‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 5)Chapitre 134 sur 231 · CONTRE · texte numérisé non relu

CONTRE

Si M. Dewinck n'est pas élu, la loi du 31 mai s'éteint d'elle-même, et l'urne électorale se change en urne funéraire.

Dès le lendemain, le pouvoir exécutif peut et doit représenter le projet de loi qui accompagnait le Message du 4 novembre.

Présenté d'urgence, il sera voté d'urgence.

Sans discussion possible.

Le suffrage universel rétabli, c'est la guerre civile évitée.

L^ÉLECTION Dr 30 NOVEMBRE 1851. 375

Tout ce qu'il y a (l'huiiiinos sonsrs i\\w n'égare pas l'esprit de parti, que n'aveugle pas le vertige de la peur, le comprennent maintenant et l'avouent hautement.

Le scrutin du 30 novembre apprendra à la France combien Paris compte d'hommes passionnés parmi les 132,000 électeurs domiciliés aux termes de la loi du 31 mai 1830, pour le plus grand nombre faux électeurs, ainsi que cela a été démontré, et que cela n'a pas été contesté.

Si M. Dewinck ne réunit pas le nombre de voix nécessaire pour être élu, c'est l'enterrement politique de la coalition jnonarchique, représentée par MM. Berryer,Guizot et Thiers.

C'est le triomphe du Droit sans le secours de la Force.

C'est la Révolution dont le flot cesse de monter; c'est le Progrès qui reprend son cours.

29 novembre 1851.

SUFFRAGE lmversel! Tel est le cri qui a déjà retenti en Angleterre, tel est le cri qui commence à se faire entendre en Belgique, tel est le cri qui avant peu sera celui de l'Europe tout entière !

Ce sera le cri de ralliement du monde nouveau, et le verdict de condamnation du monde ancien.

En Belgique, l'établissement du suffrage universel apparaît à tous les hommes de l'ordre par la liberté comme la seule solution qui puisse prévenir la crise dont elle est menacée.

Des comités composés d'hommes qui jouissent de l'estime de leurs concitoyens s'organisent dans le but de provoquer un pétitionnement en fiiveur du suffrage universel.

L'impulsion est donnée ; elle ne s'arrêtera plus.

SUFFRAGE UNIVERSEL, IMPÔT UNIQUE, LIBERTÉ absolue;

Vfiilà, en trois lignes, tout le programme du monde nr»uveau qni.a pour ailes la Science et la Paix.

17 novembre 1B51.

Une proposition marquée au coin de la défiance et de l'hostilité les plus déclarées a été déposée, le 6 novembre 1831, sur la tribune législative par les trois questeurs de l'Assemblée nationale.

Cette proposition, avec demande d'urgence, est conçue en ces termes :

ARTICLE 1er.

« Le président de l'Assemblée nationale est chargé de veiller à la sûreté intérieure et extérieure de l'Assemblée.

« Il exerce, au nom de l'Assemblée, le droit conféré au pouvoir législatif par l'art. 32 de la Constitution, de fixer l'importance des forces militaires établies pour sa sûreté, d'en disposer et de désigner le chef chargé de les commander.

» A cet effet, il a le droit de requérir la force armée et toutes les autorités dont il juge le concours nécessaire.

» Ses réquisitions peuvent être adressées directement à tous les officiers commandants ou fonctionnaires, qui sont tenus d'y obtempérer immédiatement, sous les peines portées par les lois.

» Le président peut déléguer son droit de rcqiii.rition aux questeurs ou à l'un d'eux.

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