‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856Chapitre 161 sur 199 · EXPOSÉ DU DÉCRET SUR LES CAUTIONNEMENTS · texte numérisé non relu

EXPOSÉ DU DÉCRET SUR LES CAUTIONNEMENTS

[Moniteur du 9 août 1848.)

(( Nous voulons tous sincèrement la liberté de la presse. Comment en seraitil autrement? Ce que nous pouvons v.iloir, tous tant que nous sommes, ouïe plus grand nombre au moins de ceux qui sont ici sur ces bancs, nous le devons aux occasions qu'à diverses époques de notre vie nous avons eues de défendre la liberté de la presse ; et, croyez-le bien, nous ne l'oublierons jamais. (Bien! bien!) En ce moment, messieurs, si quelques préoccupations nous divisent, je ne crois pas qu'il en faille cliercber la cause dans la poursuite, par les uns, d'une liberté absolue et impossible, ou par les autres, d'un système où Tordre s'établirait par le sacrifice complet de la liberté. Non ! nous voulons les uns et les autres la même chose ; seulement, nous différons sur les moyens de l'obtenir. Yoilà ce qui est vrai et ce que dès l'abord je tenais h con.stater. (Approbation.)

» Quand la nécessité était fiitale, impérieuse, urgente, nous n'arons pas reculé devant L'ARBITRAIRE. Vous nous l'aviez mis aux mains, nous nous en sommes servis sous vos yeux, sous votre contrôle, car le salut de la nation l'exigeait, et c'était la nation elle-même qui nous avait armés par votre voix. (Sensation.)

» Eh bien ! ces mesures, qui ont été employées avec une réserve que vous avez appréciée, sachez-le, messieurs, nous avions hâte nous-mêmes d'en voir le terme. Les barricades étaient tombées à peine, que di\jà le conseil dont j'ai l'honneur de faire partie invitait le ministre de la justice à

préparer un décret sur la presse »

[Discussion du projet de décret sur les cautionnements.)

Le nouvel arrêté qui suspend la liberté de la presse est motivé ainsi qu'il suit :

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