‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 4)Chapitre 59 sur 116 · CH. THOREL · texte numérisé non relu

CH. THOREL

Il est bon de faire remarquer encore que sur 20.000 industriels et commerçants que compte la ville de Rouen, le manifeste dont parle le Journal de Rouen n'a pu réunir que SOIXANTE-SEIZE signatures, qui ne sont même pas toutes authentiques, comme l'atteste la lettre ci-dessus.

Les ordres sont donnés et les mesures prises pour répandre dans toute la France, surtout dans les campagnes, la nouvelle du désistement ou de la mort de Louis-Napoléon Bonaparte.

Cette édifiante manœuvre serait employée au dernier moment, alors que les journaux de Paris n'auraient plus le temps de la démentir.

On espère ainsi porter un coup tenible à la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte, et lui enlever un grand nombre de suffrages.

Nous nous hâtons d'évenler à l'avance ce petit complot, afin d'en neutraliser les effets si l'on avait l'infamie d'y avoir recours; et nous prions tous les journaux indépendants de Paris et des départements de faire comme nous.

Avec des adversaires tels que les nôtres, on peut tout supposer et tout craindre,

LXIÎI.

Est-il vrai que des agents d'élection se glissent dans les régiments et font aux soldats de la plus ancienne et des deux dernières classes des promesses fallacieuses?

Est-il vrai, spécialement, qu'au nom du général Gavaivu. 15

gnac, ils assurent que, pour prix de leurs votes, ces classes seront congédiées si elles se prononcent pour ce général *?

Si ces faits sont exacts, ils entachent la réputation de leurs auteurs et doivent être flétris comme d"indignes manœuvres.

S'ils ont été imaginés par des soldats, il importe que Tarniée soit édifiée sur les calomnies qui pourraient égai-er des militaires trop confiants.

« M. le colonel Mouton, commandant la 2® subdivision de » la garde mobile, a réuni chez lui les blessés de juin du « 22® bataillon, auquel j'appartiens, et non-seulement il les « a engagés à voter pour M. le général Eugène Cavaignac, » mais il leur a dit qu'il était de leur devoir de ne pas voter » pour celui qu^il appelait le neveu de l'oncle. — Par suite, » suivant l'usage, il y a eu distribution de caricatures plus » ou moins grossières, tendant à taire échouer la candida- » ture de M. Louis-Napoléon Bonaparte. Mes opinions poli- » tiques me forcent à donner ma démission, et, en ci- » loyen consciencieux, j'ai dû vous donner connaissance » des manœuvres employées par les agents du président » du pouvoir exécutif.

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