SI
de place, s'il est obligé d'aller alternativement de droite à gauche et de gauche à droite; qu'est-ce que cela prouve?
Cela prouve qu'aucun pouvoir en France n'est fidèle à son origine, qu'aucun homme politique n'est fidèle à lui-même.
En 1846, M. Guizot fait entendre aux électeurs assemblés ces paroles : « Toutes les politiques vous promettront le progrès; la politique conservatrice seule vous le donnera. «
Je recueille ces paroles; la Presse en est l'écho.
En 1847, M. Guizot, enivré et enchaîné par une majorité de cent voix, renie et combat tout progrès?
Est-ce ma faute, à moi, et devais-je renier ce que j'avais affirmé?
En 1848, M. Ledru-Kollin , ministre de la République tombe dans tous les excès de pouvoir qu'il avait violenunent reprochés aux ministres de la Monarchie.
Est-ce ma faute, à moi, et devais-jô les approuver?
Je soutiens ardemment la candidature de M. L.-N. Bonaparte, pour venger la Liberté et la Justice, qu'avait outragées M. le général Cavaignac.
Est-ce ma faute, h moi, si M. L.-N. Bonaparte commet les mêmes actes d'arbitraire, élal)lit l'état de siège, le maintient depuis deux ans, suspend des journaux, etc.?
Parce que M. L.-N. Bonaparte a manqué aux espérances qu'il m'avait données et à la confiance (jue ses déclarations avaient l'ait naître en moi, devais-je (juitter mes convictions afin de ne pas iTie séparer de sa personne?
Le jour où la Minorité opprimée se changerait en Majorité oppressise, malgré mes efl'orts, et m'obligerait ainsi de changer de ciMé et d'alliM- m'asseoir h droite, serait-ce encore ma faute ?
Une fois de plus, cela est vrai, mon drapeau aurait changé <le place ; mais aurais-je change de drapeau ?
Si M. de Rességuier se tait, que la conscience |)ubli(|ue, à huiuelle je m'adresse, réponde !