LA DÉMISSION DE M. HAMELIN
18 mai 1850.
Nous ne connaissions pas M. Hamelin, le maire du troisième arrondissement; nous ne sommes donc que l'éciio passif des regrets unanimes que nous entendons exprimer à l'occasion de la démission qu'il a honorablement donnée, et que le gouvernement, dit-on, hésite d'accepter. Lorsque de tels hommes, des hommes de bien dans toute la rigide et modeste acception du mot, retirent au pouvoir leur concours , comment de tels symptômes ne font-ils pas la lumière aux yeux des ministres qui se prétendent animés d'intentions droites ? Quels avertissements leur faut-il donc de plus? Ont-ils donc entièrement oublié ce qu'il en a coûté au roi Louis-Philippe et à M. Duchàtel d'avoir méconnu, en 1847, Timporlance d'un avertissement analogue? Il s'agissait alors de la mairie du deuxième arrondissement. Dans les pays où existent la liberté de la tribune et la liberté de la presse, quiconque tient entre ses mains le gouvernail du vaisseau, doit se conduire comme s'il naviguait en effet, et être attentif à tous les caprices et à tous les écueils de cet océan qui s'appelle l'opinion publique. C est le seul moyen d'échapper au naufrage.