‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 4)Chapitre 77 sur 116 · AD. CRÉMIEUX · texte numérisé non relu

AD. CRÉMIEUX

» Représentant du peuple, nommé parle département d'Indre-et-Loire. »

L'espace nous manque pour insérer la lettre que les ou-

vriers charpentiers de Troyes ont adressée àM.L.-N. Bonaparte; mais voici la réponse qu'il leur a faite :

« Pari*, le 16 novembre 1848.

» Citoyens,

» De tous les témoignages de sympathie qui m'arrivent, aucun ne m'a plus vivement touché que le v-ôtre. Il m'a prouvé que vous aviez bien compris les motifs qui m'ont fait accourir sur cette glorieuse terre de France.

«Vous ne m'étonnez pas en me signalant les menées qui vous entourent ; elles s'exercent dans tous les départements. Je n'y oppose que la droiture de ma conscience, et je me sens assez fort avec les seuls appuis que je réclame : le bon sens du peuple et l'héritage de mon nom. Répondez à ceux qui vous parlent de mon ambition, que j'en :n une grande en effet, celle d'arracher la France au chaos et à l'anarchie, et de la rétablir dans sa grandeur morale en même temps que dans sa liberté.

» Les ouvriers de Troyes, dont vous êtes les interprètes, doivent savoir que, dans l'exil et la prison, j'ai médité sur ce.s grandes questions du travail qui préoccupent les sociétés modernes. Ils doivent croire que de telles études ont laissé en moi d'ineffaçables traces, et que d'aussi sérieux intérêts me seront toujours chers.

» Dites-leur à tous que je les l'emercie de leur confiance ; mon cœur m'assure que j'en suis digne, et l'avenir prouvera que j'aurai su la mériter.

» Recevez, etc.

» LOmS-NAPOLÉON BONAPARTE. »

[A M. Lucien Jnurdnti, déli'r/tié des ouvriers charpenlierf, à Troyes.)

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