CONFIANCE ! CONFIANCE
la force! nous dirons : l'ordre, c'est le crédit; le crédit, c'est l'ordre !
Que toutes les jurandes administrations publiques redoublent de zèle !
Que tous les employés donnent l'exemple de la régularité !
Que toutes les affaires s'expédient rapidement !
Que ceux qui ont les traditions administratives viennent en aide à ceux qui ne les ont pas encore acquises !
Point d'arrière-pensées. Toute arrière-pensée serait coupable. Ce n'est pas l'heure des regrets, c'est l'heure des efforts.
Non-seulement il importe que la Confiance règne à Paris, mais il importe qu'elle s'étende au dehors ; autrement, les approvisionnements manqueraient, et, avec la rareté des subsistances, l'imagination populaire, prompte à s'exalter, s'égarerait. Elle s'en prendrait à tous et à chacun , môme aux chefs du gouvernement d'hier; c'est ce qu'il faut éviter.
Confiance au dedans !
Confiance au dehors !
Mais la confiance ne se commande pas : — oui, cela est vrai, mais elle se gagne. La nôtre est sincère, qu'on la partage.
Que le peuple aussi ait confiance ! que toutes les voix s'unissent pour lui crier et pour lui dire qu'il n'a rien à craindre d'aucune tentative qui aurait le caractère d'une réaction.
Les barricades maintenant ne sont plus une garantie, elles sont une entrave à la circulation.
Il importe que la circulation se rétablisse au plus tôt ; cela importe h la facilité et à l'abondance des approvisionnements. Paris est un gouffre qui a un million de bouches, et les bouches les plus grandes sont celles du peuple.
Pour un péril imaginaire , il ne faut donc pas créer un danger réel.
Que tout homme sensé, qui lira ces lignes, se donne
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pour mission de répandre autour de lui la vérité et la sécurité.
Tout est fini. Nul ne songe à disputer au peuple sa victoire. La victoire n'est plus à disputer : elle est à organiser.
Organiser la victoire! Ce doit être le mot d'ordre de tous les citoyens, leur cri de ralliement.
II faut que le peuple prouve h ses détracteurs, qu'entre ses mains, la liberté n'est pas un instrument de destruction de l'ordre, mais une semence féconde jetée dans un sillon péniblement labouré, et plus d'une fois arrosé de son sang.
Organiser la victoire! Cela veut dire que tout le monde doit venir en aide à ceux qui ont accepté la responsabilité du gouvernement provisoire.
Il faut que le riche consomme, pour que le pauvre travaille ; il faut que le pauvre travaille, pour que la victoire reste glorieuse et ne se déshonore pas par le pillage.