‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 3)Chapitre 108 sur 132 · GÉNÉRAL OUDINOT · texte numérisé non relu

GÉNÉRAL OUDINOT

[Moniteur 1847, p. 369.)

c( Quel est l'emploi de ces forces dans beaucoup de cas ? C'est un luxe militaire contre lequel, pour ma part, je ne puis trop protester. Je veux parler d'un luxe de factionnaires que nous trouvons à chaque pas, de ces factionnaires chargés de ne rien garder, de garder des monuments de granit qui n'ont aucun danger à courir de la libre circulation à leurs abords. Je parle surtout du luxe des doubles factionnaires... Ce que je critique, c'est qu'on en place à des portes où il n'y a rien à garder et aucun honneur à rendre. Ainsi, au Louvre, il y a deux factionnaires à chaque porte; eh bien! ces factionnaires, d'après la proportion établie par M. le rapporteur lui-même, représentent à eux seuls un effectif de deux cents hommes. >•

FERDINAND DE LASTEYRtE.

{Moniteur 1847).

« Il reste établi que nous avons maintenant, pour les divisions de l'intérieur, 67,000 hommes de plus que la Restauration, en 1828, pour les mêmes divisions de l'intérieur.

» Permettez moi d'examiner un instant ce qu'était la Restauration, et dans quelles circonstances elle se trouvait.

» La Restauration n'avait pas, comme vous l'avez aujourd'hui, des gardes nationales répandues sur toute la surface du royaume. La Restauration n'avait pas ce que vous avez maintenant, des chemins de fer qui vous permettent de porter en quelques heures des bataillons et mr'me des escadrons, puisque vous en avez eu un exemple dernièrement de Lille à Tours. Et assurément, il n'est pas un homme, militaire ou non, qui ne conçoive que l'extrême mobilité d'un corps de troupes supplée en grande partie à sa force numérique.

» Ainsi donc, la Restauration n'avait ni les gardes nationales dont vous jjouvez disposer, ni les chemins de fer, qui sont un puissant moyen

de multiplication de vos troupes , et cependant elle maintenait l'ordre

avec 67,000 hommes de moins que vous n'en avez maintenant. »

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