‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 5)Chapitre 91 sur 231 · X. Ici · texte numérisé non relu

X. Ici

Que lui reprocho-t-on donc?

On lui reproche d'avoir fait simultanément le dépôt et la déclaration, lorsque la déclaration aurait dû précéder le dépôt.

M. Leboyer atteste que la déclaration a précédé le dépôt et qu'il est conséquemment en règle.

Mais MM. les ministres de Tintérieur et de la justice sontils en règle lorsqu'ils font poursuivre avec cet excès de rigueur un imprimeur du Puy-de-Dôme, et qu'ils couvrent d'une protection scandaleuse les imprimeurs des Vosges et de la Loire, qui ont fait servir leurs presses à d'innombrables pétitions sur lesquelles ne se trouvent ni le nom ni l'adresse de ces imprimeurs?

On comble la mesure de l'arbitraire!

La politique met en péril la justice. Il faut que la cour suprême le sache !

14 août 1851.

De la liberté du travail, si l'on passe à la liberté de l'enseignement, on trouvera là conune partout une haine déclarée contre la liberté, l'indépendance individuelle et la République.

Un honorable citoyen de Gastelnaudary, M. Metgé, licencié-ès-sciences, sollicite, en décembre 1850, du conseil académique de Carcassonne, l'autorisation d'ouvrir une institution dans la ville qu'il habite.

A l'appui de sa demande, M. Meigé produit des pièces constatant : moralité, expérience et capacité :

1° Un certificat de moralité ;

2° Un certilicat de stage constatant qu'il a exercé ])endant cinq ans au moins les fonctions de professeur dans un établissement universitaii'c, le(]uel certilicat a été délivré par les principaux membres du l)ureau du collège, leurs si-

ou S'ARRÊTERA-T-OiN ? 243

gnatures ont été légalisées par le maire et le préfet du département;

3° Un certificat de capacité consistant en deux diplômes de licencié, quelques, travaux scientifiques et littéraires, plusieurs titres de membre des académies de sciences et lettres de Toulouse, de Marseille, de Grenoble et de Garcassonne.

La réponse du conseil se fait attendre huit mois ; l'autorisation est refusée pour défaut d'attestations suffisantes. Ce que l'on refuse à M.Metgé, on l'accorde avec empressement à un prêtre missionnaire de Carcassonne, dépourvu de titres universitaires.

Quelques mots feront comprendre la cause de ce refus : M. Metgé est républicain, et il ne se contente pas d'aimer la République, il cherche à lui créer des partisans de tout âge.

Voilà ce que VUnivers et ses amis ont fait de la liberté de l'enseignement, que la Presse les avait aidés pendant dix ans à conquérir I

0 Tartufes, qui ont réclamé la hberté pour avoir le monopole !

Mais patience , ce monopole qu'ils ont dérobé, la liberté rendue le leur enlèvera sans retour.

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