;cune coalition extérieure, aucune trahison intérieure ne pourront briser !
» La royauté est éteinte en France.
» Elle a été frappée de mort dans la personne de Louis XVL Elle ne s'est pas relevée par l'effort et le génie de Napoléon. Louis XVIII l'a vainement fait transiger avec les temps nouveaux. Charles X a succombé à l'impossibilité de la transaction. Uastuce devait essayer, à son tour, de reconstituer et de conserver la forme détruite. Mais l'œuvre de Vastuce a été écrasée par toute une population héroïque dans le mépris et la haine.
» Soyons grands comme la justice, TERRIBLES comme elle pour ses ennemis, bienfaisants comme elle pour ses amis, n
a La conduite d'un grand nombre de Polonais a été admirable dans nos belles journées. Ce sera une glorieuse page à ajouter à l'histoire de cette héroïque nation. Ils ont partout travaillé aux barricades, et, en attendant le moment de rentrer dans leur chère et malheureuse patrie, ils vont demander au gouvernement provisoire l'autorisation de former une légion qui s'appellerait : la légion polonaise. »
« Il y a dans l'Algérie un gouverneur-général, fils du roi déchu, et peut-être (nous espérons nous tromper) des créatures toutes prêtes encore à soutenir le gouvernement déchu.
» Ce fils de KOI, ces créatures, peuvent, dans leur désespoir, invoquer l'appui d'une puissance étrangère.
» Ce fils de KOI, ces créatures peuvent donner asile à des ennemis remuants.
« Il faut que le remplacement du gouverneur-général s'accomplisse, dans l'Algérie, avec habileté et rapidité, o
Le lendemain 26 février, la Patrie reprenait :
« Napoléon avait dit sur le rocher de Sainte-Hélène, oii l'avait conduit la défiance des instincts populaires, il avait dit : « Avant cinquante ans, » l'Europe entière sera républicaine ou cosaque. »
» Elle sera républicaine. Nous en avons pour garant l'héroïque courage d'une population invincible, et dont rien ne saurait désormais comprimer la force d'expansion !