TÉMOIGNAGES RÉCUSÉS
M. FRANÇOIS AKAGO.
n Dnns la nuit du 22 au 23, à trois heures du matin, sur un rupijoil de la Préfecture de police, l'ordre fut envoyé au général Cavaignac de faire trouver lui régiment "d'infanterie et deux cpcadrons à sis lieuve? du matin sur la place de l'Estrapade.
» Cet ordre ne fut pas exécuté.
» Par suite, au lieu d'iittaquer des barricades naissantes, faciles à enlever, on eut à lutter contre des barricades faites et fortifiées.
w D. Au ministère de la guerre, qui donne les ordres pour les mouvements ?
" R. C'e.-tle ministre lui-même. Il adresse ses ordres au gi'uéral de division. »
M. GAKNIER-PAGÈS.
« Le 23 juin, nous donnâmes l'ordre au général Cavaignac d'envoyer des troupes au Panthéon... Aucun de ces ordres ne fut exécuté.
n ... Les demandes de troupes faites aux préfets dans les département ^
DOCLîMEiNTS POUR L'HISTOIRE. 35
M. Tf(;uvé-Chauvel, il ne saurait être suspect, car de; la pi'éfecture de police, après avoir passé par la préfecture de la Seine, il est arrivé au ministère des finances. A coup sûr, ce ne doit pas être un ennemi du général Cavaignac.
Le 22 juin 1848, savait-on qu'une insurrection aurait lieu ? Fouvait-on la prévoir? Pouvait-on la prévenir?
Telle est la question.
voisins de Paris, ainsi qu'à Clievbourp; et h lirest, ont ('té adressées spontanément par mon collègue Ledru-RoUin. »
M. DE LAMARTINK.
» Il y a plus (l'un mo!s que Vonlre fut dovuê au général Cavaignac d'entourer V Assemblée nationale de troupes, et de ne compter sur la garde nationale que comme sur une réserre, un ap,iiii moral, un magnifique supplément de forces. Il n'y avait alors que 6,500 hommes de troupes dans Paris. Il fut convenu que l'on aurait 25,000 hommes de la ligne casernes dans la capitale. Nous avions 16,000 gardes mobiles, 2,500 gardes républicains et 2,000 gardiens de Paris. J'exigeai, en outre, 15,030 hommes dans le voisinage immédiat de Paris.
» C'était donc une force de 60,000 hommes, indépendamment de la garde nationale, et je jugeais cette force plus que suffisante pour réprimer tout mouvement insurrectionnel; j'ai obsédé le général Cavaignac tle rnes observations à cet égard.
» Je n'accuse pas le général Cavaignac, dont la haute réputation militaire et la loyauté sont à l'abri de toute attaque ; mais enfin, je suis forcé de dire qu'il y avait dans l'administration de la guerre quelque chose qui ne répondait pas à notre confiance. J'avais proposé d'enlever les barricades avant la nuit, et de faire un effort désespéré ; mais Vabsence de troupes a prolongé la lutte. "