LOUIS-NAPOLÉON BONAPARTE
Même déclaration a déjà été faite par tous les membres de la famille Cavaignac.
Sincérité de Télection ! voilà tout ce que nous voulons.
3 décembre 1848.
Guerre contre guerre ! La police persistant dans son système africain de razzias h l'égard de la feuille dans laquelle nous avons réuni les divers articles de la Presse sur le général CAVAIGNAC DEVANT LA COMMISSION D'eNQLÊTE , nOUS
avons condensé ces articles, et nous les avons réduits de 21 à 12 colonnes seulement, ce qui nous a permis de donner à nos lecteurs 12 colonnes nouvelles dont le Moniteur a fait exclusivement tous les frais. Ce supplément est moins encore destiné à nos abonnés qu'à nos associés dans la tâche de délivrance dont nous poursuivons raccomplissement.
Qu'ils le fassent lire et circuler !
Qu'ils ne perdent pas de temps, car d'aujourd'hui dimanche en huit il serait trop tard !
Pour empêcher l'élection de M. Louis-Napoléon Bonaparte, pour assurer l'élection de M. Louis-Eugène Cavaignac, toutes les forces de Ja centralisation administrative sont détournées de leur cours, toutes sont mises en mouvement pour atteindre à ce but. Faveurs et menaces sont employées ; ceux qu'on ne peut séduire on essaie de les intimider; ceux qu'on ne peut intimider, on s'efforce de les séduire. Rien n'est épargné. L'abus de pouvoir est tel, qu'il va jusqu'à interdire les affiches de spectacles sur lesquelles sont incrits les noms dr napoléon et Joséphine. Cet abus ne connaît pas de bornes. Liberté de la presse, liberté des personnes, tout est sacrifié au succès de la candidature de M. Cavaignac.
Vaines sont toutes les menaces, vaines seront toutes les séductions ! On le sait, et nul n'en doute maintenant dans les bureaux des ministères où afflue, pour y être analysée, la correspondance des départements.
C'est un motif de plus pour redoubler d'efforts.
En effet, il ne suffit pas que L.-N. Bonaparte soit élu ; il faut encore qu'il le soit à une immense majorité, non pour lui, mais pour la France, mais pour nous tous, afin que la Sécurité bannie par l'intimidation revienne protéger les personnes et les transactions; afin que la Confiance, blessée h ses deux ailes : le Crédit, le Travail, par les balles de février et de juin, reprenne son essor; afin que la Liberté n'ait plus rien à craindre de l'Arbitraire ; afin que la Justice, frappée à la face, n"ait plus qu'une cicatrice h la place d'une blessure ; afin que, vaincue à son tour, la coterie du Xational le soit sans espoir de revanche !
Plus la majorité qui aura élu L.-N. Bonaparte sera grande, et plus elle lui rendra faciles la tâche du pouvoir et le choix des ministres.
Plus la majorité sera décisive, et moins il y aura de risque qu'elle soulève contre elle des réclamations de la part des minorités.
On a parlé d'une émeute... Il n'y en a point à craindre ! Le peuple ne s'insurge pas contre lui-même. L.-N. Bonaparte sera protégé contre l'émeute par la popularité même à laquelle il aura dû le succès de sa candidature, par l'immense popularité du nom qu'il porte, popularité alimentée par la Gloire et la Souffrance.
Napoléon a vaincu à Austerlitz, mais il a souffert à Sainte- Hélène ; il a souffert, cruellement souffert, et l'on s'étonne qu'il soit devenu pour le peuple une religion, une superstition I
C'est ne pas connaître le peuple ! Ses plus ardentes sympathies sont acquises à qui a grandement souffert. Le malheur liéroïquement supporté est, à ses yeux, le plus puissant des prestiges.
Le jour où le peuple pourra crier : Vive Napoléon! il ne songera pas à crier : Vive Cavaignac ! Vive Ledru-Rollin ! Vive Raspail !
Il criera vive Napoléon, avec les transports que la multitude éprouve à faire entendre un cri longtemps étouffé en
ELECTION DU 10 DECEMBRE : E.-X. BONAPARTE. 33o
elle, un cri longtemps réprimé et puni par la loi comme séditieux. Par l'elTet de cet irrésistible entraînement, ceux-là mêmes qui auront volé contre Louis Bonaparte seront les plus véhéments h crier après Télection : \i\'e Napoléon!
La victoire est certaine ; il ne faut pas la rendre douteuse; il faut qu'elle soit éclatante et décisive. Effort contre effort; sacrifice contre sacrifice; enfin, guerre contreguerre !
Nous devons l'exemple. Autour de nous, loin de nous, que chacun fasse comme nous. Le National n'épargne rien pour nous imposer sa dynastie ; n'éj)argnons rien pour nous en délivrer.
3 décembre 1848.
Le Constitutionnel et le Siècle publient ce matin la lettre suivante :
A M. le rédacteur du Siècle.
K< Paris, le P' fléccmbrc 1848.
1' Monsieur,
» Une lettre signée de six représentants d'Indre-et Loire appuie la candidature du général Cavaignac; le Siècle de ce matin publie cette lettre, adressée au comité de Tours, et la fait suivre d'une note ainsi conçue, qui semble en être le posl-scriiitum :
" \ofa. M Crémieux a demanda quelciues jours pour re'llc'chir. ..
)i Cliacnn de mes six collègues dé.savoue cette étrange note ; ils savent que j'ai répondu sans retard au comité.
» Puisque vous avez donné place dans \utre journal à la déclaration collective eu faveur du général Cavaignac. veuillez, je vous prie, accueillir la mienne.
)) Je voterai pour Louis-Napoléon Bonaparte.
» Agréez mes sentiments de dévouement et de haute eatime.