LA FRANCE ACCUSEE PAR M. GUIZOT. G
y lirez, page 107, (jue Jacques II, dans ses mémoires, nommait l'Angleterre : une nation empoisonnée.
« Supposons, enfin, qu'au lieu d'assurer la cause de la Révolution de 1688, il l'eût trahie ; qu'au lieu de relever le nom anglais, il l'eût avili; qu'au lieu de soulager le peuple, il l'eût accablé d'impôts, sans augmenter ni sa gloire, ni son commerce, ni son industrie; qu'il eût restreint la liberté sans même garantir l'ordre public. Certes, une nouvelle révolution serait devenue une impérieuse nécessité. Car les sociétés ne subissent pas ces bouleversements qui compromettent souvent leur existence pour changer de chef seulement ; elles s'ébranlent pour changer de système, pour guérir leurs souffrances; elles réclament impérieusement le prix de leurs efforts , et ne se calment que lorsqu'elles l'ont obtenu
» Guillaume III satisfit aux exigences do son époque et rétablit la tranquillité publique; mais, s'il eût suivi la politique des Stuarts, il eût été renversé, et les ennemis de la nation anglaise, en voyant encore de nouveaux besoins de changement, eussent accusé le peuple d'inconséquence et de légèreté, au lieu d'accuser les gouvernements d'aveuglement et de perfidie; ils eussent dit que l'Angleterre était une nation ingouvernable; ils l'eussent appelée, comme Jacques II la nomma dans ses Mémoires, une