FÉLIX AVRIL
Est publication clandestine et destinée à égarer l'opinion publique toute publication ayant pour effet de contribuer au succès de la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte.
La fameuse affiche que M. Dufaure affirmait avoir dénoncée aux procureurs de la République, celle affiche sans pareille où M. Cavaignac a fait illustrer tous les hauts faits de sa vie, et au bas de laquelle il promet au peuple français l'abolidjn des droits réunis, s'étale en ce moment sur les
murs des 36,000 communes de France, à la barbe des procureurs. Nous la trouvons menli )nnée dans une f ^ule de j )urnaux des départements. Voici, entre autres, ce qu'en dit le Courrier du Havre :
« Celte aKiclie cireuL^ en ce moment dans toutes les cam- » pagnes. On nous a refusé la permissijn d'en copier une » ce matin, et toutce qu'uncoup d'oeil rapide que nous avons » jeté sur ce curieux document mus a permis d'y voir et » d'y lire, c'est le général Cavaignac, à cheval, au milieu « d'écussons où sont écrits les noms des batailles ou com- » bats de l'armée d'Afrique, et les promesses superbes qu'il » fait au peuple français : Abolition des droits réunis, — » de l'impôt des boissons, — de l'impôt des 45 centi- » mes, etc., etc. »
Ce placard est celui dont parlait M. Jules Favre, et que M. Dufaure s'imaginait avoir dénoncé au parquet. Qu'en pense l'honorable M. Dufaure? Et que pense-t-il de la destitution de M. Monginot, dont M. Cavaignac continue à distribuer les brochures?
La carrière politique, en France, de M. Cavaignac se divise en deux parties :
Du 17 mai, jour où il a été appelé au ministère de la guerre, jusqu'au 24 juin, où il a été investi de tous les pouvoirs exécutifs ;
Du 24 juin jusqu'à ce jour.
Eh bien ! du 17 mai au 24 juin, par quels actes son administration s'est-elle signalée ? quelles économies a-t-il faites ? quelles précautions a-t-il prises en vue de l'insurrection annoncée dans la lettre du H juin, adressée à Blanqui, à Vincennes, insurrection prévue et dont le terme avait été marqué au jour de la dissolution des ateliers nationaux ?
Du 24 juin à ce jour, par quels actes son aptitude politique, la justesse de son esprit, l'étendue de ses idées se
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sont-elles révélées ? Où sont les améliorations dont il a pris l'initiative? Où sont les abus qu'il ait réprimés? Les dépenses ont-elles cessé de monter, de monter, de monter toujours, comme le flot qui doit nous submerger ? Quels efforts a-t-il faits pour rétablir, ce qu'il y a de plus urgent, l'équilibre entre les dépenses et les recettes, et prévenir une banqueroute imminente ? Quel langage a-t-il tenu à la tribune? Sur le maintien et la levée de l'état de siège, n'at-il pas affirmé, à quelques jours de date, le contraire absolument de ce qu'il avait déclaré ? En même temps qu'il prenait M. Dufaure et M. Vivien pour ministres, n'avouait-il pas à la tribune que c'était malgré lui, el après avoir fait tous les efforts possibles pour retenir MM. Senard et Recurt ?
Les deux parties de son existence politique peuvent donc se résumer par ces deux mots :
Ministre de la guerre — coupable ;
Président du conseil — incapable.
Dans un catalogue d'une collection de lettres autographes dont la vente devait avoir lieu le 23 mars 1848, et que les circonstances ont fait ajourner, catalogue publié par M. Laverdet, rue du Helder, 20, la vente devant avoir lieu salle Techener, rue de la Bibliothèque-du-Louvre, 4, par le ministère de M® Lenormant de Villeneuve, commissaire-priseur, assisté de M. Laverdet, on trouve au n° 114 la mention suivante :
« CAVAIGNAG , général de Vannée d^ Afrique: lettre