‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 5)Chapitre 23 sur 231 · TKOIS JOURS, TROIS SAISIES, TROIS PROCÈS · texte numérisé non relu

TKOIS JOURS, TROIS SAISIES, TROIS PROCÈS

Allendrez-vous donc qu'il soit trop lard pour réfléchii' sur la destinée que six millions d'électeurs vous ont faite ?

N'avez-vous donc pas sur la table de votre cabinet le Mémorial de Sainte-Hélène ?

P. S. — Les détails suivants sur la nouvelle mise au cachot d'un certain nombre des détenus de Belle-Ile me sont adressés :

« Quelques prisonniers avaient imaginé d'organiser de petites tables où ils pussent un peu plus facilement travailler, écrire, faire leur correspondance. L'administration s'est offusquée de cette idée. Alléguant que les planches formant les tables lui appartiennent, elle veut les faire enlever.

» Les prisonniers s'opposent à l'enlèvement des objets d'une si inotfensive jouissance ; immédiatement tous les membres des chambrées coupables sont jetés au cachot.

» Cette expédition, qui s'est passée le 14 mai 1831 , à quatre heures du soir, a eu pour victimes MM. Barbes, Gambon, Maigne, André, Daniel Lamazière, Langlois, Hibruit et dixneuf autres de leurs compagnons. Tous sont au pain et à Veau, n''ajjant d'autre couche qu'une paille étendue dans les casemates depuis longtemps. »

" C'est ce qui fait qu'après le 24 fe'vrier, lorsque ces partis ont éclate' et que cette situation sociale s'est révéle'e, ON A RECONNU QU'IL n'y AVAIT PLUS DE MO- NARCHIE POSSIBLE. Et ceux qui s'honorent d'y avoir été fidèles jusqu'au dernier jour ont cru qu'il était de leur devoir social, de leur devoir de citoyen, de se rallier FRANCHEMENT A LA SEULE FORME QUI DÉSORMAIS PEUT CONJURER LES MALHEURS PUBLICS. (TrfeS bien !) ^i

DUPiN. 27 septembre 1848.

" La Piépublique a été fondée ici le 4 mai, le jour ob, en présence de la population de Paris tout entière, k la face d'un soleil radieux comme les cœurs et comme les visages, nous sommes venus, tous ensemble, proclamer la république! (Très bien 1 très bien 11 » DE FALLOux. 4 septembre 1848.

20 mai 1851.

11 y a plusieurs raisons principales et décisives pour lesquelles la République ne sera pas renversée.

Ce qui m'embarrasse uniquement , c'est de savoir dans quel rang les classer ici.

Je commencerai par la raison la plus vulgaire, et je dirai : La République ne sera pas renversée, parce que les Monarchistes qui en souhaitent la chute ne feront pas contre la Républi(]ue ce que les Républicains ont fait contre la Monarchie. Us ne risqueront pas tout : fortune , liberté, vie. Ils ne s'exposeront pas à se faire condamner à la détention dans le fort Saint-Michel , ou à se faire tuer dans les rues derrière une barricade. Or, les couronnes toutes restaurées

ne tombent pas plus du ciel que les alouettes toutes rôties .

La Répul)lique de 1848 existe, du même droit qu'existait la Monai'cliie de 1830. Si vous tenez tant, mes braves messieurs, à renverser la République , tenez donc alors un peu moins h respirer Pair pur et à finir tranquillement votre existence dans un lit moelleux. Risquez quelque chose , ne fût-ce qu'un cil de vos prunelles.

La République ne peut être renversée qu'à la suite d'une bataille, et une bataille ne peut avoir lieu que si vous la livrez.

LiM'ez-la donc !

Un peu de courage !

Qui ne risque rien, n'a rien.

La Monarchie de 1815 n'est pas tombée toute seule en 1830.

La Monarchie de 18-30 n'est pas tombée toute seule en 1848.

La République de 1848ne tombera pas toute seule en 1851 : et, s'il n'y a pour la renverser que vos déliljérations de la Rue de Rivoli, de la Rue des Pyramides , de la Rue de l'Université, vos dîners de fusion et vos harangues de tribune, prenez garde de raffermir, connue on affermit le clou sur la tête duquel on frappe.

En vérité, en vérité, je vous le dis : c'est ridicule, c'est risible.

Si vous entendiez comme le peuple s'en moque !

Lui qui est toujours prêt à verser son sang pour ce qui est l'objet de sa foi !

Je connais mille républicains, dans le peu que je connais, convaincus ou convertis, qui sont tous prêts à se faire tuer pour défendre la Répul)lique; je ne connais pas un seul monarchiste qui soit décidé à braver le même péril pour relever la Monarchie.

Bien dîner, bien digérer ne suffit pas.

Je viens de donner ma première raison, et, je l'ai dit. la plus vulgaire.

Je passe à la seconde :

La République ne sera pas renversée, parce que les motifs que faisait valoir à la tribune, le 27 septembre 1848,

52 ISSi.

M. Dupin, iToiil pas cessé de subsister el onl conservé toute leur force.

[.e 27 septembre 1848, que disait M. Dupin? — 11 disait :

« On a reconnu qu'iL n'y avait i-lus de monakchie possible. » Ceux qui s'honorent (Vy avoir été fidèles jusqu'au dernier jour ont cru qu'il était (le leur devoir social de se RALLIER FRANCHEMENT a la

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