VIVE LE ROI! VIVE LA LIGLE
3 juin 1851.
Si l'on en juge par le récit des journaux ministériels. M. L.-N. Bonaparîe aurait été à Tonnerre l'objet d'un accueil non moins enthousiaste, non moins sincère et non moins flatteur que celui fait à iM. Armand Marrast, lorsque ce dernier se rendit à Lille ou à Douai, en 1848, pour assister à une remise de drapeaux.
Les pouvoirs, changent en France, mais la France ne change pas ; elle est toujours la même poui' tous les pouvoirs qui se succèdent. F]lle les encense tous; c'est ce qui les aveugle et les perd tous.
Au commencement de son règne, qui lut plus populaire que Charles X? Peu de mois avant sa chute. |)ar quels transports ne l'ut pas accueilli Louis-Philippe se rendant à Dreux par le (heiiiiii de Ter du Nord, et écrivant d'Amiens, dans l'ivresse de sa joie, ;\ M. Guizot : a .1/o/î cher miiiisirc... soyez béni ! »
Le 4 novembre 1848, le jour où la (lonslilutiou l'ut promulguée sui" la place de la (Concorde, |)ar (pielles acclamations ne lut pas salué le généi'al (lavaignac. assistant au défilé des troujx's cl iW l;i i^ardc nationale !
En 1814, quels transixirts a rani\ée des Bourbons et an départ de TEmpercur !
VIVE LE HOl ! VIVE LA LIGUE 1 71
En 1815, quels (ranspoits non moins ardents au retour de l'Empereur et au départ des Bourbons !
Même année 1815. QueLs nouveaux transports au nouveau retour des Bourbons et au nouveau départ de TEmpereur !
La France de 1850 est eneore la France de 1577, alors qu'elle criait alternativement : Vive le roi ! Vive la ligue!
0 Paul-Louis Courrier, tu avais raison lorsque tu te servais de mots que je ne veux pas rappeler!
LA UÉPUBLIQUE GONSOLIDEE.
Il On me duiincrait le oliuix de sept cent cinquante constituants, et, celtes, je les choisirais avec soin, que, j'en suis convaincu, dans Télat actuel des partis, surtout depuis qu'on a tant et si imprudemment travaille a ce qu'on appelle la fusion, nos e'ius ne viendraient a bout de s'entendre ni sur le fond ni sur la forme, ni sur les choses ni sur les personnes, et, tout monarchistes qu'ils seraient, ils feraient encore une Re'publique. •> l'iscATORï. Neuvième bureau.
7 ji;in 1851.
AtkMidez, (lisaient-ils. attendoz lo28mai J851, attendez le joui" où l'Assemblée législative enti'era dans la troisième année de son e.xislenee, et où la proposition de révision de la Constitiiti(jn pouri'a être eonslitutionnellement déposée sur la tribune nationale; de tous les points de la France s'élèvera une voix unanime ([ui eri(>ra : révision de lx constitution ! RENVERSEMENT DE LA RÉPUBLIQUE !
Attendez! criaient avec ivresse les bonapartistes.
En avant! reprenaient avec transport les légitimistes.
Nous attendons! disaient avec amertume les orléanistes.
Le '28 mai 1851. ce jour si impatiemment désiré, est enlin arrivé ; une pi'oposilion de révision émanant d"un ancien ministre de la monarchie, d'un ancien pair de France, aujourd'hui représentant du peuple, de M. le duc de Broglie, a été délibérée, laite, défaite, rel'aile, signée, tléchirée, resignée, et enfin déposée en compagnie i\c deux autres pro-