LA RÉACTION PAR ET CONTRE LA RÉPUBLIQUE
16 août 1851.
M. Adrien de la Valette me rappelle que VAssemblée nationale et la Presse ont lutté ensemble dans le mois de mars 1848.
Oui, cela est vrai, et non-seulement je n'en disconviens pas, mais je sais toujours gré qu'on me le rappelle ; oui, cela est vrai, à cette époque, j'ai blâmé tout acte qui avait le caractère de l'intimidation, qui avait une tendance à l'arbitraire ; mais ce que j'ai blâmé sous le gouvernement provisoire du 24 février, je n'ai pas cessé de le blâmer sous le gouvernement défîniiif du 10 décembre ; je ne me suis pas démenti; la Presse n'a pas fait ce cpj'a fait VAssemblée nationale, qui a approuvé après le 10 décembre ce qu'elle avait blâmé AYANT.
Au surplus, ce n'est ni de 1851, ni même de 1850, quoi qu'en dise M. de la Valette, qu'un dissentiment existe entre VAssemblée nationale et la Presse, car ce dissentiment remonte précisément à l'époque qu'il l'appelle ; il remonte au mois de mars 1848, où déjii je signalais ses tendances réactionnaires, tendances qu'il défendait, le 25 mai's 1848, en ces termes indignés :
« Vous nous nccuscz d'être RÉACTIONXAIIŒS ; ce mot .'uijounl'liui vont (lire suspects, traîtres à \i\ pntiie. Tous nos actes, tous nos articlen jirouvenl lolrc iNjiJSTiciî. On a surpris votre bonne foi ; vous vous empreise-
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rez, lions n'en doutons p;i-, de retirer celle ACCT'f?ATiON, car vous n'êtes pas homme à permettre que ropin'on publique vous traite d'impnidcnt ou
de CALOMXIATEt'R!
» Dans les circonstances difficiles où nous nous trouvons, il y a une vive jouissance, un noble orgueil à suivre la voix de sa conscience au péril de ses intérêts, au péri^ de sa vie. Et, répétons-le bien haut, jamais la