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CONFIANCE! CONFIANCE

25 février 1848.

L'ordre et la liberté, la liberté qui ne saurait exister sans l'ordre, sont appelés.à triompher d'une difficile épreuve.

Ils en sortiront, si chacun se pénètre de la gravité des circonstances, sans se Pexagérer.

Ils en sortiront, si chacun, en ce qui le concerne, au lieu de semer l'alarme et de répandre le découragement, commence par donner l'exemple de l'ordre.

L'ordre... que chacun soit à son œuvre !

-Que tous les gardes nationaux soient à leur poste !

Que tous les officiers s'entendent pour rétablir l'autorité et surtout l'unité du commandement !

Sans l'unité : — autorité nulle part, confusion partout.

Les pires instructions sont celles qui se contredisent et que chacun interpète, commente et exécute diversement. Les meilleures, ne fussent-elles pas bonnes, sont celles auxquelles tous et chacun se conforment.

Le désordre dans les rues est le moins grave ; le plus grave, c'est le désordre dans les esprits.

C'est celui-là qu'il faut prévenir à tout prix. Le moyen de le prévenir, c'est que chacun se rassure et se persuade bien qu'il n'y a de grands périls que ceux que l'imagination crée ou aggrave.

La -défiance est comme le paratonnerre qui attire la

foudre. Malheur à qui se défie , car il appelle la foudre sur sa tète !

La Confiance est le courage de Tesprit.

Montrer de la Confiance , c'est donc montrer à la fois de l'esprit et du courage.

Défiez-vous du peuple, il s'irritera.

Confiez-vous à lui, il s'apaisera.

Son premier et son dernier mouvements sont bons.

Toute réaction a ses excès inévitables. Mais la responsabilité de la réaction est à qui i"a provoquée.

Ce n'est pas à ceux à qui dix-sept ans de durée n'ont pas suffi pour fonder la stabilité à se montrer trop sévères.

Confiance ! Confiance î c'est là ce qui sauvera l'ordre, et par l'ordre se sauveront la liberté, la paix, lïndépendance nationale.

Que toutes les boutiques s'ouvrent !

Que les transactions ne s'interrompent pas !

Que les caisses du commerce et de la banque ne se ferment point !

Que la Bourse reprenne ses opérations !

C'est le moment d'acheter de la rente, non d'en vendre ; pour l'honneur de notre pays, il faut soutenir nos cours. C'est ainsi que la haute banque acquerra des titres qui ramèneront à elle l'opinion populaire. En agissant ainsi avec ensemble et persévérance, elle n'y perdi'a rien, elle sauvera ce qu'elle possède. Il faut savoir risquer pour acquérir; il faut aussi savoir risquer pour conserver.

L'àme de l'ordre, c'est le travail; l'àme du travail, c'est le crédit. 11 faut que le crédit se montre brave. Plus il se montrera brave, et moins, en réalité, il courra de risques.

11 importe de rappeler dans leurs ateliers tous les ouvriers, de leur faire reprendre l'habitude du travail, de leur faire quitter l'arme pour l'outil. Pour cela, il faut que la Banque soit au commerce et à la fabrique ce que le lien est au faisceau. Il faut que le crédit soit au travail ce que le combustible est à la machine à vapeur. On a dit : l'union, c'est

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