BUREAUX DE PUZY
{Moniteur 1847.)
« Quant à la réduction des dépenses, une seule bien importante est possible : LA DIMINUTION DES FORCES DE TERRE ET DE MER. Cette diminution semble tellement conforme aux principes qui devraient diriger nos relations extérieures, qu'elle servirait autant notre politiiiue que nos finances. Loin de menacer la Constitution que la France s'est donnée, l'Europe entière, ébranlée jusque dans ses fondements, est occupée à détourner l'orage qui menace tous les gouvernements ; les nations sont déchirées par la guerre civile, ou bien, menacés par les progrès du libéralisme, les trônes cliancelants ont trop de peine à se soutenir pour songer à renouveler la coalition de 93. Loin de nous appeler, les nationalités qui ressusci tent nous supplient de leur laisser à elles-mêmes l'honneur de triompher et de se débarrasser des langes de l'oppression étrangère. Quelle est donc cette fatale politique qui, présidant depuis deux mois aux conseils du
France un budget de dix-huit cent vingt-cinq millions sans pousser l'ignorance des campagnes à une révolution terrigouvernement, arme de toutes parts la France lorsque tout semble convier à la paix ! Les grands mots de fraternité que vous inscrivez sur les drapeaux de votre nouvelle République, veulent-ils donc signifier guerre à l'étranger, propagande chez nos voisins? Vos intentions sont pacifiques, dites-vous ; vous le proclamez partout ; mais ne savez-vous pas que les armements provoquent les armements, et que du choc, du cliquetis de tant de canons et de fusils, l'éclair de la guerre peut jaillir? Désarmez, réduisez de moitié le budget de la guerre et de la marine ; au-dehors, vous aurez donné un gage de sécurité aux peuples voisins qui aujourd'hui vous voient avec défiance ; au-dedans, vous aurez rassuré l'industrie et le commerce, qui ne sauraient vivre au milieu des incertitudes d'une paix armée ; vous verrez la sécurité renaître rapidement, les impôts rentrer d'eux-mêmes et sans effort, et si vous en avez besoin encore, le crédit et les capitaux, à qui vous ferez appel, vous répondront avec empressement. C'est h l'Assemblée nationale à imposer au gouvernement cette conduite, la seule patriotiqueparce qu'elle est la seule conforme aux vrais intérêts de la France, et qu'en même temps elle est la seule digne d'un peuple libre et fort. La République de 1848 doit proclamer que lu France n'a plus besoin d'armée ; à l'extérieur, tous les peuples n'envieri)nt-ils pas sa liberté, si elle sait faire de nous un peuple heureux ? à l'intérieur, la garde nationale suffira toujours pour sauver la liberté contre les violences des anarchistes ; elle l'a déjà prouvé ! »