DUMAY
«Maître tailleur, rue des Pyramides, 6, occupant environ cent ouvriers ou ouvrières. »
MACHINATIONS : Un infâme libelle est publié. L'auteur, qui se cache, sera dévoilé. On saura si ce n'est pas un condamné pour vol dont le nom figure dans une enquête célèbre ! En attendant, nous publions la pièce suivante :
« L'an IS'iH, le 15 septembre,
» A la requête de M. Bouriot, marchand de vin, demeurant à Paris, rue des Vicux-Auguitins, 12, lequel élit domicile en ma demeure,
» J'ai, Louis-Xavier Paré, huissier 'près le tribunal civil de première instance de la Seine, séant à Paris, y demeurant, rue des Yieux-Augustins, 27, soussigné, déclaré h M. Emile de Girardin, rédacteur en chef de la Pre:se, eji ses bureaux, sis à Paris, rue Montmartre, 131, où étant et parlant à la concierge de la maison du susdit ;
» Que mon requérant n'est pas libraire ni éditeur d'aucun ouvrage, de quelque nature qu'il soit ;. que son nom mis en tête, dans une publication ayant pour titre : Lettre au citoyen E. Delamotle, se disant Emile de Girardin, a été faite sans son consentement;
» Que quatre ou cinq cents numéros ont été déposés chez lui pour être vendus comme tous les canards ou publications ordinaires ;
» Que la personne qui a été chargée de faire ce dépôt chez lui a dit Venir delà part de haut lieu, et que cette même personne, décorée de la Légion cV Honneur , était elle même attachée a la pkéfectcre de police ;
» Pourquoi le requérant déclare par ces présentes qu'il n'est pas éditeur, qu'il n'entend eu aucune façon être le dépositaire d"uu pamphlet ca-
"W^HRmsmMI
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lomniateuv ; que s'il a fuit vendre quelques cents de ce libelle, il s'y est cru nutovisé par le visa du commissaire de police de la cour du Ilarlay.
» Dont acte, ■ » A ce qu'il n'en ignore, et je lui ai, en parlant couinie dit est, laissé cette copie dont le coût est de (i IV. 2.5 c.
» TARÉ , CODRIOT. »
Le Constitutionnel publie la liste de ses trois eandidats.
Ce sont MM. Adam, Roger (du Nord) et Achille Fould. Des électeurs eu assez grand nombre sont venus aujourd'hui nous exprimer leur étonnement que, sur cette liste, ne liguràt pas le nom de M. Emile de Girardin, auquel il avait manqué peu de voix pour être élu ii Paris le 8 juin 1848.
Rien de plus simple à expliquer :
Sur la môme liste ne pouvaient pas se trouver le nom de M. Emile de Girardin, qui a voté contre l'indemnité Pritchard, contre la flétrissure de Relgrave-Square, contre la flétrissure des députés ayant assisté aux banquets réformistes, contre le rejet de la proi)osition Duvergier de Hauranne, etc., et le nom du député qui a voté pour le rejet de la proposilioii de M. Duvergier, pour la flétrissure des banquets réformistes, pour la flétrissure de Belgrave-Square, pour Tindemiiilé Pritehartl, etc., etc., etc.
Sur la liste du Constitutionnel ne pouvait pas se troux fr' le nom d'un écrivain qui défend opiniâtrement la liberté de la presse, quand le suprême eflort du Constitutionnel a ^té de garder le silence pendant trois jours.
Sur la liste du Constitutionnel ne pouvait pas se trouver le nom de M. Emile de Girardin, qui avait volé et parlé contre les lois de septembre 1835, présentées et soutenues par M. Thiei's.
Sur la liste du Constitutionnel ne pouvait pas se trouver le nom de M. Emile de Girardin, cpii, S(jus le minislèi'e du 22 f'évriei- 183G, n'avait pas cessé d'imi)lorer l'amnistie constamment refusée par M. Thiers.
Sur la liste du Constitutionnel ne pouvait pas se trouver
le nom de M. Emile de Girardin, prenant le parti de la liberté de l'enseignement contre M. Thiers.
Sur la liste du Constitutionnel ne pouvait pas se trouver le nom de M. Emile de Girardin, osant nier, en 1846, que le grand danger qui menaçait la société fût Tinvasion des jésuites, ainsi que Taflirmait sérieusement M. Thiers.
Sur la liste du Constitutionnel ne pouvait pas se trouver le nom de M. Emile de Giraidin, assez insensé pour soutenir que les loO millions dépensés à creuser des Ibssés autour de Paris étaient de Targenî follement dépensé, argent qui Teûtété plus utilement à mettre en communication, par un chemin de fer, l'Océan et la Méditerranée. Grûce au concours du National et do M. Armand Marrasl, l'avantage resta aux idées de M. Thiers.
Sur la liste du Constitutionnel ne pouvait pas se trouver le nom de M. Emile de Girardin, qui ne cesse, depuis 1840, de répéter qu'il y a toute une politique nouvelle, grande, simple, digne, pacifique, à explorer; M. Thiers soutient qu'il n'y a rien de mieux à faire qu'à continuer sa politique de 1840, laquelle consistait à enterrer toute proposition de réforme et à rappeler la flotte qu'il avait fait partir.
Sur la liste du Constitutionnel, enfin, ne pouvait pas se trouver le nom de M. Emile de Girardin. Député démissionnaire, il n'avait pas hésité à se rendre deux fois aux Tuileries, le 24 février, à dire le premier au roi Louis-Philippe la vérité, toute la vérité, à se jeter au-devant de insurrection, afin de l'arréler, et, après avoir affronté les balles sur la place du Palais-Royal, à courir à la Chambre des députés pour s'y placer derrière M"'® la duchesse d'Orléans et le comte de Paris, tandis que M. Thiers, président du conseil, manquant entièrement de décision et de présence d'esprit, n'apparaissait ni à la Chambre des députés, ni à la Chambre des pairs, ni à rHôtel-de-Ville, ne suivait même pas jusqu'à Saint-Cloud la dynastie dont il était le dernier ministre, et courait se cacher... nous ne voulons pas dire où.
Que manque-t-il à l'Assemblée nationale? — On ne peut pas dire que ce soient les hommes de talent. Non; ce qui y
Éita
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manque, ce sont des hoinines d'une» certaine trempe de caract6re, qui lèveraient la tète «luand d'autres la courberaient. Guerre à ces hommes! ils seraient capables, autour d'eux, de donner du courage. Or, le courage est un danger; cela suffit pour expliquer la liste du Conslitutionjid. dressée par M. Tliiers.
Êtes-vous candidat :'
Oui.
Votre profession de foi?
Résistance à l'arbitraire et à l'anarchie.
L'arbitraire est l'anarchie dans le pouvoir.
L'anarchie est l'arbitraire dans le peuple.
Vos garanties ?
TOUS mes votes comme député de 1834 à 1848; ma démission le 14 février;
TOUS mes articles, depuis le 24 février, reproduisant celte pensée sous toutes les formes : « Organisez, ne désorganisez pas. "
15 septembre 1B48.
« La ininoriti' compacte iemiJO)-tera sur la majorité dici- » sée^ si /'on ne se hâte de s\')) tendre... » Voilà ce que sont venues nous dire aujourd'hui de nombreuses députalions (le la garde nationale.
Qu'y pouvons-nous faire?
Est-ce nous qui avons fomenté la division ?
Est-ce nous qui-avons mis en avant la prétention de dicter aux électeurs le choix qu'ils avaient à faire?
Est-ce nous qui avons improvisé des candidatures auxiiuelles personne n'avait songé?
Est-ce nous fjui avons exclu des noms sur lesijuels la majctrilé paraissait depuis longtemps irrévocablement fixée ?