BINEAU
Rapport sur le budget de 1848. M'^niteur du 2!> novembre 1848.)
ble, sans transformer l'urne électorale du suffrage universel en urne cinéraire de la civilisation française !
Si la Sentinelle de PArmée sait d'autres dépenses que celles de l'armée et de la marine qu'il soit possible de retrancher, qu'elle les indique !
Nous acceptons la discussion qu'elle nous offre.
Nous ne demandons pas mieux que d'aller au fond de toutes les questions qu'elle soulève,
La Sentinelle de VArmée s'indigne de ce que nous ayons qualifié le recrutement obligatoire d'esclavage militaire!
Elle s'écrie : « Nous, des esclaves! »
Est-ce donc que le soldat est libre de servir ou de ne pas servir, de quitter le drapeau pour rentrer au foyer, de dépouiller l'uniforme pour reprendre la blouse? Est-ce donc que les peines les plus sévères ne punissent pas la désertion? Est-ce donc que la loi ne condamne pas le malheureux qui, pour échapper à l'obligation du service militaire, se mutile, se scie les dents, s'ampute les doigts, ou s'efforce de se rendre myope au risque de se rendre fou?
Au nom de qui parlez-vous, demanderons-nous à la Sentinelle de VArmée ?
Est-ce au nom de l'officier?
Est-ce au nom du soldat?
Oui, l'officier est libre, car il peut donner sa démission.
Non, le soldat n'est pas libre, car il a été tiré au sort et enlevé de force à sa famille, à sa commune, à sa profession, à sa vocation.
Sans doute, si l'armée française était réduite au chiffre de 180,000 hommes, cette réduction de l'effectif aurait pour conséquence une réduction équivalente dans les cadres; mais est-ce notre faute, à nous, si la situation désastreuse de nos finances rend impérieusement nécessaire cette double réduction de l'effectif et des cadres de notre armée ? Est-ce nous qui avons créé, étendu, aggravé cette situation? Est-ce nous qui avons doublé le chiffre des contingents annuels, qui de 40,000 hommes se sont élevés à 80,000 recrues? Un jour ou l'autre, le moins qu'on devra faire ne
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sera-t-il pas de revenir au chiffre de l'armée tel qu'il existait dans les premières années de la Restauration ? Eh bien! si cette nécessité est inévitable, pourquoi ne pas Taccepter tout de suite, pourquoi creuser et élargir l'abîme?
Le système que nous avons exposé est-il faux? Gombatlez-le, mais trouvez-en un qui réduise à deux cent millions la dépense de la force armée en France, car il faut absolument réduire le budget des dépenses à douze cent millions; et comment le réduire à cette somme, lorsque la dette publique et la force publique prélèvent déjà, à elles seules, plus de 940 millions?
Répondez !