‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 5)Chapitre 194 sur 231 · LE COMTE ALFRED D'ORSAY · texte numérisé non relu

LE COMTE ALFRED D'ORSAY

fonctions de surintendant des beaux-arts qu'il le perd pour toujours.

C'est une perte irréparable pour l'Art et pour les artistes, mais c'est une perte plus irréparable encore pour la Vérité et pour le Président de la République, car les palais n'ont que deux portes ouvertes à la Vérité : la porte de l'Amitié et la porte de l'Adversité, de l'amitié qui est à l'adversité ce que l'éclair est à la foudre.

La justice invisible, la justice égale pour tous, la justice dont la mort tient les balances, compte les jours quand elle ne mesure pas les dons. Alfred d'Orsay avait été comblé de trop de dons, — grand cœur, esprit élevé, goût pur, beauté antique, force athlétique, adresse incomparable à tous les exercices du corps, aptitude incontestable à tous les arts auxquels il s'était adonné : dessin, peinture, sculpture, — Alfred d'Orsay avait été comblé de trop de dons pour que ses jours ne fussent pas parcimonieusement comptés. La mort a été inexorable, mais elle a été juste. Elle ne l'a pas traité en homme vulgaire. Elle ne l'a pas pris, elle l'a choisi.

A M. Grenier de Cassaçjnac.

31 août 3852, LE GOUVERNEMENT DU 2 DÉCEMBRE DEVANT LA RAISON ET DE- VANT LA MORALE : — Tel est le litre d'une série d"articles que vous publiez.

Non moins que vous je suis opposé à la séparation du pouvoir en deux branches rivales : pouvoir législatif et pouvoi)' exécutif, mais sous la réserve expresse et fondamentale de la séparation entre ce qui est collectif et ce qui est individuel. Oui, il ne doit plus y avoir qu'un seul pouvoir, le pouvoir exécutif, mais à la condition que ce pouvoir, révocable, sera étroitement renfermé dans la gestion de la CHOSE publique et ne pourra jamais restreindre la liberté privée, qui est le droit inviolable de tous et la propriété légitime de chacun.

Pour justifier ce que vous appelez le Coup de foudre du 21 décembre, vous dites :

« Considérablement affaibli en 1815, modéré eu 1830, et ayant, malgré cela, conduit à deux révolutions, le principe de l'initiative des Assemblées s'étala triomphalement dans la Constitution de 1848. A quel résultat avait-il conduit la France en deux années? A un système de pillaije et (Téjorçjeincnt unicenel, dont l'organisation était prête et dont le mot d'or-

dre était donm'", lorsque la France fut réveillée au bord de l'abîme par le coup de foudre du 2 décembre. »

Si la loi du 31 mai n'eût pas été présentée, votée, promulguée, si elle eût été abrogée, ffui vous donne le droit, monsieur, de penser et de dire que les élections du 9 mai 1852 eussent été « le pillage et dégorgement universel ? » La Nation française est-elle donc une nation de pillards et cVégorgeurs ? La Nation française est-elle donc une nation de lâches? En admettant que tous les expulsés, tous les transportés, tous les internés après le 2 décembre, au nombre de 10 MILLE environ, fussent des pillards et des égorgeurs, de l'autre côté de la balance n'y avait-il pas 10 millions d'électeurs qui n'eussent pas souffert qu'on les pillât et qu'on les égorgeât? Que pouvaient 10 mille contre 10 millions? Et encore est-ce là une hypothèse gratuite et injurieuse dont l'histoire fera justice, quand elle dira quels furent ces transportés, quels furent ces expulsés, au nombre desquels sont quatre généraux : le général Bedeau, le général Ghangarnier, le général de Lamoricière, le général Leflô!

Je ne parle pas de Victor Hugo, à qui vous devez tant !

Vous ne vous contentez pas d'insulter dix mille de vos concitoyens, vous insultez, en les comptant pour 000,000 les 21,759 gendarmes qui composent la gendarmerie, et les 400,000 hommes de troupes qui composent l'armée ! 400,000 hommes de troupes et 22,000 gendarmes, n'était-ce donc rien? N'était-ce pas une force suffisante pour maintenir le respect de la loi? Si cette force armée a suffi le 2 décembre 1851, lorsqu'il y avait à prévoir et à craindre un refus universel ou partiel de concours judiciaire ou administratif, comment cette force n'eût-elle pas suffi le 9 mai 1852, lorsqu'il n'y avait qu'à se renfermer dans l'observation scrupuleuse de la Constitution? Comment le péril eût-il été plus grand le 9 mai 1852, quand on avait tout pour soi Constitution, loi, magistrature, que le 2 décembre 1851, quand on avait contre soi la Constitution, la loi, et qu'on pouvait redouter la magistrature qui avait siégé à Bourges

et à Versailles, où elle avait condamné, à Bourges, Barbes etBlanqui, à Versailles, Guinard et Ledru-Rollin?

Vous qui siégez aujourd'hui sur les bancs de l'enceinte législative et autour de la table d'un conseil général, vous dites, vous osez dire que la Constitution de 1848 avait conduit la France à un système de « pillage et (dégorgement universel! » Vous en avez menti, monsieur; et ce démenti, ce n'est pas moi qui vous le donne, c'est l'élection du 10 décembre 1848, qui a eu lieu en vertu de la Constitution du 4 novembre 1848, votée par une assemblée constituante ; c'est l'élection du 13 mai 1849, qui a également eu lieu en vertu de la même Constitution ; ce sont toutes les élections partielles qui ont eu lieu en 1849, en 1850 et en 1851 .

Le 10 décembre 1848, qui donc a pillé, qui donc a égorgé?

Le 13 mai 1849, qui donc a égorgé, qui donc a pillé?

En avril 1848, en décembre 1848, en mai 1849, en mars et avril 1850, en décembre 1851, en février 1852, l'exercice du suffrage universel, avant et après la Constitution de novembre 1848, avant et après la Constitution de janvier 1852, a-t-il donc donné lieu à un seul fait de pillage, à un seul fait d'égorgement?

Pour flétrir ainsi le suffrage universel, qui êtes-vous donc, monsieur, et faut-il vous rappeler que vous êtes l'un de ses élus? Faut-il vous rappeler que si vous êtes député et membre d'un conseil général, vous n'êtes député et membre d'un conseil général que par le suffrage universel? Faut-il vous rappeler que si le neveu de l'empereur est rentré en France, en 1848, et que s'il y est, en 1852, le chef de l'Élat, il n'est rentré en France que rappelé par l'opiniâtreté du suffrage universel, et n'y a été élu président de la République que par l'immense majorité de cette Nation, que vous ne craignez pas de représenter devant l'Europe comme étant une nation de « pillards et d\'gorgeurs?

Honte au journal qui, s'appelant le Pays, peut ainsi calomnier la France I

Non, non, cent fois non, dix millions de fois non. l'élec-

tion du 9 mai n"eût été ni le pillage ni l'égorgement universel :

Premièrement, parce que la France n'est pas une nation crégorgeurs et de pillards ;

Deuxièmement, parce que l'immense majorité des électeurs, ainsi qu'elle l'a prouvé en avril 1848, avait le plus grand intérêt au maintien de l'ordre et à l'affermissement de la République ;

Troisièmement, parce que c'eût été devant l'Europe et devant l'Histoire l'honneur de l'Élu du 10 décembre 18i8, de défendre intrépidement l'ordre public et le suffrage universel s'ils eussent été attaqués;

Quatrièmement, parce que, dans toutes les communes, la gendarmerie eût fait son devoir, et qu'aucun péril n'eût été au-dessus de son courage ;

Cinquièmement, et enfin, parce que l'armée a prouvé à quel point elle portait l'esprit de discipline militaire et la pratique de l'obéissance passive !

Armée, gendarmerie. Élu du 10 décembre, administration et magistrature, suffrage universel et corps électoral composé de 10 millions d'électeurs, se réunissent donc pour dire, à l'unanimité, que lorsque vous écrivez que l'élection du 9 mai 1852 eût été le pillage et l'égorgement univei'sel, vous les calomniez et vous mentez !

!"■ sei>tcml)re 1852.

« Il existe donc un pays dans notre Europe civilisée où » la liberté de l'écrivain va jusqu'au droit de diffamation ! » Il existe une presse qui, au lieu de prêcher la concorde » et la paix, fait métier d'insultes et de calomnies; qui, au » lieu d'apaiser des haines expirantes, s'étudie à les irriter, » à les envenimer chaque jour.

» Oui! ce pays existe; il se nomme la France!

» Oui, cette presse existe; elle se produit à Paris!

» Chose plus grave! c'est un journal sérieux, Porgane re- » connu de certain parti politique, c'est le Pays , qui a » adopté depuis longtemps ce système d'injures perfide- » ment calculées et audacieusement écrites,

» Il y a peu de jours, la Presse a dû protester au nom de » la dignité de la France et de son gouvernement contre » les imputations malveillantes de la feuille française.

» Et hier, nous trouvons dans les colonnes du Pays de » nouveaux outrages, non seulement contre l'homme que » le suffrage populaire a proclamé chef de l'État, mais en- » core contre la nation tout entière. »

Les lignes qu'on vient de lire sont textuellement celles d'un article publié en tète du journal le Pays.

Nous n'y avons changé que les six mots soulignés.

Où il y avait V Angleterre nous avons mis la France.

Où il y avait Londres nous avons mis Paris.

Où il y avait le Times nous avons mis le Pays.

Où il y avait le Moniteur nous avons mis la Presse.

Enfin, où il y avait britannique nous avons mis française.

Dire que « la Constitution de 1 S4S avait conduit la France » à un système dex^iUage et d'égorgement universel., » quel outrage ! non seulement contre l'homme que le suffrage populaire a proclamé chef de l'État, mais encore contre la nation tout entière !

C'est faire supposer que le 9 mai 1852, l'Élu du 10 décembre 1848 eût manqué du courage nécessaire pour faire respecter la loi et maintenir l'ordre, dans le cas improbable où l'ordre eût été troublé et où la loi eût été méconnue!

C'est faire supposer que la France se compose, en immense majorité, de pillards et d^égorgeurs, puisque c'est admettre que 400,000 hommes de troupes parfaitement disciplinées et 22,000 hommes de gendarmerie eussent été impuissants à contenir, à combattre, à réprimer le pillage et \' éfjorgement universel !

Dire qu'en mai 18o2 la France eût été livrée au « pillage » et à l'égorgement universel, » est-ce donc prêcher la

» Concorde et hi Paix? » N'est-ce donc pas f;tire a métier » d'insultes et de calomnies? ^^ Au lieu « d'apaiser des haines » expirantes, n'est-ce pas s'étudier à les irriter, à les enve- » nimer chaque jour? »

Représenter la l¥ance devant l'Europe comme une nation de « pilla)-ds et d'éfjorgeurs, » la France qui a élue, le 10 décembre 1848 et le 20 décembre 1831, Louis-Napoléon Bonaparte, n'est-ce pas donner au Times et à toute la presse britannique l'exemple de la difl'amation la plus outrageante? N'est-ce pas convier l'Angleterre et l'Europe au mépris de la France ?

Et c'est un journal , traînant chaque matin dans la boue de sou écritoire le pays dont il a usurpé le nom , qui s'indigne emphatiquement contre le Times !

Avant de reprocher aux autres la paille qu'ils ont dans l'œil, retirez donc du vôtre la poutre qui s'y trouve I

Si vous tenez à ce qu'on respecte la France, votre pays, commencez donc par cesser, gens du Pays, de la diîï'amer, de la calomnier, de l'outrager!

3 sept^-mbre 1852.

Le Pays publie un article intitulé : la presse étrangère ET LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS. Cet article cst divisé en cinq paragraphes. Le dernier de ces paragraphes, le paragraphe V, se termine par ces mots en vue desquels tout l'arlicle semble avoir été composé :

« Si une rcHoltition ne s'était pas accomplie par en haut, en décembre 1851, au prix d'un peu de sang, il se serait fait par en bas, eu mai 1852, une révolution qui aurait sacrifié des milliers de victimes ; il est vrai qu'il se rencontre, même à Paris, des journalistes pour nier le dar.^-er, aujourd'hui qu'il est passé. Ces journalistes-là oublient qu'une armée de 400,000 hommes n'est qu'irne force inerte, lorsqu'il n'y a plus de gouvernement pour lui donner l'impulsion, et qu'il a suffi, en 1793, d'une poignée de terroristes pour imposer la domination de l'échafaud :'i des millions de gens de bien. »

Ouclquc péril qu'il puisse y avoir à défendre Ihonneur de la Fraueo eunlre les calomnies du journal le Pays et de ses trois consuls : MM. de La Guéronnière, de Cassagnac et de Césena, je ne laisserai pas sans réplique une réponse sans fondement.

Je rép(mds au Pays en lui opposant ces paroles du Message du 4 novembre 1831, signé loiis-napoléon Bonaparte:

« La loi (lu 31 niiii, clans son application, a même dépassé le but qu'on pensait atteindre; personne ne prévoyait la suppression de 3 millions d'électeurs, dont les deux tiers sont habitants paisibles des campagnes. Qu'en est-il résulté? C'est que l'immense exclusion a servi de prétexte au parti anarchique qui couvre ses détestables desseins de l'apparence d'un droit ravi et à reconquérir. Trop inférieur eu nombre pour s'emparer de la société parle vote, il espère, à la faveur de l'émotion générale et au déclin des pouvoirs, faire naître sur plusieurs points de la France à la fois des troubles qui seraieiit réprimés sans doute, mais qui nous jetteraient dans de nouvelles complications. Rétablir le suffrage universel, c'est enlever à la guerre cii'ile soi} drapeau. »

Je réponds au Pays en lui opposant ces paroles de l'exposé des motifs du projet de loi déposé dans la séance du 4 novembre 1851 , par M. de Thorigny . ministre de l'intérieur :

« Ce serait fermer les yeux à la lumière que de ne pas reconnaître que la loi du 31 mai a dépassé le but qu'elle se proposait d'atteindre en imposant à l'exercice du droit électoral une condition dont l'excessive rigueur va bien au-delà de ce que la prudence du législateur a jamais exigé pour l'accomplissement des actes les plus importants de la vie civile.

» Nous vous proposons, en conséquence, de revenir au principe de la loi du 15 mai 1849.

» Qu'on ne cherche pas dans cette résolution un prétexte à l'inquiétude.

» Où est en effet le danger? L'Assemblée nationale actuelle n'est-elle pas née de ce principe, et ne serait-elle pas une protestation contre tonte vaine crainte? Faut-il rappeler aussi l'élection du 10 décembre, qui repose sur la même base, et la signification éclatante qu'elle portait en ellemême contre toute pensée de désordre et d'anarchie ?

)v ... Que les esprits se rassurent donc !

)' La seule pensée qui nous anime en vous présentant ce projet de loi, c'est d'épargner au pays des agitations nouvelles, c'est d'ôter aux mauvaises passions tout prétexte même de désordre, c'est d'entourer les pouvoirs nouveaux de la vénération et de la conliance qui vous sont accordés h vous-mêmes. C'est enfin de conduire pacifiquement le itny s h l'accomplissemeut Ic'gal et régulier de «es destinées.

» Croycz-le bien : Vordrc nera partout tuergiquement prote.jé, et plus la liberté régnera aux abords <lo l'urne électorale, plus nous saurons maintenir le re>pect dû aux luis c[ui garantissent la paix publique. »

Je réponds au Pays en lui opposant ces autres paroles prononcées encore dans la séance du 13 novembre 18ol, par M. de Thorigny, ministre de l'intérieur :

« J'ai parlé do ce qui pouvait se produire, des résultats trop certains que l'expérience confirme, de tout ce que la loi du 31 mai pouvait exciter de haine et de défaveur contre le gouvernement, quel qu'il soit ; j'ai pai'lé de ce qulelle pouvait avoir de contraire au maintien de la paix publique. Fallait-il que le pouvoir exécutif fermât les yeux sur une situation si grave? A côté du désordre matériel, facile à réprimer, je le veux, n'y a-til point le désordre moral, plus dangereux peut-être, et sur lequel ne saurait trop s'étendre la vigilance de l'autorité ? Eh bien ! ce désordre moral dont je parle, et qui peut se produire plus tard en actes coupables qui seraient flétris par la loi, domptés par Cautorile, personne ne peut concevoir le moindre doute à cet égard : le gouvernement a dû s'en pi'éocciiper. »

Je réponds au Pays en lui opposant aussi cette déclaration faite dans cette même séance du 13 novembre 1851 , par M. Daviel, ministre de la justice :

c Qu'on oublie les dissidences secondaires; qu'on ne voie que la France, et par l'exercice du suffrage universel en 1852, comme en 1848, la France sera sauvée ! »

On le voit, de l'aveu du président de la République et de ses ministres, le ministre de l'intérieur et le ministre de la justice, aucune révolution par en bas n'était à craindre en 1832, car il suffisait de « rétablir le suffrage universel 2>o«?' ENLEVER à la Querre civile son drapeau! » Il suffisait d'abroger la loi du 31 mai pour « conduire pacifiquement le pays à l'accomplissement légal et régulier de ses destinées. l'ordre eut été partout énergiquement protégé, le désordre MATÉRIEL EUT ÉTÉ FACILE A RÉPRIMER. LES ACTES COUPABLES FLÉTRIS PAR LA LOI EUSSENT ÉTÉ DOMPTÉS PAR l'aUTORITÉ. PER- SONNE NE PEUT CONCEVOIR LE MOINDRE DOUTE A CET ÉGARD. ^'

Ces paroles ne sont pas les miennes; ce sont celles du gouvernement telles qu'elles se trouvent consignées dans le Moniteur universel. Elles nient le danger que le Pays imagine! Elles repoussent l'Iiypothèse que le Pays suppose !

Les élections pour le renouvellement de l'Assemblée législative devaient avoir lieu au plus tard le 28 avi'il 1852 ; elles pouvaient être rapprochées. Les pouvoirs du président de la République n'expiraient que le 9 mai 1852.

Donc, il n'est pas vrai de dire que, « au jour des élections, il n'y aurait plus eu de gouvernement, » et que l'armée française, ayant à défendre la Constitution et la loi , l'ordre et la liberté, n'eût été qu'une « force inerte. » Parler ainsi de l'armée française, la traiter de force inerte, c'est l'injurier !

Prétendre qu'en avril et mai 1852 une « poignée de terroristes » eût suffi pour vaincre 400,000 hommes de troupes disciplinées et éprouvées et 22,000 hommes de gendarmerie, c'est contredire les termes du Message du 4 novembre 1851, signé Louis-Napoléon Bonaparte; c'est contredire les déclarations réitérées de M. de Thorigny, ministre de l'intérieur; c'est contredire le discours de M. Daviel. ministre de la justice, qui s'accordent à donner incontestablement raison à la Presse contre le Pays.

Messieurs, un peu de mémoire !

En avril 1848, alors qu'il n'existait qu'un gouvernement provisoii'e. sans unité, sans force publique , sans police régulière, alors que le suffrage universel en était encore à sa première épreuve, comment la France a-t-elle voté?

A-t-elle voté en désordre ?

Le sang a-t-il coulé ?

La terreur a-t-elle régné ?

Pourquoi donc en avril 1852, avec un pouvoir exécutif concentré, avec une force publique immense, avec une police innombrable , et alors que le suffrage universel avait déjà paifailement functionné trois fois, la France aurait-elle eu moins de raison , nu»ins de Icrineté , inoins de modération (pi'en avril 1848?

Où avez-vous puisé le droit et lrou\é un seul motif de vous défier d'elle ?

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