Y A-T-IL DEUX JUSTICES
12 juillet 1851.
Telle est la question que s'adresseront tous ceux qui liront le passage suivant du rapport de M. de Melun :
« L'un des abus les plus graves que nous devons signaler, et qui, à nos yeux, est une objection puissante contre ce genre de pétitionnement, c'est qu'entre les mains de certains fonctionnaires, il devient une occasion de blâme ou d'éloge envers les citoyens, et sert même d'instrument de délation. Des maires, croyant sans doute se rendre agréables au pouvoir, délivrent des certificats de zèle à leurs administrés, et signalent les récalcitrants en prêtant à leurs refus des motifs blessants et injurieux. (Mouvement.) Des juges de paix dénoncent les maires qui refusent leur concours, des fonctionnaires mêmes ont été nominativement désignés comme s'opposant au pétitionnement.
x Quelques gens du pouvoir se sont plus occupés d'eux-mêmes que des autres. Une réclame eu leur faveur était jointe à la pétition générale. (Hilarité générale et prolongée.) Les demandes de croix d'honneur et de subsides, pour la construction d'une église ou d'une école, semblent très heureusement apostillées par une centaine de signatures révisionnistes. Nous avons vu une pétition individuelle écrite par un fonctionnaire, revêtue du sceau qui lui avait été confié pour un tout autre usage, et donnant ainsi un caractère officiel à un document qui demandait toute autre chose que son texte dicté en apparence par le plus vif amour du pays.
» Nous ne saurions assez blâmer ce prétendu dévoûment, qui ne cherche ainsi qu'à satisfaire des passions malveillantes et un intérêt personnel.
» Quant aux pétitions en elles-mêmes, elles sont presque toutes imprimées, présentant un nombre assez restreint de formules émanées la plu- ])art des comités de Paris. Plusieurs ont été imprimées dans les chefslieux des départements, avec certaines variantes, suivant l'opinion «uppo-