‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 3)Chapitre 123 sur 132 · DANS LES ÉTATS-ROMAINS · texte numérisé non relu

DANS LES ÉTATS-ROMAINS

Le Tibre Ch.-l., Rome.

Le Trasimène ! . . . Ch.-l. Spolèle.

En 1814, la France fut réduite à ses anciennes limites de 1790, encore lui enleva-l-on Marienbourg, Philippeville et Landau.

Voilà donc quel lui le produit net de vingt années de

guerres gigantesques, d'efforts héroïques, de sacrifices incommensables, de sang répandu sur tous les champs de bataille de l'Europe ! Une seule bataille perdue, celle de Waterloo, a suffi pour enlever à la France le fruit de vingt victoires immortelles et pour la refaire, en 1813, plus petite qu'en 1790.

Mais ce n'est pas tout encore : aux quatre millions et demi d'hommes (que de nations n'ont pas quatre millions et demi de nationaux ! ) moissonnés par les boulets et les balles, il faut ajouter la somme de sept cent miUions d'indemnité de guerre payée par la France aux puissances alliées, et qui était exigible jour par jour, par portions égales, dans le courant de cinq années, au moyen de bons au porteur sur le trésor royal ; plus de quatre cent millions pour Tentretien de la garnison étrangère ; plus, enfin, une multitude d'indemnités diverses, le tout s'élevant à près de deux milliards, ainsi que cela résulte des chiffres qui suivent : ContributionsextraordinairesdelSlo. . . 100,000,000 Avances des départements aux étrangers. 23,000,000

Déficit des finances 314.000,000

Indemnité de guerre 700,000,000

Frais d'occupation pendant trois ans. . . 390,000.000

Réclamations étrangères. . . , 300,800,000

Solde de compte des étrangers 163,000,000

Total 1,994,800,000

Si, selon l'expression du roi Louis XVI, il n'est permis de prendre les armes que pour une cause légitime, si on ne doit prendre les armes que quand le droit est manifeste, si, enfin, « on ne doit faire la guerre que dans la vue d'acquérir la paix, » pourquoi donc entretenir des .armées qui accumulent dans les budgets déficit sur déficit, qui obligent de recourir à des impôts qui coûtent 16 0/0 de jierceplion. qui enlèvent à l'agriculture ses bras les plus roJmsles, qui jettent la perturbation dans toutes les professions, fjui violent la libcrlé.qui désorganisent jii famille el dépeuplent la commune?

i;ereintemEx\t universel.

" Il est vrai que c'est cet état d'effort qui maintient principalement l'e'quilibre, parce qu'il éeeimte les grandes puissances. "

MOKTEsyLiEU. Esprit des Lois.

De V Augmentation des troupes.

11 mars 1851.

A quoi serl décrire? A (luui sert de s'appeler Montesquieu ? A quoi sert d'avoir publié VEspritdes Lois, en 1748, pour entendre dire, en 1851, cent ans après, ce ffue vous

allez lire :

AXGLETERlîE.

CHAMBRE DES COMMUNES. — Séance du 10 inarf 1851.

« M. FRANCIS BARIXG, premier lord de l'amirauté : L'importauce des forces navales nécessaires pour défendre à la fois notre commerce et notre littoral doit déterminer le chiffre des hommes nécessaires pour le service. Le gouvernement ne voit pas d'un œil jaloux ce que font à cet égard les gouvernements étrangers ; mais il nous est impossible de décider le chiffre de nos forces sans jeter les jeux sur les forces navales des autres pays. Nous avons eu l'année dernière la preuve suffisante qu'un peuple brave, capable et intelligent, non loin de notre littoral (la France), n'a en aucune manière négligé ses forces ni sa puissance navale. Xos dépenses pour la marine, en 1835, ont été de 4 millions 271,674 liv. st., et eu 1R50 de 5 millions 596,302 liv. st. Il y a là augmentation de 1 million 326,628 liv. st., tandis que l'augmentation dans les dépenses maritimes de la France est de 1 million 735,000 liv. st.

» M. HU5IE : Ce qui résulte de plus clair de ces états comparatifs, c'e?t

que les Français entretiennent une marine plus forte, parée qu'il plait aux Anglais d'augmenter la leur, et que nous n'entretenons, nous, des forces considérables qu'à cause de l'état de la marine française : cercle vicieux dont il n'est pas possible de sortir, et qui, à coup sûr, ne peut aboutir à des économies. «

De ce qui précède, il résulte que, si la France donnait l'exemple, l'Angleterre le suivrait, ou que, si l'Angleterre le donnait, la France l'imiterait. Ce n'est donc qu'une question de priorité, rien de plus. Eh bien! puisque' la diplomatie ne sert absolument à rien, et ceci le prouve, que le gouvernement anglais et le gouvernement français tirent à pile ou face lequel des deux donnera à l'autre l'exemple de l'économie.

Est-ce donc là sérieusement de la [lolitiquc? N'est-ce pas là vraiment de la puérilité ?

Page 1