LIBERTE ET REVOLUTION
25 avril 1853.
Ce qui suit est extrait de la Note XXVI, remise par M. Fiévée, en mai 1804, lorsque les mots : République française, s'effacèrent pour faire place à ceux-ci : Empire français :
« Par le fait que le pouvoir d'un seul a pu se rétablir de lui-même, il serait assez fort pour briser tout ce qui lui résisterait, et on aurait un despotisme violent au lieu d'un pouvoir général né des circonstances. J'appuie sur ces distinctions, parce qu'elles sont réelles , et qu'elles expliquent comment la lassitude des révolutions et des-systèmes jette toute une nation dans les bras d'un homme sans qu'on puisse en conclure qu'elle aime le despotisme. Personne ne l'aime, pas même ceux qui le vantent par lâcheté ou le servent par intérêt. Mais quand on s'est trompé sur les moyens d'assurer la liberté, il n'y a plus qu'une voie de salut, c'est de se confier au pouvoir. Ce pouvoir se servira-t-il de la Révolution pour enchaîner la liberté publique, ou tuera-t-il la Révolution pour laisser aux doctrines à la fois favorables au pouvoir et à la liberté les moyens de renaître? Telle est la seule question que le temps ait à décider. Pour moi, elle ne serait pas douteuse, et quoique l'empereur trouve ma politique un peu vieille, et qu'il me permette de trouver quelquefois la sienne un peu vigoureuse, je persiste à croire que la mobilité de nos idées, l'exaltation de nos passions née de l'absence de toute force morale, ne peuvent se fixer et se calmer que par l'alliance du pouvoir et de la liberté. La liberté dans une monarchie est le contraire de l'esprit de révolution (1).
(1) J, FlÉVÉK. {Correspondance et Relations de J. Fiévée axer Bonaparte, premier co7isul et empereur, pendant onze années, ]802 à 1813. T. II, p. 2,)