U REVOLUTION FRANÇAISE
2 juillet 1851.
Le Moniteur de la fusion , le journal pseudonyme de M. Guizot, répond aujourd'hui à l'article de la Presse, intitulé : TROIS RÉvoLUTio\s, par cette déclaration :
(( Condamner toutes les révolutions serait, en effet, ce qu'il y aurait de plus simple et de plus moral, si dans la justice comme dans les fautes elles-mêmes, il ne devait y avoir des degrés. »
Par cette déclaration, les trois révolutions de 1789, 1830 et 1848 sont souverainement condamnées.
En 1789, il fallait attendre que la noblesse et le clergé renonçassent à leurs privilèges.
En 1830, il fallait laisser faire M. de Polignac.
En 1848, il fallait que MM. Odiion Barrot, Baroche, Faucher, de Maleville, Duvergier de Hauranne, etc., etc., se laissassent flétrir, comme s'étaient laissés flétrir, trois années auparavant, M. Berryer et ses amis politiques, lorsque M. Guizot, avec toute l'éloquence dont on le sait doué, leur jetait, dans la séance du 15 janvier 1844, du haut de la tribune, ces paroles dont j'ai cité déjà quelques-unes, mais qu'il importe de compléter :
« M. GUIZOT : On a parlé et agi au nom d'un droit qui se croit supérieur à tous les droits, au nom d'un droit qui prétend demeurer entier,
imprescriptible, inviolable, quand tous les autres droits sont violés. (Très bien !) Au nom d'un pouvoir qui n'accepte aucune limite, aucun contrôle complet et définitif; au nom d'un pouvoir qui ne peut pas se perdre luimême, quelque insensé et quelque incapable qu'il soit (Très bien!); de qui les peuples, quoiqu'il fasse, doivent tout supporter.
» C'est là ce qu'on appelle la légitimité. Voilà le principe de Belgrave- Square ! voilà le drapeau qu'on a opposé là à notre drapeau de 1830 !
» Quant à la légitimité dont vous vous prévalez, que vous invoquez, ce droit supérieur à tous les droits, ce pouvoir qui ne peut se perdre lui-même , de qui les peuples doivent tout si^pporter... Ab ! je tiens ces maximes-là pour absurdes.^ honteuses, dégradantes pour l'humanité... « M. BERRYER : Je demande la parole.
» M. GuizoT : Et quand on prétend les mettre en pratique, quand on prétend les tendre dans toute leur portée et les pousser jusqu'à leurs dernières extrémités, une nation fait bien de se revendiquer elle même et de rétablir, à ses risques et périls, par un acte héroïque et puissant, ses droits méconnus et son honneur offensé.
>> C'est là ce que nous avons fait en 1830 ; c'est là ce qu'on voudrait défaire aujourd'hui ; Belgrave-Square n'a pas d'autre but , ni d'autre sens.
» Pour agir réellement contre un pouvoir établi, contre un gouvernement régulier, il faut avoir au moins des prétextes, il faut avoir des libertés à revendiquer, des droits violés à ressaisir. Vous n'avez rien de semblable.
» Il ne suffit pas même, quand ou veut attaquer un gouvernement, d'avoir de tels motifs; il faut avoir dans le pays un certain appui, il faut trouver des dispositions un peu favorables, des chances possibles. Vous n'avez rien de tout cela. Vous n'avez ni griefs ni forces. (Très bien !)
» Les bonnes intentions, les bons et sages conseils n'ont jamais manqué à la branche aînée de la maison de Bourbon. Il y a toujours eu auprès d'elle, autour d'elle, des hommes qui lui ont dit la vérité, des hommes qui voulaient réellement le bien du pays. Elle n'a pus su, elle n'a jamais su les croire ni les suivre. Elle est toujours retombée plus ou moins vite, plus ou moins complètement, sous le joug des aveugles et des insensés. (Approbation.)
» Il y a, messieurs, il y a des destinées écrites, il y a des incapacités fatales (Sensation), dont aucun médecin ne peut relever ni une race ni un gouvernement.
» Voici le vrai, à mon sens, sur les dispositions du pays à cet égard, sur le jugement qu'il en porte. Il en est offensé et point inquiet. (Approbation.) Il ne se fait aucune illusion sur vos desseins ; il a pleine confiance dans votre impuissance. (Rires prolongés.)
» La chambre pense et sent comme le pays. (Oui 1 oui !| Voilà pourquoi tout ce bruit que vous avez fait et entendu a abouti... à quoi? à une phrase dijns une adresse.