‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 4)Chapitre 60 sur 116 · E. HUSSON · texte numérisé non relu

E. HUSSON

» Sous-lieutenant, porte-drapeau au 22« bat. de garde mobile. »

Nous recevons la lettre suivante, dont nous tenons l'original à la disposition de M. le ministre de la guerre :

« Hospice du Yal-df-Grâce, 9 décemhre 1B48.

» Vautrin, jeune soldat, âgé de dix-neuf ans, engagé vo- » lontaire, et faisant partie de la 3" compagnie du 2® ba- » taillon du li^- de ligne, est au cachot du corps depuis six » jours, et au secret par ordre supérieur de la division,

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» pourn\\)ir reçu du (It'hi)rs dos hullolins de vote porlanf » le nom de Louis-Nnpoloon Bonapario, et les avoir rom- » mvnirjués à ses camarades de chambrée. »

TAVÎ.

« Le sieur Belin, mon neveu, caporal de la l'"'" compagnie » du 5" bataillon du 18'^ de ligne, acluellement passé aux » voltigeurs, a été consigné par le major pour quarante-huit » heures pour avoir élé trouvé seul dans sa chambre lisant » le journal la Presse.

» BELIX,

» 6, rue Bertin-Poirée. »

« Le fils de mon concierge, enfant de onze ans, que son » père avait chargé d'allerchez un ami porter des bulletins » de vote en laveur de Louis-Napoléon, a été arrêté par des » gardiens de Paris qui l'ont conduit à la Préfecture de po- » lice. Ce n"est qu'à deux heures du matin, après les plus » vives réclamations, et, on peut le dire, par suite de me- » naces de publicité, qu'on a enfin réussi à obtenir sa mise » en liberté. Les agents de police disaient : Nous avons or- » cire d'en faire autant à tous ceux qui voudront se mêler » de ce qui ne les regarde pas.

» Un électeur de la rue Lavoisier.

» N. B. Je vous donne mon nom dont vous pourrez dis- » poser au besoin. >^

LXMIL

'( Jeudi 30 novembre était jour de foire à Chartres. Quel » n'a pas été l'étonnement de chacun, en entendant crier » sur les places et dans les rues le désisteme.m de m. louis- » NAPOLÉON BONAPARTE. Après toutcs Ics uianœuvrcs scan- » daleuses employées à ruiner cette candidature, il ne res- » tait plus que celle-ci : la dénoncer, c'est justement la » flétrir. »

Est-il permis, est-il défendu de distribuer des bulletins de vote avec les noms de Louis-Xapoléon Bonaparte?

Est-il permis, est-il défendu de placarder des affiches en faveur de Louis-Napoléon Bonaparte'?

Lajoi a-t-elle deux poids et deux mesures? Inlerdit-elle de faire pour M. Louis-Napoléon Bonaparte ce qu'elle permet de faire pour iVL Louis-Eugène Cavaignac?

Nous attendons de la loyauté de M. Dufaure qu'il répondra nettement que ce qui est permis à Fun ne saurait être défendu à l'autre.

Tous les leurres sont bons... Ainsi, l'on promet à la gaide mobile qu'après l'élection elle formera un corps spécial assimilé à l'armée pour les grades et les pensions; seulement, ce serait le ministère de l'intérieur qui se chargerait du payement de la solde. Quand la garde mobile aura voté, on en sera quitte pour se retrancher derrière un vote de l'Assemblée nationale,

La sincérité du suffrage universel et la liberté du vote sont-elles respectées lorsque les soldats sont conduits avec leurs officiers en tête, que les officiers sont présents à l'appel du nom de chaque soldat, et regardent attentivement si le bulletin qu'il remet pour être déposé dans l'urne est bien celui qui était ployé de façon à le faire reconnaître facilement? A l'appui de cet le question, nous réunissons une masse de faits qui prouveront que ni la liberté ni la sincérité des votes n'ont été respectés, et qu'il eût mieux valu priver les soldats de l'exercice de leurs droits de citoyen que de les placer ainsi entre leur conscience et la consigne. Il est im-

possible que cette question si grave ne soit pas portée à la tribune.

Un colonel de cavalerie a été mandé par M. le ministre de la guerre, parce qu'il n'avait pas voulu distribuer à son régiment le ballot d'imprimés qu'il aurait reçus dans l'intérêt de la candidature de }l. Cavaignac.

A Besançon, la représentation d'une pièce intitulée : NAPOLÉON EN EGYPTE y a été interdite comme étant de nature à influencer le vote du 10 décembre,

On nous écrit de Bourganeuf :

(1 Bourganeuf, 6 décembre 1848.

» Notre préfet est venu chauffer nos populations en fa- » veur du chef du pouvoir exécutif; aujourd'hui, jour de » foire, il est arrivé à une heure; il a été reçu à la sous-pré- « fecture par sept gardes nationaux représentant l'enthou- « siasme des habitants, au milieu des cris de Vive Napoy> léon ! Je vous adresse un des nombreux placards qu'il a » fait afficher dans notre ville; on s'est empressé de les ar- » racher dans une juste indignation. M. le préfet, peu con- » tentsans doute de l'accueil qui lui était fait, s'est empres- » se de repartir h six heures du soir, et, pour toute réponse » à sa proclamation, on s'est contenté de lui faire entendre » pendant sa traversée dans la ville de nouveaux cris de : » Vive Napoléonl Ce candidat réunira une immense majo- « rite dans notre pays ; autour de lui viennent se grouper « tous les gens d'ordre qui veulent échapper à la dynastie » du National, dont vous faites si bonne justice. »

Voici maintenant l'affiche qui nous est envoyée et que nous tenons à la disposition de M. Dufaure ;

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