‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 5)Chapitre 55 sur 231 · L. DE EODEZ-BÉNAVENT. FERDINAND ROUOH. >i · texte numérisé non relu

L. DE EODEZ-BÉNAVENT. FERDINAND ROUOH. >i

a Une telle déclaration fait justice des insultes de M. Escande.

» Si personne ne prend la responsabilité de ces insultes, je serai autorisé à conclure qu'aucun homme d'honneur, appartenant au parti légitimiste, ne veut être solidaire des provocations insolentes dont j'ai été l'objet.

» ARISTIDE OLLIVIER

28 juin 1851.

Le Suffrage univei'sel nous arrive de Montpellier, encadré

de noir et avec un article dont nous détachons ce passage :

ç Jeune encore, Ollivier s'était préparé, par de fortes études, aux gran-

des luttes de la démocratie. — Les grands pabliclstes, dont il était l'élève chéri, le considéraient comme destiné h être un jour leur émule ; — ils le regretteront comme leur enfant.

» Tout républicain qu'il était, pour lui la République n'était pas le but, c'était le moyen nécessaire de faire avancer l'humanité vers ses destinées.

» Il était surtout socialiste, parce que, à ses yeux, le socialisme est la seule raison d'être de la République.

» Mais son socialisme était aussi intelligent que généreux ; ennemi de tous lesdespotismes, ce n'est que par la liberté qia'il concevait le progrès possible, c'est-à-dire la marche incessante des sociétés humaines vers l'égalité.

» Au nombre des personnes qui devaient prononcer des discours sur la tombe de notre regrettable ami, se trouvait le citoyen Digeon père ; mais M. le préfet ayant fait déclarer qu'il permettait tjn discours seulement, et qu'il donnait ordre au commissaire central de police d'interrompre Vorateur an premier mot qu'il jugerait dangereux, le citoyen Digeon s'est abstenu.

» Il le devait pour deux motifs : d'une part, il aurait craint de blesser la juste susceptibilité des ouvriers démocrates, amis d'Ollivier comme lui, et qui auraient été privés seuls de la consolation de lui adresser un dernier et touchant adieu ; d'autre part, habitué qu'il est à une entière liberté de parole, le citoyen Digeon a cru de sa dignité de ne pas se soumettre à la censure de la police, rarement intelligente.

» Vun des membres du comité de rédaction^

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