RÉVOLUTIONNAIREMENT
» Je m'explique.
» La majorité se montrant de plus en plus hostile et conspiratrice, arborant, aux élections de 1852, le drapeau de la monarchie et de la contre-révolution, comme elle l'a fait aux élections de 1850, toutes négociations entre le parti conservateur et le parti du miiuvcment sont rompues; au lieu d'une réconciliation , nous avons l'antagonisme , la guerre. Or, la majorité nous a appris elle-même que l'état de guerre a pour effet de suspendre la Constitution et les lois. De môme qu'en faisant l'expédition de Rome elle a subordonné la Constitution à ce qu'elle appelait le salut public, de même nous aurions le droit, en prêtant main forte à la réélection de M. Bonaparte , de subordonner la Constitution à ce qui serait aussi pour nous le salut public.
» Tout cela, monsieur, est la conséquence nécessaire de votre projet de transaction entre la démocratie et le président; et si vous n'en avez jusqu'ici tenu compte, il y a longtemps, pour ma part, que je l'ai fait entrer dans mes prévisions. J'ai assez bonne opinion de la démocratie pour croire qu'avec un homme digne de sa confiance elle n'hési-
terail point h entrer dans cette politique agissante. Mais la démocratie ne peut rien par elle-même, tandis que le président de la République peut tout. Or, malgré les bruits qui circulent, et auxquels j"ai eu par moments la faiblesse d'ajouter loi, je no pense point que M. Bunaparte, forcé d'accepter pour allié le parti républicain, ail le courage de pousser jusqu'au bout l'entreprise. M. Bonaparte me paraît toujours plus désireux de régner avec le parti conservateur, que de présider une République de démocrates : ici, les actes, qui valent mieux que les paroles, sont éloquents.
» Si le président de la République, en même temps qu'il propose le rappel de la loi du 31 mai, déclarait se séparer entièrement des idées réactionnaires ; s'il entrait avec résolution dans une politique nouvelle ; s'il disait à la majorité : a La loi du 31 mai n'est pas la seule atteinte qui ait » été portée à la Constitution et à la paix publique : il est » d'autres actes sur lesquels la justice nous commande au » plus tôt de revenir. Au dehors, le droit des gens a été » violé par l'expédition l'omaine : le gouvernement prévient » l'Assemblée nationale qu'il va expédier des ordres pour » faire cesser la tyrannie papale, assembler des comices et » rendre au peuple romain le libre exercice de sa souverai- » neté. Au dedans, les lois sur la presse, les associations, » l'enseignement , l'état de siège , le désarmement des » gardes nationales, etc., sont autant d'outrages à la Cons- » titulion et à la liberté. Le gouvernement propose d'ur- « gence la révocation de ces lois, et, provisoirement, il dé- « clare qu'il cesse d'en procurer l'application. »
» Si, dis-je, le président de la République tenait ce langage à la majorité; si, par son refus de concours, il se posait hautement comme l'organe et le représentant de la révolution; s'il donnait à la démocratie les gages qu'elle a flroit d'exiger, oh! alors, il est évident que la loi du salut public pourrait recevoir son application ; peut-être même cette éventualité serait-elle pour nous la plus heureuse. La Montagne serait honnie, si elle se refusait à de telles avances.
» Mais soiit-ce là lus ci)iuliliiiiis (]Lit' nous l'iiit M. Bonaparte'? Non. M. Bonaparte dit ou laisse dire que son unique but, en demandant le rappel de la loi du 31 mai est d'aider, par la popularité, à sa réélection ; pour tout le reste, il proteste avec plus d'énergie que jamais de son union avec la majorité. On dirait que, d'accord avec elle sur tous les points, un seul excepté, il lui demande pardon de lui forcer la main. M. Bonaparte veut le Peuple et la présidence : il ne veut ni de la révolution ni des démocrates. Tandis que ses généraux, par leurs ordres du jour, continuent de faire trembler les populations, lui, il continue, dans son Message, à lancer l'interdit sur les anarchistes, les ennemis de la propriété et de la famille ; on sait ce que cela veut dire. Et ce n'est pas tout. M. Bonai arte passe pour être inféodé à la majorité par des liens secrets et indissolubles
» Je vous le demande, monsieur, dans une situation si obscure, à travers tant d'appréhensions légitimes, une transaction, et de l'espèce la plus délicate, puisqu'il s'agit presque d'un complot entre le président de la République et les républicains, est-elle possible?
* Vous me direz que M. Bonaparte ne peut pas tout donner d'une fois ; qu'il faut, comme à tout débiteur, lui accorder délai ; que le rappel de la loi du 31 mai contient en principe tous les gages désirables. Mais je vous ferai observer que d'ici aux élections pour la présidence, il n'y a plus même six mois ; et qu'en six mois il reste à peine le temps au président de la République de fournir des garanties, et à nous de prendre nos sûretés. Il faut agir, et sur-le-champ ; sinon, point de transaction, point de réélection, et la candidature de M. Changarnier, c'est-à-dire la guerre.
» Je me résume.
» Oui, je suis partisan des transactions politiques, puisqu'en dernière analyse la société ne marche que par transactions ou par insurrections; et que. comme dit le proverbe, le plus mauvais arrangement vaut mieux que le gain du meilleur procès.
» Oui. dans les termes où l'accord entre le président de
la République et la démocratie est proposé, cet accord me paraît désirable.
» Oui, enfin, avec des adversaires de mauvaise foi, par raison de salut public, et pour soutenir une candidature h la fois populaire et révolutionnaire, j'irais jusqu'cà enfreindre le pacte social. La faute n'en serait pas à moi, qui me trouverais placé dans le cas de légitime défense ; elle serait à l'ennemi.
» M. Ronaparte entend-il comme vous le marché? Qu'il se hâte de faire croire à sa conversion! Qu'il donne ses gages ! Jusque là, je garde mes méfiances ; et je reste, visà-vis de lui, dans la même disposition qu'auparavant. Il n'y a rien de changé pour moi parle rappel de la loi du 31 mai : il n'y a qu'un péril de plus.
» 3Iaintenant, monsieur, un dernier mol.
» Je vous ai fait ma profession de foi, si je puis ainsi dire, stratégique , et je n'entends nullement la retirer. Mais, de même que je place la foi publique au-dessus de tous les scrutins, de même je préfère, à toutes les transactions du monde, l'exécution loyale des engagements, le respect pur et simple de la loi.
» N'est-il pas humiliant jjourla conscience humaine, que majorité et minorité, parti du mouvement et parti de la résistance, quand la Constitution est si claire, nous en soyons à nous disputer l'appoint d'un homme ? Que nous surtout, gens de la République et du droit étroit, nous ayons l'air, en mettant en balance la protection de M. Ronaparte et la révision même légale du pacte, de mettre pour ainsi dire à l'encan la République elle-même?... Ne vous semble-t-il pas que cette pauvre démocratie, si bien purifiée par trois ans de persécution, aura perdu, par cette combinaison, à coup sûr avantageuse, mais peu rigoriste, quelque chose de sa virginité ?
» Votre esprit, essentiellement positif, vous entraîne de préférence aux accommodements , et vous rend peu sympathique aux rigidités de la vertu. Poursuivez donc, monsieur, votre tâche, mais sans prétendre violenter les imagi-.
nations moins hardies. Peut-être y a-t-il du dévouement à se faire, suivant l'expression de saint Paul, anathème pour le salut du peuple. Quant à moi, dans la nullité absolue où je suis réduit, dans les ténèbres profondes où nous sommes plongés, en présence de l'égoïsme des grands, de la ^^olère des opprimés, de l'ignorance des masses, je ne puis exprimer d'autre vœu que celui qui se lit sur la tranche des pièces de cent sous : Dieu protège la France ! « Je vous salue, monsieur, bien cordialement.
» P.-J. PROUDHO^ «
.1 M. P.-J. Proudhon.
Paris, le 7 novembre 1851.
(( Entre vtjus et moi il y a l'épaisseur des portes de deux prisons : de votre prison où vous avez pour geôlier la Compression ; de ma prison où j'ai pour geôlier le Travail, geôlier non moins inexorable que le vôtre , et qui m'empêche d'aller causer avec vous au lieu de vous écrire.
>' La double épaisseur des portes qui nous séparent peut seule expliquer comment vous m'avez si mal entendu . si peu compris.
» Je soupçonne que vous lisez, à Sainte-Pélagie, la Presse plus rarement ou moins attentivement que le National et le Siècle.
» Où donc avcz-vous vu que j'aie jamais proposé quoi que ce soit qui ressemble à « une transaction entre le président » de la République et la démocratie ? »
» Je n'ai proposé et je ne propose aucune transaction ; j'ai proposé le retour ii l'application des principes ; r'cnde plus, rien de moins.
» Ce qui a pu vous induire en erreur et vous faire prendre le change, c'est qu'en même temps que j'insistais sur la nécessité d'abroger la loi du 31 mai. je m'appliquais à dé-
montrer ;m Président que, s'il voulait la révision de la Constitution, ce chemin était le seul qui pût l'y conduire.
» En effet, si la loi du 31 mai 1850 n'avait pas existé, je n'eusse pas compris (pie l'Opposition volât contre la révision de la Constitution.
» La Constitution met une restriction à l'exercice du suffrage universel.
» Partisan absolu du suffrage universel, toute restriction, sous quelque nom, sous quelque prétexte qu'elle se cache, m'aura toujours pour adversaire déclaré.
» Mon esprit est ainsi fait que je ne comprends pas plus l'éligibilité restreinte par la Constitution, que l'élection restreinte par la loi du 31 mai.
» Telle est, à cet égard, ma manière de voir, que si, le lendemain du jour où le suffrage universel aura été rétabli, il ne se trouve, dans l'Assemblée nationale, aucun représentant du peuple pour proposer, avant moi, la révision de la Constitution, j'userai de mon droit d'initiative, et la proposerai avec la ferme persuasion que je fais, à la fois, preuve de logique et acte de prévoyance.
» Alors, il sera clair et incontestable que je propose la révision pour elle-même et pour elle seule.
« Je compare la révision de la Constitution au second tour d'une serrure dont l'abrogation de la loi du 31 mai serait le premier, et. je dis : Il faut être conséquent; si l'on veut ouvrir la porte et sortir, après avoir tourné le premier tour, il faut tourner le second.
» Où donc, encore une fois, y a-t-il là une transaction ?
» Faire luire la révision de la Constitution aux yeux du Président en exercice, qui aspirait visiblement à la rééligibilité, c'était se servir franchement du mobile qu'il offrait, mais sans qu'il en coûtât rien, absolument l'ien, au principe de l'entière souveraineté nationale.
» Déclarer que h\ Majorité constitutionnelle des trois quarts des voix plus une n'aurait plus de motif de persister dans son vote du 19 juillet 18ol contre la révision de la Constitution, dès que la Majorité absolue de la moitié des voix plus
une aurait cessé de persister dans son vote du 30 mai 1850, lequel a supprimé le suffrage universel, c'était enlever judicieusement à toute susceptibilité ombrageuse tout motif et tout prétexte de résistance, c'était ramener des deux côtés, — droite et gauche,— les votants sur un terrain nouveau où. ils ne fussent plus ennemis: c'était trancher la question de forme, mais sans dénaturer en rien la question de fond.
» Comme vous, et aussi haut que vous, en 1850. et jusqu'après juillet 1851, j'ai dit et soutenu dans plus de cent articles, qu'aucun vote de la révision de la Constitution n'était rationnellement et honorablement possible tant que le vote universel n'aurait pas été préalablement ou simultanément rétabli. En effet, si la Majorité constitiUionneUe des trois * quarts des voix plus une eût, le 19 juillet 1851, voté la révision de la Constitution sous l'empire de la loi du 31 mai, un tel vote eût été une lâcheté, une honte, une trahison.
» Je ne comprends donc pas cette partie de votre lettre où vous supposez un désaccord (jui n'a jamais existé entre vous et moi, entre le Peuple et la Presse.
» La question telle que je la pose est la question la plus simple du monde ; c'est une question de bon sens et de bonne foi où n'entrent aucune arrière-pensée, aucun calcul caché.
» Au président de la Répuhli(jue. j'ai dit :
« Voulez-vous , le 9 mai 1852, rendre, loyalement, au » peuple français, le dépôt de sa souveraineté tel qu'il » vous l'a confié le 10 décembre 1848? proposez d'abroger » ia loi du 31 mai.
» Voulez-vous acquérir, si faible et si douteuse qu'elle » puisse être, la chance d'être rééligible? proposez l'abro- » gation de la loi du 31 mai.
» Voulez-vous grossir le nombre des voix ([u\ vous seront « données, quoique non rééligible, avec l'intention que vous )) soyez réélu, même inconstitutionnellement ? proposez l'a- » brogation de la loi du 31 mai.
» Dans toutes les hypothèses , et de quelque côté que
LA RÉVISION l)K LA CONSTITUTION. 731
» vous regardiez, le rélablissemenl du suHhtge uni\eisol » ne peut que vous être profitable , jamais nuisible.
» Si la Majorité de l'Assemblée vole l'abrogation de la » loi du 31 mai , ce vote vous profite.
» Si la Majorité de l'Assemblée repousse l'abrogation de » la loi du 31 mai, ce vote vous profite encore.
» Dans l'un comme dans l'autre cas, vous avez tout à ga- » gner et vous n'avez rien à perdre. »
» C'était incontestable ; aussi cela est-il resté incontesté.
» A la majorité de l'Assemblée, j'ai dit :
« Vous prétendez que la France démocratique est mo- » narchique, et que, si elle n'était liée par une Constitution, » elle démolirait la République pour replacer la Monarchie : » inutile de perdre notre temps à discuter dans le vide et » à interpréter plus ou moins arbitrairement le vœu de la » France; consultons-la ; consultons tous les Français âgés » de vingt-un ans, électeurs aux termes de la loi du 15 mars » 1849 ; Majorité absolue de la moitié des voix plus une , » votez donc l'abrogation de la loi du 31 mai, et la Majorité » constitutionnelle des trois quarts des voix plus une n'aura » plus aucun motif valable de ne pas voter la révision de la » Constitution. »
» A la Minorité de l'Assemblée, j'ai dit :
« Vous avez eu raison, le 19 juillet 1851, de voler contre » la révision de la Constitution, parce que le suffrage uni- » versel n'existait plus; mais, dès qu'il aura été rétabli, » vous auriez tort de continuer à vous retrancher derrière » le deuxième paragraphe de l'article 111 de la Constitu- >) tien. Qnand la guerre est finie, on désarme.
» Pourquoi refuseriez-vous alors la révision de la Consli- » tution?
» A quel titre i
» De quel droit ?
» Si vous n'aviez pas d'autre motif à alléguer que celui- *) ci : La France n'est pas encore assez éclairée, ce serait » donner raison aux royalistes vos adversaires ! »
» A chacun, vous le voyez :
I) Au Président de la République .
>' A la Majorité de l'Assemblée.
» A la Minorité de l'Assemblée,
» J'ai parlé le langage de la vérité, de la sincérité, de la loyauté ; ce langage s'est trouvé être celui de la réconciliation.
« On peut se réconcilier sans transiger.
» Transiger, c'est abandonner amiablement une portion de ce que l'on considère comme son droit.
» Je n'ai conseillé à qui que ce soit d'abandonner quoi que ce soit de son droit.
» J'ai conseillé à chacun d'être conséquent.
» Rien de plus.
« J ai conseillé à tous de prendre la France pour arbitre.
') Rien autre.
» J'aurais voulu et je voudrais encore que la Minorité dont Je fais partie saisît, à la tribune, la première occasion de notifier à la Majorité , que si la Majorité votait l'abrogation de la loi du 31 mai, la Minorité n'aurait plus de raison de ne pas voter la révision de la Constitution.
« De deux choses l'une :
« Ou cette notification diviserait la Majorité et l'empêcherait de persévérer dans son vote du 30 mai 1851 ; ou cette notification serait sans effet et ne l'empêcherait pas de repousser le projet d'abrogation.
» Dans le premier cas . ce serait le suffrage universel rétabli, ce serait la gueri'e civile supprimée; dans le second cas, ce serait la Majorité démasquée, ce serait la Majorité bafouée.
>' Votre pensée poi'te jjlus loin que la mienne, car elle va jusqu'à admettre, comme c.\NDmATURE révolutionnaire. la candidature l)onnpartiste ; elle va jusqu'à proclamer le droit qu'aurait l'opposition « de prêter main forte à la réé- « lection de M. Bonaparte et de subordonner à la Consti- » tution ce qui serait aussi pour nous le salut public... »
LA RÉVISION DE LA CONSTITUTIOiN. 733
>■) Il est vrai que vous supposez que le président de la République tiendra une conduite que je ne suppose pas qu'il tienne.
» Vous êtes, citoyen, plus bonapartiste que moi. » Point d'hypothèses fausses et invraisemblables. » Le président de la République ne sortira pas de la politique où ^DI. Barrot, Thiers, Mole et Berryer l'ont fait entrer le 20 décembre 1848. Il croit celte politique bonne, il y persévérera.
» Il faut distinguer soigneusement deux choses que Majorité et Minorité de l'Assemblée, journaux de droite et journaux de gauche, ont confondues :
« Le Message du 4 novembre ; » Le projet d'abrogation de la loi du 31 mai. » Le Message du 4 novembre est au projet d'abrogation ce que la denrée est à la balance.
» Que propose le président? — Il propose de redresser la balance qui a été faussée. Rien de plus.
» Il dit à la Majorité : ". Je crois que la politique que nous » avons suivie d'accord était la politique qu'il convenait de » suivre; la Minorité prétend le contraire. Pour arbitres » entre elle et nous, prenons la France , prenons tous les » électeurs qui m'ont élu le 10 décembre 1848, et qui vous » ont élu le 13 mai 1849, Majorité et Minorité.
» Si la France approuve notre politique , membres de la ') Majorité, elle vous réélira, et peut-être me réélira-t-elle » malgré l'article 45 de la Constitution; si, au contraire, » elle désapprouve notre politique commune . elle votera » pour nos improbateurs, et transformera ainsi la Minorité » parlementaire en Majorité législative.
» Majorité, je ne vous' propose pas de changer de poli- » tique, je vous propose seulement de ne pas vous servir » de balance faussée, car toute balance faussée est une ba- » lance fausse. C"est ce que j'ai exprimé dans mon Message. » en disant : « Ce sera rendre aux pouvoirs à venir cette » force morale qui n'existe qu'autant qu'elle repose sur un » principe consacré et sur une autorité incontestable. »
» La politique dans laquelle j'entends persister ne date » pas seulement du 31 mai 1850 ; elle était préexistante à » la loi qui a supprimé le suffrage universel, car l'expédi- » tion de Rome date de mai et de juin 1849; la loi qui a sus- » pendu le droit de réunion est du 19 juin 1849; les lois qui » ont garrotté la liberté de la presse sont du 21 avril et du » 27 juillet 1849; la loi qui a enchaîné la liberté de l'en- » seignement estjdu 15 mars 1850, etc., etc. ; donc, la loi » du 31 mai 1850 n'existerait pas, que cette politique in- » variablement suivie de])uis le 20 décembre 1848 n'en «xis- » terait pas moins. »
» Voilà le sens exact du Message du 4 novembre 1851 combiné avec l'abrogation proposée ! Il ne faut pas cliercher à lui donner un sens et une portée qu'il n'a pas.
» Vous terminez votre lettre par cette louche insinuation :
« Votre esprit essentiellement positif vous entraîne de », préférence aux accommodements... »
» Je termine ma réponse par cette simple question :
» Accommodements ! Lesquels ?
» Je vous serre la main à travers vos barreaux.
» EMILE DE GIRARDIN