‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 3)Chapitre 113 sur 132 · LA GARDE NATIONALE ET L'ARMÉE · texte numérisé non relu

LA GARDE NATIONALE ET L'ARMÉE

4 septembre 1849.

Plus de fusils ! plus de tusils ! c^est le cri que nous n'avons cessé de faire entendre en février, mars et avril 1848, alors que le gouvernement provisoire, qui avait proclamé le droit universel du suffrage, au lieu de faire rentrer dans les arsenaux tous les fusils et tous les sabres, les en faisait, au contraire, sortir pour armer inconsidérément toute la population.

Jamais contre-sens ne fut à la fois plus stupide et plus funeste.

C'était semer la guerre civile.

Ce qu'on avait semé en mars et en avril 1848, on n'a pas tardé, en effets, à le récolter deux mois après : les 23, 24, 25 et 26 juin.

Rien n'était plus facile à prévoir et à prédire ; ce qui est arrivé était aussi manifeste qu'il est clair que l'excès d'un budget de 1,800,000,000 fr. de dépense nous prépare de toutes les révolutions la plus terrible : la révolution de Vignorance.

Hélas I hélas ! notre voix sinistre sera-t-elle encore étouffée cette fois par l'imprévoyance qui ne veut pas être avertie, qui ne veut pas être éveillée et qui se venge des conseils qu'on lui donne par les calomnies qu'elle prodigue?

Si nous avons insisté exclusivement sur la transformation

DES AKMEËS PERMAiNEMES. 75i

de l'armée sans rien dire de l'abolition de la garde nationale, cela tient uniquement au point de départ de notre discussion, lequel était le Budget des dépenses.

Qu'on le croie bien ! ce n'est pas à plaisir, ce n'est pas inconsidérément que nous nous eftbrcons d'agiter la question de la transformation de l'armée, et de faire sortir le pouvoir de cette léthargie fatale qui s'appelle l'ajournement. Il ne faut rien moins qu'une nécessité absolue et qu'un péril immense pour nous donner le courage d'entreprendre et de poursuivre une tâche aussi ingrate et qui nous expose à tant d'attaques perfides et d'interprétations insensées. Un déficit de 45 millions a suffi pour amener la révolution de 1793; que ne doit-on pas craindre de déficits annuels de 250 à 500 millions s'accumulant l'un sur l'autre (1)?

La garde nationale est le contre-poids nécessaire de l'armée soldée, lorsque le commandement de cette armée est entre les mains d'un pouvoir monarchique enclin h considérer comme son ennemi naturel la liberté populaire; mais là où la royauté a cessé de régner, la garde nationale n'a plus de motif de subsister. La garde nationale est une institution qui avait, en 1789, sa raison d'être, mais qui maintenant ne saurait plus servir qu'à perpétuer la funeste habi-

(Ij 1840 à 1S48 — DéticJts, 604 millions.

1848 » 341 millions.

1849 » 284 millions.

1850 « 520 millions.

Augmentation progressive des dépenses :

AKMÉE D'AFRIQUE.

30,000 hommes. 100,000 Lommes.

27 millions. 100 millions.

MABINE.

Question d'Orient. Pleine paix.

79,469,305 143 millions.

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