M. GUIZOT ABSOUS
octobre 1848.
M. Guizot a eu le tort de se laisser enfermer dans un cercle trop étroit ; c'est un tort qu'il expie aujourd'hui cruellement; mais, parce qu'il s'est laissé induencer par des esprits privés de clairvoyance, nul ne contestera que ce ne soit un haut et vaste esprit. II a voulu nous faire marcher trop étroitement dans les voies de la liberté, d'accord, mais du moins n'a-t-il jamais essayé de nous faire reculer jusqu'au régime de l'arbitraire et du bon plaisir !
M. Guizot! Les républicains l'ont aujourd'hui plus
qu'absous ; ils l'ont glorifié ! Aussi comprenons-nous parfaitement que la majorité des électeurs du Calvados songe à donner ses voix à l'ancien député de Lisieux.
Ils feront bien.
Ils feront bien, parce que ce sera une éclatante protestation contre l'usurpation d'une coterie qui n'a su, depuis neuf mois, qu'accumuler fautes sur fautes et entasser l'arbitraire sur l'arbitraire.
Ils feront bien, parce qu'il faut un dénouement à l'instruction judiciaire que Ton a commencée contre ceux qui, le 22 février, avaient cessé d'être ministres, et que l'on n'osera jamais achever.
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Politiquement, ceux qui n'étaient plus ministres au 22 février ont pu être aveugles ; mais ni constitutionnellemcnt, ni judiciairement, ils n'étaient et ne sont coupables. La conscience publique le proclame ; il est bon que l'urne électorale du suHrai^e universel le consacre.
LES DISTIN'CTIOXS ARRITRAIRES
octobre 1848.
C'en est fail des fictions surannées et des distinctions arbitraires ; il y a une force des choses qui les emporte dans l'impétuosité de son cours. Le bon sens commence, enfin à en faire justice. On a voulu créer ariîitrairement une distinction entre les Assemblées constituantes et les Assemblées législatives : voyez ce qu'est devenue cette distinction dans le débat d'hier! Elle n'a abouti qu'à des complications dangereuses et qu'à des contradictions ridicules ; tous les efforts pour la sauver du naufrage ont été vains. Le même sort était réservé à la distinction tout aussi absurde entre les lois organiques et les lois -pures et simples. C'est avec une pleine raison que M. Odilon Barrot a dit de toutes les prétendues lois organiques :
« Mais savez-vous qu'il n'y a rien de plus vague et de » plus insaisissable. Mais savez-vous que c'est un cadre qui y> peut s'étendre indéfiniment? 11 y a des lois auxquelles « vous refuseriez le titre de lois organiques et qui cepen- ^' dant sont essentiellement organiques. Tout est organi- « que dans un pays. »
A la bonne heure, voilà le langage du bon sens! C'est celui que nous n'avons cessé de ;tenir. Voilà un législateur
LES DlSTli\CT10.\.S ARBITUAIRES. 713
qui (Icpnuillc le vieil homme, qui jetle h bas les fictions usces. les dislinclions trouées au travers desquelles passent et doivent passer les vrais in(ér(Ms du j)ays !
Avec le suffrage universel., l'aisonnablement il ne peul, il ne doit y avoir qu'une sorte d'assemblée et qu'une sorte de luis. Plus d'assemblées eonsliluantes! Plus de lois organiques! Mais une assemblée (pii icprésenle exactement la majorité du pays, et des lois (|ui soient l'expression liltre de celle majorité!
Autrement, il faut s'attendre n ce ([uc le Noican révolulionnaire ne se repose d'une éruption ([iie poui' en préparer une autre.