‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 2)Chapitre 81 sur 156 · FREUX PETIT DRÔLE · texte numérisé non relu

FREUX PETIT DRÔLE

M. le général Changarnier nie qu'il ait coneu le projet d'un débarquement en Angleterre, nun's il ne nie pas qu'il ait donné l'ordre injurieux transcrit sur le registre d'ordre de la brigade !

M. le général Changarnier trouverait-il donc la seconde imputation plus lionoral)le ou moins monstrueuse que la première ?

En tout cas, le démenti relatif au projet de débarquement en Angleterre ne s'adresserait pas à la Presse^ il s'adresserait à M. Ledru-Rollin, qui a certifié la stricte exactitude du fait rapporté par celui de ses amis qui se trouvait au ministère de l'intérieur le jour où M. Changarnier est venu y faire, en mars 1848, la mémorable proposition qu'il désavoue en juin 18521 ; il s'adresserait à M. Changarnier luimême, qui s'est plus d'une fois vanté de cette proposition sur les jjancs de l'Assemblée nationale, ce qui estr établi notamment par le témoignage désintéressé de M. Mathieu (de la Drùme). M. Changarnier se donnant ainsi à lui-même un démenti, est un fait qui n'étonnera aucun de ceux qui se souviennent de la déplorable séance du 4 janvier 1851, de cette séance où M. le général Changarnie4', montant à la tribune, osa nier l'existence d'une instruction qui, pour prouver qu'elle existait, parût le soir même dans le journal la Patrie.

Nous invitons le Journal des Débats, V Assemblée nationale^ qui ont reproduit l'article du Times, h reproduire la réponse de la Presse. 11 importe que leurs lecteurs puissent juger de la valeur du démenti donné dans l'article où M. le général Changarnier rappelle qu'on a tenté de le séduire. Si, en effet, ainsi qu'il l'affirme dans sa lettre du 10 mai 1852, (.ulix heures du matin, » on a exercé « bien souvent » sur lui toutes les tentatives qu'il rapporte, comment donc M. Changarnier explique-t-il-et justiiie-l-il les paroles qu'il prononçait, dans

la séance du 24 juin 1850, quand il insistait en ces termes sur la nécessité de voter le supplément de dotation demandé pour le président de la République :

« Je comprends les susceptibilités, la MÉFIANCE des partis-, mais quand le gouvernement a tout fait pour les PRÉVENIR, pour les calmer (Légères rumeurs à gauche), quand on a pris tant de précautions pour dégager l'avenir, pour isoler la question actuelle, je déclare ne pas comprendre certaines difficultés de forme. »

Le 24 juin 1850, qui M. Changarnier trompait-il? Quel rôle remplissait-il ? Quelle plus belle occasion de répondre à une demande de dotation par une demande de mise en accusation motivée sur les tentatives rapportées dans la lettre datée de Malines, 10 mai 1852, dix heures du malin !

iSol

LES LOIS DE BANiNISSEMENT.

•• M. MARC bUFKAissE : Avaut de reijousser la proposition rie mon vote, ordinairement silencieux, vous le siivez, je viens opiner a hautes paroles en faveur des lois de bannissement.

>> M. ÉMiLK DE GiK.vr.Dis : Jc demande la parole. I Mouvement.)

» M. MARC uuFKAissE : Je cTois qu'elles furent justes et utiles. Je crois qu'elles e'taient justes et utiles au moment où elles ont e'té porte'es, et je pense qu'elles sont justes et nécessaires aujourd'hui. Mon sentiment sera donc qu'il sera tr'es juste et tr'es légitime de les conserver ; c'est ce que j'essaierai de démonti'er.

" M. BERRTER, sélcincant à la tribune : Je demande la parole. »

ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE, Séance du 1" mars 1851.

2 mar.s 1851.

Puisque Ja liberté de la tribune n'existe pas pour les membres de la minorité, alors même qu'ils n'exercent celte liberté qu'avec la plus incontestable discrétion, je m'adresse à la liberté de la presse comme on en appelle d'une juridiction inférieure à une juridiction supérieure.

Aux premiers mots prononcés par M. Marc Dufraisse, j'avais demandé la parole ; M. Benoist d"Azy présidait l'Assemblée ; cela suffit pour expliquer comment la parole qui, par rang d'inscription, appartenait à M. de Lasteyrie et à moi. a été donnée hors de tour à M. Berryer, fa\ eur qui a imprimé au cours du débat une direction très différente de celle que je me serais efforcé de lui faire suivre.

D'abord, je voulais répondre aux deux discours de M. Barthélémy Saint-Hilaire et de M. Marc Dufraisse, et saisir cette occasion de déclarer hautement à la tribune que je n'admettais pas plus les prétendues mesures de salut pubMc comme exception que comme règle; que, temporaires on permanentes, elles me paraissaient également iniques et inexcusables, réprouvées par l'histoire, qui est la raison du passé, et par la raison, qui sera, je l'espère, l'histoire de l'avenir.

Je pense exactement, en 1851, ce que pensait, en 1831, i\l. Berryer, lorsque, proposant d'abroger les articles 2, 3, i et 5 de la loi du 12 janvier 1816, il disait, le 17 novembre, à la tribune de la Chambre des députés : « plus de pro-

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