LA MISERE
11 août 181R.
Un pressant appel nous est adressé par M. l'abbé Roux, au nom de quatre mille ouvriers sans ouvrage dans le faubourg Saint-Antoine.
La misère que nous pressentions; la misère que nous annoncions les 7, 10, 11, 13, 27 et 29 mars 1848, dans les articles intitulés : Les dangers de la situation; Ce qui presse ; Buns de travail; Aux ouvriers ; L'optimisme et la misère; Paroles d'un voyant., articles alors accusés d'être empreints d'exagération et de présenter l'avenir sous des couleurs trop sombres; la misère, l'affreuse misère a dépassé toutes nos sombres prévisions.
Si la misère n'existait, dans toute sa liideur, qu'au quar-lier Saint-Antoine, il n'y aurait que des efforts et des sacrifices à s'imposer pour l'en faire dispai'aître; mais elle existe presque au même degré dans tous les quartiers de Paris : le vénérable curé de Chaillot, l'excellent abbé Gabriel, ne tient pas un autre langage que le vicaire de Saint- Antoine, M. l'abbé Roux, Tun et Tautre placés aux deux extrémités de Paris.
Si encore cette effroyable misère n'existait qu'à Paris, la France, par un etfort suprême, pourrait en triompher; mais la misère, défiant la centralisation, est partout ; elle est îi la