H. SOHIER
Eh bien! nous le demandons à M. Dufaure, celte affiche est-elle conforme aux paragraphes suivants de sa circulaire du 2 novembre adressée aux préfets :
« Dans cette gnuide lutte, le rôle du gouvernement ii qui l'Assemblée nationale a temporairement délégué le pouvoir exécutif est tout tracé. Il SE KÉDUIT à assurer la liberté, la pureté de l'élection, à obtenir l'expression sincère du suffrage universel.
» Vous l'avt^z compris, le gouvernement Joil laisser chaque citoijen apprécier iiaiis la parfaite indépendance de sa rc/îtxion le mérite des candidats qu'on lui propose. »
Tels sont les termes de la circulaire du 2 novembre, signé : Le ministre de l'intérieur : j. dufaure.
« Fous prouvere: par los votes que vous sarez distinguer le ciloijen intégre, courageux, le républicain sincère qui, CHEF DU POUVOIR EXÉCUTIF, respectera la Constitution et pkotégeka vos intérêts. »
Tels sont les termes de l'affiche signée : Le préfet de la Creuse : h. sohier.
El le préfet qui a rimprudence de signer une telle afliciie placardée dans loutesles ei)nununes,a rinipudence de parler des « MENÉES ÉLECTOHALES DE LA MONAUCHIE ! »
Ah! si un préfet de M. Ducliàtel se fût pernus, la veille d'un vote, de signer et de faire placarder une telle affiche, quelles susceplibililés blessées ne se fussent pas éveillées dans la conscience de M. Dufaure! Quels cris d'indignation toute 11 presse de roppositii)n n'eùt-elle pas jetés! Quelles attaques ne fussent pas parties de la tribune contre le ministère accusé et convaincu de corruption !
Tous les républicains de la veille sont donc des Tartuffes de naissance !
L'administration municipale de Nantes a fait afficher la proclamation suivante au moment même où le vote allait être déposé :
« Nantes, 9 décembie.
» Concitoyens, » Dans les circonstances graves où nous sommes, au moment où la cause de l'ordre et le salut du pays peuvent dépendre de la journée du 10 décembre, le premier devoir de vos magistrats municipaux est de porter la vérité à la connaissance de tous les citoyens que des passions innualitiables s'attachent à égarer.
» Par une infâme manœuvre, en vue de l'élection de demain, des journaux de Paris ont répandu d'odieuses calomnies contre le pouvoir exécutif, il propos du projet de loi sur les récompenses nationales.
» Dans sa séance du 7, l'Assemblée nationale, se soulevant d'indvjnation tout entière, a fait justice de ces inculpations calomnieuses, et voué leurs auteurs au mépris de tous lei bons citoyens.
» Cette séance solennelle a vengé le général Cavaignac dos criminelles attaques que lui suscite son dévouement au pays et à la cause de l'ordre et de la liberté.
)) Le main-, E. COLOMBEL.
» A. CHÉEOT, GLIBERT, VOKUZ, IlUETTE, RESOUL, adjoints. »
Question adressée à M. Dufaure :
Trouve-t-il que cette manière de commenter le vote du
7 décembre soit conforme à cette impartialité, h cette neutrolité, qu'il prescrivait officiellement dans ses circulaires?
7 décembre 1848.
Le projet de loi sur les récompenses nationales, présenté le 19 septembre 1848, a été arrêté à l'hôtel de la présidence du conseil; il est signé : E. Cavaignac, chef du pouvoir exécutif.
Or, sait-on quels personnages M. Cavaignac propose de pensionner aux dépens des contribuables ?
On y voit figurer pour des sommes assez considérables et pour des pensions de 500 fr , les parents de l'assassin Fieschi, les fils de Pépin, Morey, la sœur d'Alibaud, celle de Lecomte, des individus condamnés à des peines afllictives et infamantes pour vols, associations de malfaiteurs et outrages envers la religion, les parents et complices de Darmès, Henry et autres individus condamnés pour attentat à la vie des ducs d'Orléans, de Nemours et d'Aumale : ces individus figurent sur les étals h côté des citoyens Armand Marrast, président de l'Assemblée, Bastide, ministre des affaires étrangères, Trélat, Recurt. Flocon, anciens ministres et vingt autres représentants.
Les noms de ces personnages sont consignés sur un état communiqué par M. Dufaureà la commission chargée d'examiner le projet, état dont ce qui suit est un extrait :